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    Politique Internationale

    7èmes journées de l'EPRI : La Modernité éternelle problématique

    Par L'Economiste | Edition N°:35 Le 25/06/1992 | Partager

    Les 7èmes journées de l'EPRI ont permis d'analyser l'oscillation des sociétés maghrébines entre la fascination et le rejet de la "modernité".

    L'Equipe Pluridisciplinaire de Recherche sur l'Imaginaire (EPRI)(1) s'attache à réfléchir l'ambivalence et la confusion des esprits qui tendent à submerger le climat social et à inhiber ses capacités d'invention du futur.

    Les journées de l'EPRI ont été axées sur deux thèmes. Le premier a concerné la crise et l'invention de modèles d'appartenance.

    Il a englobé la crise des intellectuels en panne d'analyses novatrices et le traitement de la question féminine.

    Le second thème a été relatif à la lecture, la relecture et la production de systèmes référentiels.

    L'esprit de ces journées est de favoriser l'échange de réflexions. Les différentes communications sont faites à partir des études des conférenciers.

    Ces journées permettent aux chercheurs de se retrouver et de discuter, en d'autres termes de sortir de leur isolement.

    La culture en exil

    Morad Khiredine, universitaire de la Faculté des Lettres de Marrakech a lu lors de ces journée sa nouvelle "Nadir ou la transhumance de l'être". Le personnage de cette nouvelle Nadir, après la chute de Grenade, se dirige vers les "Indes" (en fait l'Amérique) pour se faire une nouvelle vie. L'auteur veut montrer que la culture est un mouvement qui est constamment en exil. A ce titre, l'auteur donne un exemple de l'art du bois qui immigre, s'adapte et se conserve. Nadir avait un père menuisier qui lui avait transmis l'art du bois et des arabesques. Au Mexique, il réadapte son savoir au style des maisons mexicaines. Les cultures acquises se retransmettent. Les individus ne gardent que les bases culturelles. Par ailleurs, lorsque Mme Josiane Lahlou a traité des implications commerciales qui ont entraîné la chute de Grenade, elle a analysé l'influence de la langue arabe sur la langue espagnole. Elle a également découvert des textes arabes et espagnols qui ont des sources d'inspiration similaires.

    M. Mohamed Tozi, dans son intervention "Mobilité sociale et revendication politique: le cas de l'lslam contemporain", constate que le monde est en train d'affronter une nouvelle société. Un retour aux classiques pour définir la transition de notre société ne serait pas, dans ce sens, inutile. En effet, La société marocaine largement agricole est en demande de mobilité urbaine.

    M. Tozi essaie de comprendre de manière objective les mouvements islamiques. Il affirme quoique que cela peut paraître paradoxal que "les islamistes soient à la recherche de la modernité afin de recréer une tradition". Il prétend que l'Islam est post moderniste. Il constate que les islamistes sont généralement des scientifiques qui abordent des idées très en avant mais qu'ils n'ont pas les éléments pour comprendre leur société. Ils se réfugient alors dans une utopie. Deux leaders islamistes au Maroc sont, l'un agronome et l'autre physicien.

    Le voile: un mouvement féministe

    Hind Taarji, partant de son étude sur les femmes voilées, explique qu'il faut perdre l'opinion de concevoir le voile comme une réclusion. Il faut plutôt le considérer comme une affirmation et une recherche de liberté. Elle compare le port du voile dans les sociétés islamiques au mouvement féministe des années soixante dans les sociétés européennes. Les femmes immigrant, généralement, vers la ville et envahissant l'homme sur le plan professionnel se sentent agressées par lui. Elles tentent alors de faire disparaître tout ce qui est séducteur en voulant se faire respecter sur leur nouveau territoire. Le voile est alors analysé comme une extrême pour retrouver le juste milieu.

    Contrairement aux idées généralement répandues, ces femmes voilées ne cherchent pas un retour en arrière mais tentent de s'investir dans le domaine politique. Certaines espèrent même modifier le code de la Moudouana en faisant une relecture des textes religieux. Cependant, les participants à ces journées de l'EPRI ont considéré que le voile limite la communication et ont comparé à "un mur d'une maison". Ce qu'il serait à rechercher est le moyen de communication avec ces femmes voilées. Concernant la lecture et la relecture de l'Histoire, Thérèse Benjelloun a confié que lorsqu'elle travaillait sur son ouvrage "la diplomatie marocaine entre Etat et société: jeux et enjeux" elle croulait sous les documents. Elle a dû choisir un angle pour lire l'Histoire, en d'autres termes un point de vue. Ce qui prouve que la lecture du passé ne peut jamais être neutre.

    L.Tr.

    (1) L'EPRI a tenu le 29 et 30 Mai ces 7èmes journées sous le thème "Efforts pour penser l'impensé".

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