Economie

Découverte de pétrole
Ministère et Onhym prudents

Par L'Economiste | Edition N°:3755 Le 04/04/2012 | Partager
L’annonce de Longreach ne fait pas de vagues… officielles
Seul le forage pourra trancher

Visiblement gêné par l’annonce de la découverte de pétrole dans la région de Tan-Tan, Fouad Douiri, ministre de l’Energie, s’est refusé à tout commentaire sur le sujet

Un ministre qui s’abstient de tout commentaire et un Office qui reste prudent ! Ce sont là les réactions officielles au lendemain de l’annonce de la découverte de réserves importantes de pétrole et de gaz à Foum Draa et Sidi Moussa (voir L’Economiste du 3 avril). L’information a été  diffusée par la compagnie britannique Longreach Oil & Gas. Pourtant, Fouad Douiri, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, qui était l’invité de la Chambre de commerce britannique le 3 avril, commence sa présentation en rappelant que le Maroc ne dispose pas de ressources fossiles. Un constat autour duquel s’articule toute la stratégie de la tutelle. Plan solaire, programme éolien… tout un arsenal a été mis en place pour réduire la dépendance du Maroc vis-à-vis de l’importation du pétrole. L’enjeu est de réduire la pression de la facture énergitique sur la Caisse de compensation. Globalement, le ministre reste assez évasif dans ses réponses. Mais lorsqu’il s’agit d’apporter une confirmation ou des explications sur une éventuelle découverte de pétrole et de gaz, Douiri, gêné, s’abstient de tout commentaire. Une prudence compréhensible suite à l’affaire Talsint qui s’est soldée par une déception générale.
En revanche, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) parle plutôt de zones prospectives. « Longreach Oil and Gas et ses partenaires ont mené des travaux de retraitement et de réinterprétation de données géophysiques existantes,  complétés par diverses études géologiques et d’estimation de ressources».  Ainsi, avant de pouvoir affirmer le potentiel, l’Office préconise l’acquisition de lignes sismiques 2D ou 3D, la réalisation de plusieurs études géologiques, la définition des prospects et le forage de puits d’exploration sur les prospects retenus. En clair, il ne s’agirait que des premières phases de l’exploration. Dans ce sens, Longreach devrait forer un prospect pour tester le concept d’exploration et prouver le potentiel pétrolier de ces zones. Evidemment, le forage est l’unique moyen de s’assurer de cette découverte. Un domaine où le Maroc accuse un important retard. «Le Maroc ne dispose actuellement que de 25 entreprises qui réalisent la prospection pétrolière», regrette la tutelle. A ce jour, 224.050 km2, essentiellement en zone offshore, ont reçu des agréments pour l’exploration pétrolière. Le plus grand site de 37.748 Km2 est situé dans la région de Tarfaya. Il est exploité par l’Onhym et les entreprises San Leon et Longreach.
Sur les trois dernières années, le Maroc a foré 21 à 22 puits. « En 2011, les investissements dans le secteur n’ont pas dépassé le 1,1 milliard de DH, uniquement dans le privé. Pour sa part, l’Onhym a investi 50 millions de DH », explique Douiri.
Dans ce même contexte, le gouvernement prévoit de subventionner 51 milliards de DH (Caisse de compensation) à fin 2012, uniquement pour le pétrole et le gaz butane. Une facture lourde dans un contexte de contraction des liquidités!

 

Ilham BOUMNADE

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