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Culture

L’épopée des Marocains aux Maldives

Par L'Economiste | Edition N°:1866 Le 01/10/2004 | Partager

. Abu Barakat, le Marocain qui a converti les îles à l’islam. Une légende racontée par le voyageur Ibn Battuta. Une île artificielle pour absorber le surpeuplementVOUS êtes Marocaine? C’est grâce à vous qu’on est devenus musulmans! La première histoire que racontent des Maldiviens est «une épopée» que beaucoup de Marocains eux-mêmes ne connaissent pas. Les Maldives ont été convertis à l’islam par le voyageur Abu Barakat Al Barbari, un Marocain arrivé aux îles en 1153 et dont le tombeau se trouve actuellement à Malé la capitale.La légende raconte qu’Abu Barakat a débarqué aux Maldives au moment où les habitants vivaient dans la terreur. Un démon, appelé Rannamaari, sortait chaque mois de la mer et menaçait de détruire toutes les îles à moins qu’on lui sacrifie une vierge. Les jeunes filles malheureuses étaient guidées vers un temple près de la mer pour y passer la nuit. On les trouvait massacrées le matin. Pour sauver la fille de ses hôtes, désignée comme prochaine victime, Abu Barakat décida d’affronter le démon. Il se déguisa en jeune fille et prit sa place dans le temple. Il passa la nuit à réciter des versets de Coran. Le matin, on le trouva sain et sauf. Réalisant que le démon a été vaincu par la puissance des paroles saintes, le roi Kaliminja se convertit à l’islam et ordonna à tous ses sujets de le suivre. Il devint Sultan Dharmas Mohamed Ibn Abdulla. Ses successeurs entreprirent la conversion des autres îles. C’est ainsi que l’islam, selon cette légende populaire, est entré dans les îles Maldives. Cette légende a été racontée par le célèbre voyageur marocain Ibn Battouta, très connu aussi dans les îles pour y avoir séjourné au XIVe siècle. Dans son livre «Tuhfat al-nuzzar fi ghara’ib al amsar wa-‘adja’ib al-asfar», qui retrace son voyage, il décrit le mode de vie des Maldiviens, leurs us et coutumes, leur physionomie... Ibn Battouta s’est particulièrement intéressé à la vie des femmes. A cette époque, raconte-t-il, il était courant que les femmes soient données en offrande ou au mariage aux marins. Ceux-ci les répudiaient quand ils prenaient le large. Battouta le Tangérois aurait acquis un immense pouvoir dans les îles. Il se maria avec une princesse et devint cadi, un poste islamique influent similaire au juge. Il imposa alors une stricte interprétation de l’islam en réglementant les divorces et en obligeant les femmes à rester chez leurs maris. Il essaya aussi d’imposer le hijab. Ibn Battouta, qui a quitté les Maldives en 1344, s’est marié avec plusieurs femmes maldiviennes. Il a même eu un fils. Ce n’est que deux siècles après que Vasco de Gama a découvert l’archipel dans sa route vers les Indes. Les îles ont eu une position stratégique au Moyen Age, car elles se trouvaient sur la route des épices et les coquillages qu’on y ramassait, «les cauris», servaient de monnaie en Afrique. On ne peut visiter le tombeau d’Abu Barakat le Berbère que sur autorisation du Centre islamique de Malé. Les habitants lui vouent un grand respect. De l’extérieur, l’édifice est peint en bleu et en orange. Juste à côté, la plus ancienne mosquée des Maldives: la Hukuru Miski, réputée pour ses blocs de corail. La mosquée possède un intérieur orné de bois de santal. A la différence des mosquées habituelles, elle n’est pas orientée vers La Mecque, car elle a été bâtie sur les ruines d’un temple solaire qui était tourné vers l’Est. A la sortie, un long panneau, sculpté au XIIIe siècle, raconte comment l’islam a été introduit dans les îles. Le cimetière de la mosquée, assez petit, abrite les tombes de plusieurs sultans. Les tombeaux des femmes et des hommes sont distingués par des signes particuliers. La vie des Maldiviens est marquée par l’islam, de type sunnite rigoriste, probablement inspiré du Wahhabisme saoudien. La construction de la Grande mosquée de Malé en hommage au sultan Takrufan a été financée entre autres par les Saoudiens et les Emiratis. Elle est construite selon l’architecture musulmane, et son minaret, de forme circulaire, ressemble aux minarets du Mashreq. La Cour est couverte de carreaux de marbre de Grèce, et des tapis pakistanais ainsi que des panneaux de bois sculptés. Le Centre islamique, inauguré en 1984, abrite un auditorium, une bibliothèque et les bureaux du Conseil supérieur des Affaires islamiques.. Esprits maléfiques venus de la mer, de la terre ou du ciel Dans les rues, beaucoup de femmes portent le hijab, comme les Malaisiennes (foulard long couvrant les épaules). L’alcool est prohibé. Il n’y a pratiquement pas de crime et la télévision termine ses émissions à 21 heures. Le pouvoir a aussi séparé entre les touristes et les habitants. A chacun son île. Aucun autre culte que l’islam n’est autorisé. Cependant, les Maldiviens sont de nature superstitieuse. Ils croient beaucoup aux esprits maléfiques venus de la mer, de la terre ou du ciel. Et on remarque la présence encore de certaines traditions préislamiques. C’est le cas de quelques mosquées orientées vers le levant et non vers La Mecque. Cette originalité s’explique par le fait qu’un ancien peuple des îles aurait adoré le Soleil et que certains de leurs lieux de culte ont par la suite été transformés en mosquée. A part les mosquées et le marché au poisson, il n’y a pas vraiment grand-chose à visiter à Malé. Plus de 70.000 personnes vivent dans cette ville qui concentre l’activité économique et administrative. Toute l’île est recouverte d’immeubles qui contrastent avec les maisonnettes construites sur le bord de la mer. Pour pallier ce problème de surpeuplement, le gouvernement a créé une île artificielle en pompant du sable au fond de la mer et en faisant un énorme tas. La nouvelle île devra accueillir 100.000 habitants.


Le poisson-roi

LE marché au poisson est une grande halle où le thon occupe la vedette. Les Maldives tirent l’essentiel de leurs revenus de la pêche, qui constitue l’activité principale. Plus de 70% de la production (thon, bonites, tortues) est exportée. Il y a différents types de thon, qui constitue avec le riz la base de l’alimentation. Poisson frit, curry de poisson et soupe de poisson figurent parmi les plats célèbres. Après les repas, les Maldiviens mâchent une plante acide pour faciliter la digestion et adoucir l’haleine: L’arecanut, une noix ovale mâchée avec des clous de girofle et du citron vert.Nadia LAMLILI

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