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Comment Moulitex a fait banqueroute

Par L'Economiste | Edition N°:1774 Le 24/05/2004 | Partager

. La liquidation judiciaire de la société de texturation a été prononcée le 5 janvier 2004. Un endettement de 120 millions de DH. 250 personnes se retrouvent au chômageAprès l’apogée, le déclin. C’est bien ce qui semble caractériser la situation critique de la société de texturation, de moulinage et de teinturerie, Moulitex. Cette entreprise, qui a connu ses heures de gloire au cours des années quatre-vingt-dix, agonise aujourd’hui. Le 5 janvier 2004, l’entreprise a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Casablanca à la demande de son PDG.“Des dettes à hauteur de 120 millions de DH, une créance envers l’Irak de 10 millions de DH, une accumulation de pertes, une baisse du chiffre d’affaires et enfin une consommation totale du capital social de la société, telles sont les causes du dépôt du bilan de la société”, ainsi qu’en fait état le jugement rendu par le tribunal de commerce.Par ailleurs, la liquidation de Moulitex est une nouvelle hécatombe pour l’emploi. Les 250 personnes, que la société employait, se retrouvent aujourd’hui sans travail avec des difficultés à en retrouver, vu la conjoncture actuelle.Selon le rapport du jugement, cette décision fait suite aux graves problèmes de liquidité de l’entreprise qui n’était plus en mesure d’honorer ses engagements financiers. En effet, Moulitex a récemment été sommée de payer plus de 47 millions de DH à la BCM, indique le rapport. D’autres créanciers sont aussi sur la liste. Il s’agit de la SGMB qui demande le paiement de la somme de 10,13 millions de DH. Figure aussi Wafabank qui réclame 4,47 millions de DH. La BMCE, quant à elle, s’est manifestée pour un montant de plus de 3 millions de DH. Sans oublier les sociétés de leasing qui font état d’une somme de plus de 5 millions de DH. L’ardoise est lourde aussi vis-à-vis de la société d’assurance Al watanya qui revendique le règlement des arriérés des cotisations à hauteur de 3,297 millions de DH. Un véritable gouffre financier.Autre problème: la créance que la société détient envers l’Irak, Moulitex figure en effet parmi les exportateurs victimes de la première guerre du golfe. Faute de souscription à une assurance à l’export (risque pays), la société se retrouve aujourd’hui avec une créance insolvable de 10 millions de DH(www.leconomiste.com).Par ailleurs, le rapport établi par l’expert judiciaire, fait état d’une baisse considérable de la productivité de la société au terme de l’année 2000. Le chiffre d’affaires, réalisé cette année-là, a en effet régressé de plus de 74% (le CA en 1999 dépassait les 75 millions de DH). Cette chute à donné lieu à des pertes de près de 25 millions de DH soit une baisse moyenne de 89,91%. Conscientes de ce déclin, les banques de leur côté, ont cessé d’accorder des crédits à Moulitex qui auraient pu lui permettre de poursuivre son activité. Certaines d’entre elles, ont même procédé au blocage des comptes de l’entreprise en 2002.Le rapport fait ressortir également que les actionnaires de Moulitex ne disposaient pas des moyens nécessaires pour la reconstitution du capital social de la société. Ce dernier a fait une chute vertigineuse passant de 50 millions de DH en 1999 à -31,252 millions de DH en 2002. “Cette situation s’explique par une accumulation de dettes et une forte baisse des ventes”, selon l’expert. . Des salariés sans espoir d’indemnisationCes difficultés financières ont conduit à la perte de centaine d’emplois. C’est effectivement 250 emplois qui ont été supprimés, après que l’activité ait été réduite à quelque 9 heures par semaine”, explique le délégué préfectoral de l’inspection du travail de Sidi Bernoussi. Le rapport établi par les inspecteurs révèle que même avec un tel nombre d’heures de travail, les employés n’étaient pas payés. Alors que celui établi par l’expert judiciaire, dénote que “ malgré une situation financière critique, la société n’a pas cessé de payer ses employés au titre de l’année 2003”. Deux avis complètement contradictoires. En revanche, contactés à plusieurs reprises par l’Economiste, Larbi Sekkat, propriétaire de l’entreprise, n’a pas voulu se prononcer.Mis au chômage technique, les employés ont intenté un procès contre la société vers la fin du mois d’avril 2003 pour paiement des indemnités de licenciement. La Cour émet un jugement en faveur des employés. Néanmoins, “l’entreprise placée en liquidation judiciaire, le jugement ne peut, malheureusement, être exécuté”, explique maître Samir Ababou, l’avocat chargé de cette affaire. Plus d’espoir d’indemnisation pour les salariés. La décision de la liquidation judiciaire implique pour les créanciers, salariés compris, de se signaler auprès du syndic désigné par le tribunal du commerce afin de rejoindre la liste des ayants droit. Mais l’Etat, les fournisseurs et les banques, prioritaires dans cette démarche d’indemnisation, ne devraient laisser que peu d’espoir aux salariés d’obtenir leurs indemnités de licenciement, faute de trésorerie suffisante dans les comptes de la société. D’ailleurs, le stock restant à la disposition de Moulitex n’est que de 4,356 millions de DH. Pas suffisant pour couvrir toutes ses dettes.L’entreprise n’est, en outre, pas propriétaire de ses machines. Ces dernières ont été prises en location, d’où les dettes envers les sociétés de leasing. Ceci étant, “les employés ne seront sûrement pas remboursés”, commente leur avocat.Moulitex a, par ailleurs, cessé de payer les cotisations de la CIMR et de la mutuelle, en dépit des prélèvements des sommes dues à la source. Ceci n’est pas sans conséquence pour les salariés. Certains d’entre eux ont confié à l’Economiste que des dossiers de mutuelle, atteignant des fois 40.000 DH, n’ont toujours pas été remboursés. Et la plupart de ces personnes, surtout celles qui sont là depuis des années, et qui auront du mal à se reconvertir, sont très inquiètes quant à leurs retraites.Cette situation soulève de nombreuses interrogations. La loi de 1997 régissant la prévention des difficultés de l’entreprise indique que celle-ci est tenue de procéder par elle-même à travers la prévention interne, au redressement permettant la continuité de l’exploitation. A défaut, la prévention externe est exercée par le président du tribunal de commerce dans le cadre d’un règlement amiable. Une prise de conscience qui serait bénéfique tant pour l’entreprise que pour les employés, pourvu que les dirigeants réagissent à temps.


Une société florissante dans les années 90

Créée en 1970, Moulitex est une société anonyme spécialisée dans la texturation, le moulinage et la teinturerie. Il s’agissait d’une des premières de son secteur à être certifiée ISO 9002 pour son processus de fabrication. Son chiffre d’affaires avoisinait les 200 millions de DH dont la moitié effectuée à l’export essentiellement vers les marchés français et allemands. Moulitex a, par ailleurs, décroché le trophée de bronze d’exportation dans la catégorie “biens industriels et équipements” organisé par le Conseil national du commerce extérieur (CNCE), le 22 décembre 1997.Moulitex avait même envisagé, à une certaine époque, son introduction en Bourse (www.leconomiste.com).Meryeme MOUJAB

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