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Focus

Approvisionnement en eau: Le Maroc relance sa politique de dessalement

Par L'Economiste | Edition N°:3640 Le 19/10/2011 | Partager
Une opération pilote menée à Agadir
Démarrage des travaux en 2013: 7 groupements dans la course
Une première station générant 100.000 m3/jour

Il est question d’aménager, entre Taghazout et Tamri, une station de dessalement d’eau de mer générant un débit de 100.000 m3/jour

LE Grand Agadir ne pourra pas faire l’économie du dessalement d’eau de mer. La baisse du niveau des ressources en eaux souterraines et les périodes de sécheresse répétitives ces dernières années, engendrant des taux de remplissage irréguliers et très moyens des barrages, rendent impératif un tel investissement. Aussi, pour sécuriser l’alimentation en eau potable du Grand Agadir à l’horizon 2030, le dossier du dessalement est en gestation depuis 2007.
Suite à un appel à manifestation d’intérêt international (AMI), lancé à l’époque, sept groupements d’entreprises ont été préqualifiés et un appel d’offres vient d’être lancé. C’est ce qu’a indiqué à L’Economiste Brahim Sadik, directeur régional dans le sud de l’Office nationale de l’eau potable (ONEP). Il est question dans la première tranche de ce chantier d’envergure d’aménager au nord de la préfecture d’Agadir Ida Outannane, précisément entre Taghazout et Tamri, une station de dessalement d’eau de mer générant un débit de 100.000 m3/jour, soit 1.160 l/s, précise Brahim Sadik. La deuxième tranche devrait doubler ce débit, soit 200.000 m3/jour à l’horizon 2030. Ainsi, l’entreprise qui sera sélectionnée pour pendre en charge la conception et la gestion de ce dossier sera tenue de mettre en place plusieurs installations nécessaires au traitement de l’eau de mer sur la base de la technique d’osmose inverse. Un procédé extensible, souligne Brahim Sadik. A terme, la station de dessalement d’eau de mer envisagée devrait être la plus grande du genre au Maroc en matière de débit. Le projet a aussi la particularité d’être une opération pilote.
Après les expériences de l’Onep en matière de dessalement d’eau de mer à Laâyoune et Boujdour, c’est la première fois dans le Royaume que la réalisation et la gestion d’un tel projet seront concédées au privé. Le chantier se distinguera aussi par un investissement important. Pour l’heure, le coût de la première tranche est estimé à 1,2 milliard de DH. Il est annoncé également que le démarrage des travaux se fera début 2013, pour être achevés 24 mois après. Au programme auparavant, la soumission des offres d’ici janvier 2012.
A noter que pour le moment, c’est à partir des eaux de surface (barrages) et souterraines (nappe phréatique) qu’est approvisionné le Grand Agadir en eau potable. Les investissements réalisés ces toutes dernières années permettent de couvrir les besoins de la zone jusqu’en 2015.
L’Onep a aussi mené une politique de généralisation de l’accès à l’eau potable en milieu rural. En juillet dernier, c’était la mise en service d’installations pour l’alimentation en eau potable de plus de 125 douars relevant des communes de Taghazout, Tamri et Imsouane, couvrant les besoins de 45.000 habitants au total. Ce chantier a nécessité un investissement de 125 millions de DH et a permis d’améliorer le taux d’accès à l’eau potable dans la préfecture Agadir Ida Outannane, le hissant à 95% environ. Selon Brahim Sadik, le taux de couverture en eau potable dans le Souss-Massa-Draâ a atteint 91%. Dans la province de Chtouka Aït Baha, entre 2008 et 2011, une enveloppe de 450 millions de DH a été investie. Aujourd’hui, le taux de couverture a atteint 90%. Et ce, depuis la mise en service au niveau de Chtouka Aït Baha d’une station de traitement pour l’alimentation en eau potable de 137 douars à partir du barrage Ahl Souss, suite à un investissement de 100 millions de DH. L’enjeu est d’accompagner bien sûr le développement économique et social de la zone.

Tan-Tan aussi

A Tan-Tan, le dossier du dessalement est aussi bien avancé. Le chantier est au stade de démarrage des travaux. A terme, le projet devrait renforcer dès 2014 l’alimentation en eau potable de Tan-Tan et le site d’Al Ouatia. Financée par le Fonds arabe de développement économique et social (FADES), l’opération nécessitera un investissement à 190 millions de DH. Il s’agit de réaliser une station de déminéralisation d’eau de mer générant un débit de 8.600 m3/j, précise Brahim Sadik. Dans sa zone d’action, l’Onep Souss-Massa-Draâ réalise aussi d’importants projets d’assainissement liquide. A Sidi Ifini, les travaux en la matière sont terminés. Le projet a nécessité 70 millions de DH et dessert 7.000 abonnés. Du côté de Ouled Teima, ce sont les travaux de la station d’épuration qui sont achevés et la mise en service est en cours, indique Brahim Sadik. Le chantier a nécessité un investissement de 32 millions de DH.

Malika ALAMI

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