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    Culture

    «Les amants de Fès«
    19e épisode: Les indiscrétions de la loggia

    Par L'Economiste | Edition N°:2352 Le 01/09/2006 | Partager

    Résumé: Soussane a retrouvé sa véritable famille et sa liberté par la même occasion. Les projets de mariages de l’hadj Mekki et Jaâfar tombent à l’eau. Les Benabed sont cependant contents de compter un nouveau membre dans la famille.L’hadj raconta toute l’histoire de Soussane à son épouse médusée. Un long silence s’ensuit. Puis, il reprit son récit, posément avant de conclure.- Maintenant, essayons de réparer le tort qui lui a été causé durant toutes ces années. Tu t’occuperas d’informer ma mère lalla Khnata, car tu sauras mieux que moi utiliser les mots qu’il faut. Les femmes savent mieux faire passer les messages. Et j’espère que ton cœur deviendra plus tendre envers elle. J’ai vu comment tu la traitais, la pauvre, elle a beaucoup souffert!Lalla Mériem resta bouche cousue. Elle n’arrivait pas à réaliser le parcours de cette jeune fille. La vie réservait bien des surprises Et celle-ci était de taille.L’hadj continuait:- Nous devons informer toute la famille. J’ai pensé organiser un banquet de bienvenue pour couper court aux éventuelles rumeurs qui pourraient circuler? C’est une Benabed et elle doit recevoir tous les honneurs dus à son rang social!Lalla Mériem finit par réagir et acquiesça de la tête. Puis elle ajouta ironiquement.- Et son héritage, y a-tu pensé aussi?L’hadj regarda sa femme d’un air réprobateur, lui faisant comprendre que ce n’était pas son affaire puis il quitta la chambre.Quelques jours plus tard, la maison de l’hadj Mekki, croulait sous les you you. Les encensoirs grésillaient de bkhour et un repas d’apparat fut préparé pour la circonstance. On invita quelques musiciens de ala, des amis de l’hadj, afin de proclamer la joie de la famille.Dans une chambre aménagée à l’étage pour Soussane et Noufissa, lalla Mériem se pressait d’habiller sa nouvelle belle-sœur à qui elle offrit un de ses caftans en attendant de lui faire confectionner les siens. Elle lui prêta des boucles d’oreilles et un bracelet en or. Soussane porta sa petite broche en or, sertie de saphirs blancs, cadeau de Jaâfar et lalla Mériem ne rata pas l’occasion de lui demander comment elle se l’était procurée.Jaâfar était heureux d’avoir été la main du destin qui avait conduit sa tante Soussane à retrouver sa vraie famille, après en avoir ignoré l’existence de longues années durant. Sa flamme était éteinte et son amour passionné se transforma en amour fraternel.Dans la kobba, les femmes qui entouraient Soussane tantôt se désolaient pour elle, tantôt l’enviaient d’appartenir à une si grande famille, tantôt admiraient sa beauté. Les chuchotements, les sourires et les murmures allaient bon train.Soussane était assise dans un coin près de sa petite nièce Noufissa qui ne la quittait pas des yeux. Elle n’accordait aucune importance aux comportements de l’assistance car elle avait l’esprit ailleurs. De temps à autre se dessinait sur son visage une expression de mélancolie et de la tristesse. Elle pensait à ses vrais parents décédés, qu’elle ne connaîtrait jamais et à sa famille adoptive qu’elle ne reverrait peut-être plus.Elle pensait à son grand-père maternel. Le connaîtra-t-elle un jour? Le verra-t-elle un jour? Avait-elle de la famille en France? Des questions qui demeuraient sans réponses.Lalla Neftaha se fraya une petite place entre Noufissa et Soussane.- Alors petite sœur, c’est comme cela que tu nous a caché ton existence pendant tout ce temps? Nous remercions Dieu de t’avoir retrouvée! Quelle idée a eu ce sacré Jaâfar de t’interdire de parler lorsqu’il te ramena chez moi !- Hi...hi, Soussane, confuse émet un rire gracieux!- Tu sais petite sœur, si tu as besoin de quoi que ce soit, je serais à ta disposition. D’ailleurs, je vais demander la permission à azizi de te laisser passer quelques jours chez moi. Tu veux bien?- Merci lalla Neftaha, c’est très gentil de ta part!- Appelle-moi plus tôt lalla khiti, cela me ferait vraiment plaisir!C’était une belle journée de printemps. La nature était aussi au rendez-vous pour fêter le retour de Soussane parmi les siens. Le soleil brillait de tous ses feux et les oiseaux et les fleurs étaient de la fête.Dans la kobba des hommes, les convives discutaient, plaisantant ou riant, lorsque l’orchestre cessait de jouer. L’hadj Mekki était à leurs petits soins et il était heureux d’organiser cette fête pour Soussane. Il s’était promis de faire tout le nécessaire pour se faire pardonner.De temps à autre, il allait s’asseoir à côté de Si Abdelmalek qui fut prié de rester pour assister à la cérémonie. Profitant d’un moment où l’hadj était dans la cour, Si Driss s’approcha de lui et l’interrogea en souriant.- Dis-moi, tu savais que c’était moi qui devait acheter lalla Soussane!- Comment cela?- C’est extraordinaire! Te rappelles-tu le jour où tu m’avais parlé de te chercher une domestique, eh bien, le courtier que je devais voir pour réceptionner l’esclave était celui que ton fils Jaâfar avait rencontré dans le foundouk de Si Allal. Il s’agissait d’Abbas, le marchand. Lorsque je suis allé chercher mon esclave, on m’informa que c’était toi qui l’avait achetée. Je n’ai rien voulu te dire depuis, même si paraît-il, c’était une fille peu ordinaire.Il poursuivit:- C’est incroyable. J’en ai la chair de poule. Et durant tout ce temps, tu ignorais que tu avais une sœur?- Oui, quel destin ! J’espère qu’elle oubliera ce cauchemar!- Oui, maintenant les beaux jours seront devant elle et je pense qu’il est venu le temps de récupérer mon dû en demandant sa main en mariage !- La main de qui?- De ta sœur, lalla Soussane!- Pourquoi cette précipitation, dit l’hadj. Boubker peut attendre quelque temps. Je ne suis pas encore prêt de m’en séparer.- Boubker? Mais qui te parle de lui ! C’est moi, qui veut épouser Soussane!L’hadj ne prêta pas attention à ce que son ami venait de dire. Mais Si Driss insista- J’espère que tu veux rire et que tu ne parles pas sérieusement ! s’exclama l’hadj - Mais je suis très sérieux!L’hadj Mekki, troublé, réagit.- Tu m’étonneras toujours! Comment peux-tu penser à une chose pareille!- Ecoute, ne t’énerves surtout pas!- Voyons Si Driss ! Et puis, ce n’est ni le lieu ni le moment. Tu vois bien que je suis occupé avec mes invités!- Viens, allons discuter ailleurs. Je ne te retiendrais pas très longtemps, suis-moi!Si Driss tira l’hadj vers lui en direction de la loggia du jardin. Le kiosque venait à peine de se libérer. Saïd y passait d’agréables moments en compagnie de son flirt, la plus jeune des filles de dada Yasmine. Quand ils entendirent des pas avancer vers le petit bâtiment, ils sortirent à toute vitesse, mais Saïd resta adossé derrière le mur du kiosque, de peur de se faire prendre et dû écouter malgré lui, la conversation qui se déroulait entre son père et Si Driss.- Alors je t’écoute, demanda l’hadj! J’espère que ce n’est pas encore une de tes idées saugrenues.- Je réitère ma demande!- Mais quelle demande? répondit l’hadj feignant de ne pas comprendre. Comment pouvait-il oser? Si au moins il avait demandé Soussane pour son fils, il comprendrait. -Enfin, Si l’hadj, tu n’as pas encore compris? Je souhaiterais épouser ta sœur lalla Soussane!- Mais tu n’y penses pas!- Je ne la mérite peut être pas?- Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ! Et puis... tu me surprends ! Et que dirait ta femme lalla Houria? Non, non, je ne peux rien te dire maintenant. Laisse-moi le temps de réfléchir. Tu sais, Soussane, c’est comme si elle venait de naître. Elle a besoin de toute notre affection ! Elle vient tout juste de retrouver sa famille!- Mais je serais aussi sa famille, si tu veux bien me la confier. Je m’en occuperais mieux que quiconque!- J’en suis convaincu... Mais il y a autre chose!- Ah, ah... Mais ton esprit est fertile mon ami! Hum... Alors ?- Qu’est-ce que tu racontes, dit l’hadj ébranlé?- Cela prouve que toi aussi, tu aimerais te remarier! Je remarque que le phénomène est bel et bien contagieux, dit-il en riant! Si Driss sourit a son ami en se frottant les deux mains. L’hadj, se caressa la barbe.- Je ne te cache pas que l’idée m’a effleuré, dit-il. Mais soyons sérieux! Mes invités doivent se demander où j’ai bien pu passer.Avant de quitter la loggia, Si Driss lui lança.- Attends, où vas-tu? Tu te sauves alors que la discussion devient intéressante- Arrête de plaisanter et lève-toi! Allons rejoindre les autres.- D’accord mais sache que tu me dois une réponse. Ne te débine pas. Je compte sur toi!- Je ne te comprends pas mon vieux, dit-il en riant! Je m’en remets à dieu. Il fera ce qu’il jugera bon. A ces mots Saïd, qui se tenait près de l’entrée de la loggia, fit marche arrière pour se tapir derrière un arbuste mais dans son élan, il écrasa la queue du chat qui poussa un cri de douleur en détalant. Ce dernier se trouvait là par hasard, s’adonnant à son sport favori, la chasse nocturne.- Sseb, sseb cria l’hadj! Ces chats, les nôtres et ceux du voisinage, se donnent rendez-vous chez moi, tous les soirs. C’est un épouvantable vacarme. Mais sans eux, nous serions envahis par les rats! Lundi, 20e épisodeLa petite tante fait de nouvelles victimes

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