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Société

76e AG d’Interpol
Le Maroc transitaire de cocaïne

Par L'Economiste | Edition N°:2647 Le 08/11/2007 | Partager

. L’itinéraire liant l’Amérique du Sud à l’Europe via le Maroc de plus en plus emprunté. Arrestation de 65 «passeurs» à l’aéroport Mohammed V en 2007. La drogue se branche à InternetAprès la légendaire «route de la soie», voici venu le temps de «la route de la cocaïne». Selon les experts d’Interpol qui tiennent leur 76e assemblée générale à Marrakech du 5 au 8 novembre, le Maroc fait figure d’étape-clé dans cet itinéraire. La section antidrogue de l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC) tenait hier mercredi 7 novembre une importante réunion sur la stratégie de lutte antidrogue à l’échelon international.Emmanuel Leclaire, sous-directeur du service Organisations criminelles et stupéfiants à Interpol, insiste sur deux volets. Le premier concerne «la nouvelle route des drogues dures, qui relie les pays producteurs d’Amérique du Sud aux pays de consommation en Europe en passant par l’Afrique de l’Ouest et le Maroc». Concrètement, les trafiquants partent de l’Amérique du Sud pour un pays de l’Afrique de l’Ouest. Une fois sur place, ils prennent un billet pour l’Europe (Espagne notamment) via Casablanca. Ce nouvel itinéraire connaît un développement exponentiel depuis 2005. «Il s’agit du deuxième chemin emprunté par les réseaux criminels après la fameuse route des Caraïbes», explique Leclaire. Chiffres à l’appui, ce spécialiste affirme que cette seconde voie est de plus en plus empruntée par les trafiquants. «D’importantes quantités de cocaïne ont d’ailleurs été saisies ces derniers mois dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Je citerai à titre d’exemple les 2.400 kg de cocaïne saisis au Sénégal en juillet 2007, 400 kg interceptés au Bénin dans la même période, ou encore les 1.400 kg confisqués en Mauritanie en mai dernier», souligne Leclaire. Même s’il ne donne pas une ventilation des quantités de cocaïne passant par les deux itinéraires, l’expert antidrogue affirme que le second (Afrique de l’Ouest et Maroc) acquiert de l’importance au fil des mois. Un point de vue largement partagé par Jamal Lakrimat, chef de la section antidrogue à la direction de la Police judiciaire. «Lors de cette session, nous avons axé nos négociations sur une stratégie de lutte mondiale contre ce type de trafic», avance Lakrimat. Selon lui, 65 présumés passeurs ont été arrêtés à l’aéroport Mohammed V cette année. «Cela montre la grandeur du trafic dans la région», commente le jeune chef de service.Par ailleurs, les experts d’Interpol ont également évoqué les nouvelles tendances mondiales du trafic des stupéfiants. Il s’agit par exemple du trafic sur Internet. «Les sites de vente de drogues dures ou synthétiques (extasie et amphétamines notamment) fleurissent sur le Net. Les trafiquants y trouvent un moyen sécurisé pour écouler leurs stocks», note Leclaire. Selon lui, la vente virtuelle, qui est beaucoup moins importante que le trafic réel, concerne davantage les pays européens. «Si le contact est réalisé sur le Net, l’opération se passe généralement dans la vie réelle», souligne ce spécialiste. Néanmoins, d’autres techniques de vente via Internet se développent actuellement. L’exemple d’un citoyen suédois qui disposait, avant son arrestation, d’un site Internet et d’une banque de données pour le commerce de cocaïne est édifiant à plus d’un titre. Les trafiquants vont plus loin et proposent même des règlements par cartes bancaires ou par transfert d’argent via Western Union ou encore des livraisons par courrier express!


Le cannabis sous pression

La stratégie de lutte contre la culture du cannabis a donné d’excellents résultats». Les responsables sécuritaires marocains sont satisfaits. La lutte contre la prolifération des cannabis donne, selon ces responsables, de très bons résultats. Pour étayer leurs propos, ils évoquent les chiffres récemment divulgués par une étude nationale sur la superficie des terres cultivées au cannabis. «En 2003, ces terres avoisinaient les 134 ha. Deux ans après, nous avons réussi à réduire cette superficie de 46% pour arriver à 72 ha», annonce-t-on, fièrement, auprès du ministère de l’Intérieur. En revanche, aucun chiffre actualisé n’est disponible pour le moment.


Livraisons surveillées

Dans leur traque des réseaux de trafic de drogue, les services de la PJ usent parfois de techniques «stupéfiantes». La plus étrange reste celle qui répond au nom de code «livraison surveillée». Cette technique consiste en «une opération visant l’arrestation concomitante de tout le réseau de trafiquants dans plusieurs pays», explique Lakrimat, chef de service antidrogue à la PJ. Concrètement, les services de police apprennent le passage d’une quantité de drogue sur le territoire marocain en partance pour un pays européen. Ces services contactent, à travers Interpol, leurs homologues dans le pays destinataire et mettent en place une unité conjointe de suivi de la «marchandise». Le passage de cette dernière  aux frontières est délibérément facilité pour permettre un coup de filet global. Une fois la drogue arrivée à destination, une opération générale menée par les services de police des pays concernés est concomitamment lancée pour arrêter tous les protagonistes. A la limite de la légalité, cette technique n’est pas hors la loi. «Si nous n’avons pas le droit, selon les textes marocains, de  laisser passer une cargaison de drogue, la convention de Vienne de 1988 relative à la lutte contre le trafic international des stupéfiants, offre un cadre parfaitement légal à ce genre d’opération», soutient Lakrimat.Naoufal BELGHAZI

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