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    Evénement

    Akhannouch: Les leçons d’une démission

    Par L'Economiste | Edition N°:3691 Le 03/01/2012 | Partager
    Il est annoncé à la tête de l’Agriculture ou un autre département stratégique
    Une claque politique pour les partis de la majorité

    Si le scénario avec Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, se réalise, cela signifie que les quatre partis de la majorité n’ont pas pu présenter un seul profil en mesure de piloter ce département. Un message adressé directement aux politiques qui ont proposé des noms de ministrables proches ou sous la pression des notabilités à l’intérieur des partis

    Pour la classe politique, la démission de Aziz Akhannouch du RNI est le cadeau surprise de 2012. Le timing de l’annonce par un communiqué de presse interpelle: un dimanche matin, de surcroît, le premier jour de la nouvelle année. Pour un homme d’affaires comme lui, tout cela n’est pas fortuit. Autre détail intriguant, Akhannouch assure ne pas avoir l’intention de rejoindre une autre formation politique. Cet événement est diversement interprété.
    L’explication la plus en vue lie cette sortie publique à la possibilité de son entrée dans le prochain gouvernement. On parle de lui confier le ministère de l’Agriculture et des Pêches maritimes. Les chantiers lancés au cours de son dernier mandat sont très importants pour l’avenir du pays. Le Plan vert avec toutes ses déclinaisons a remis en marche un secteur longtemps laissé à l’abandon. On ne trouvera pas mieux que lui pour poursuivre les réformes lancées.
    Depuis le gouvernement d’alternance, plusieurs hommes politiques se sont succédé à la tête de ce département sans avoir fait bouger le secteur. Habib El Malki (USFP), Moulay Ismaïl Alaoui (PPS) et Mohand Laenser (MP). Ce dernier y est resté pendant 5 ans avec Driss Jettou, Premier ministre.
    Ce scénario, s’il se réalise, signifie que les quatre partis de la majorité n’ont pas pu présenter un seul profil en mesure de piloter ce département. C’est une claque politique pour ces responsables politiques qui ont proposé des noms de ministrables proches ou sous la pression des notabilités à l’intérieur des partis. Ce qui a fragilisé leur position. Donc, le message à décoder est clair: l’Etat ne veut confier certains secteurs qu’à des compétences reconnues.
    En somme, les défis des grands dossiers expliquent la démission du patron du groupe Akwa. S’il n’est pas reconduit dans son poste à la tête de l’Agriculture, il aura un ministère stratégique. L’Intérieur ou bien les Finances. Pour un politique, les déclarations de Lahcen Daoudi sur la possibilité de retarder le Train à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca ont donné à réfléchir. En tout cas, cette tournure des choses implique que le nombre de ministères de souveraineté passerait de 3 à 4.
    L’autre scénario est de maintenir Aziz Akhannouch dans un premier temps en dehors du gouvernement. Il pourra rejoindre l’équipe de Abdelillah Benkirane par la suite, à la faveur d’un remaniement ministériel.
    Histoire de garder les formes pour le premier gouvernement de la nouvelle Constitution. «Un tel schéma a très peu de chances de se réaliser. Sinon pourquoi cette précipitation dans l’annonce de la démission d’Akhannouch», pour reprendre l’expression d’un politique.
    Déjà en 2007, Akhannouch allait entrer au gouvernement de Abbas El Fassi sous les couleurs du Mouvement populaire. A la veille de la nomination du gouvernement et après le refus de Mohand Laenser de le parrainer, lui et Amina Benkhadra, Aziz Akhannouch avait intégré le RNI alors présidé par Mustapha Mansouri. Sauf que cette fois-ci, le ministre de l’Agriculture sortant s’est présenté aux élections législatives de novembre dernier et toujours sous l’étiquette du RNI. Près d’un mois plus tard, il jette l’éponge. Cela doit être un coup dur pour Salaheddine Mezouar, le président du parti qui avait, dès le lendemain des élections, choisi de camper dans l’opposition. Des parlementaires de cette formation se sont déjà prononcés en faveur d’Akhannouch. Ils ont promis de soutenir ses projets même s’ils sont dans l’opposition.
    En tout cas, les mœurs politiques marocaines n’en sont pas à leur premier ministre transhumant de l’opposition au gouvernement. Avec Abbas El Fassi, Ahmed Akhchichine, membre de la direction du PAM, est resté ministre après que son parti ait choisi de basculer dans l’opposition. A l’époque, le PAM s’était fendu d’un communiqué de presse pour affirmer que le ministre de l’Education nationale avait gelé ses activités au sein du parti. Dans la réalité, il était de toutes les réunions du PAM.
    Aujourd’hui, la question est de savoir si Akhannouch a démissionné pour reprendre sa liberté ou juste pour respecter la cohérence politique de façade? Dans cette affaire, l’heureux gagnant est incontestablement son deuxième sur sa liste électorale qui se retrouve, par la loi, propulsé député.

    M. C.

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