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    Japon: La privatisation de la Poste vire au politique

    Par L'Economiste | Edition N°:2082 Le 09/08/2005 | Partager

    . Les facteurs représentent une sacrée marotte électorale . La vieille dame fait de la résistanceAvec ses 270.000 facteurs dont les familles pèsent un million de voix et qui jouissent d’un fort soutien populaire, le puissant lobby politique que constitue la Poste japonaise a signé lundi 8 août un triomphe éclatant face au Premier ministre Junichiro Koizumi. La force électorale des postiers japonais a été un facteur déterminant dans la révolte sans précédent d’une partie des ténors du Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur) de Koizumi. Une rébellion qui a conduit au rejet par les sénateurs du projet de privatisation de la Poste défendu avec acharnement par le Premier ministre. Beaucoup, au PLD, redoutaient en effet de s’aliéner ce million de voix traditionnellement acquis aux conservateurs. Et de se mettre à dos une grande partie de la population très attachée à la qualité du service postal, en cas de succès du projet de Koizumi de démembrer la Poste en quatre entreprises et de les vendre graduellement aux investisseurs privés d’ici 2017. Selon le plus récent sondage, 72% des Japonais désapprouvaient le projet de privatisation de leur poste, une institution vieille de plus de 130 ans, au service traditionnellement impeccable et présente dans le moindre recoin du pays avec un réseau de 25.000 bureaux, parfois minuscules. La Poste nippone ne s’occupe pas que de courrier. Ses bureaux collectent la majorité de l’épargne et de l’assurance-vie des Japonais. Une manne de 355.000 milliards de yens (2.640 milliards d’euros), supérieure à l’épargne gérée par les quatre plus grandes banques japonaises réunies, qui fait d’elle la première institution financière du monde. Une banque géante qui ne paye aucun impôt sur les bénéfices, dont les produits financiers sont garantis par l’Etat, et qui n’est pas soumise à la surveillance des autorités de régulation bancaire. Aujourd’hui, les sommes énormes qu’elle brasse sont investies massivement dans des bons du Trésor à bas rendement, ce qui permet à l’Etat nippon de financer tranquillement son déficit budgétaire colossal. Ces bons du Trésor couvrent la moitié des dépenses publiques. L’obstination de Koizumi à vouloir privatiser la Poste laisse perplexe une large partie de la classe politique nippone, qui ne comprend pas une telle “marotte” pour un dossier que les électeurs japonais placent dans les tout derniers rangs de leurs préoccupations, selon plusieurs sondages.Synthèse L’Economiste

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