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«Le choix de Tanger, n’est pas logique«
Moulay Abdellah Alaoui, président de la Fédération de l’énergie

Par L'Economiste | Edition N°:2655 Le 20/11/2007 | Partager

. L’activité industrielle est concentrée sur le littoral Casablanca-Kénitra. Il faut 4,7 milliards de DH pour un centre de requalification du GNL avec un méthanier . Amina Benkhadra attendue en avril 2008- L’Economiste: Que pensez-vous du choix de Tanger pour abriter le terminal gazier?- Moulay Abdellah Alaoui: Vous me l’apprenez. Je pense que le site doit correspondre à un grand marché. Or, le marché se trouve sur le littoral entre Casablanca et Kénitra, là où il y a une concentration, une densité industrielle. La logique voudrait qu’on implante le terminal sur cet axe, soit à Jorf Lasfar, soit à Mohammédia selon les possibilités portuaires et peut-être, pourquoi pas à Kénitra. Par ailleurs, ma préoccupation, c’est d’assurer l’approvisionnement de l’industrie marocaine en énergie combustible et non polluante. - Est-ce que le gaz naturel est une solution à nos problèmes énergétiques?- C’est une solution comme les autres sources d’énergie. Comme je répète souvent, toutes les solutions doivent rester ouvertes. Alors, je ne vais pas mettre en concurrence le gaz naturel avec le nucléaire, mais le Maroc gagnera à diversifier son bouquet énergétique et laisser ouvertes toutes les options. Je ne dirais pas que le gaz naturel est la seule solution à nos problèmes énergétiques, tout comme le nucléaire, mais chaque ressource a son affectation et son rôle. - Il faut faire vite car le marché est particulier? - Nous avons pris un retard important dans la mise en application du choix du gaz naturel. Je déplore vivement le retard pris dans le code gazier. Et plus on reporte, moins on trouve de fournisseur. Le cadre général qui prévaut pour cette ressource, c’est des contrats à long terme. On ne peut pas décrocher son téléphone, appeler un trader et avoir son méthanier de gaz naturel. Le fournisseur cherche à s’assurer des contrats de long terme, qui courent sur 10 ans au moins. Ce qui n’est pas simple. - Cela demande aussi de gros investissements?- En effet, on parle de 600 millions de dollars actuellement, soit environ 4,7 milliards de DH, pour avoir un centre de requalification de GNL avec un méthanier. Plus on prendra notre temps, plus le coût de réalisation du projet montera. Ce sont des années perdues pour le Maroc et pour l’énergie. Il ne faut pas être frileux. Je pense que maintenant la nouvelle ministre de l’Energie, Amina Benkhadra, va avoir une feuille de route puis que SM le Roi lui a confié un budget de 20 millions de DH pour une étude sur la politique énergétique à mettre en application. Elle rendra sa copie en avril 2008 et devrait dire, à ce moment, voilà comment se présente l’architecture de l’énergie au Maroc. Propos recueillis par Bachir THIAM


Gaz: La grosse bêtise de Rabat

. L’Algérie fait-elle du chantage?. Un retour au realpolitik s’imposeCela fait dix ans que 20 milliards de mètres cubes de gaz algérien traversent le sol marocain chaque année pour être déversés en Europe. C’est l’un des trois principaux robinets de gaz qui approvisionnent le Vieux continent avec ceux de la Russie et de la Norvège. Le Maroc ne profite pas de ce pipeline pour optimiser ses coûts énergétiques. Au lieu de négocier un approvisionnement direct à partir du pipeline reliant l’Algérie et l’Europe, il s’approvisionne auprès de fournisseurs du Golfe.En dépit des différends politiques qui plombent les relations entre les deux pays, rien n’explique cette situation. D’autant plus que le Maroc et l’Algérie ont toujours coopéré dans la production électrique, même durant les pires disputes qui les ont opposées. Serait-ce un chantage de l’Algérie ou un manque de confiance du Maroc? En tout cas, les deux pays ratent une opportunité de coopération indéniable. Sans demander de privilège de prix à l’Algérie, le Maroc pourrait économiser énormément en coûts logistiques, qui ne cessent d’augmenter. Sans parler de la rapidité de livraison à partir de Hassi R’mel (gisement de gaz algérien). Les Tunisiens plus réalistes s’approvisionnent auprès de leurs voisins de l’ouest. Plus encore, la coopération énergétique entre les deux pays ne fait que se renforcer. En effet, les quantités de gaz naturel qui passent par le pipeline reliant l’Algérie et l’Italie via la Tunisie passeront de 27,4 à 33,9 milliards de m3. Et ce malgré le lancement des travaux du gazoduc qui reliera l’Algérie et l’Italie via la Méditerranée. Le seul profit que tire le Maroc du pipeline qui traverse son territoire est la redevance que verse les exploitants à l’Etat. Elle représente 6 à 7% du prix et de la quantité transportée chaque année. En 2008, cette redevance injectera 1,3 milliard de DH dans le budget 2008, contre 1,6 milliard de DH cette année. La baisse est-elle irréversible. L’Algérie et l’Espagne construisent un nouveau gazoduc Medgaz qui les relie via la Méditerranée. Lancé il y a deux ans, le projet devrait être bouclé en 2009. C’est un investissement de 900 millions d’euros, contre 850 millions de dollars pour le gazoduc qui traverse le Maroc. De plus, il ne pourra transporter que 8 milliards de m3 de gaz naturel, dans un premier temps, contre 20 milliards de m3 pour le pipeline qui traverse le Maroc. Toutefois, cette différence va se rétrécir au fil des années. Les promoteurs du Medgaz prévoient d’augmenter sa capacité à 16 milliards de m3 à moyen terme. Avant de mettre en place ce projet, il était prévu de faire passer le deuxième réseau gazier reliant l’Algérie et l’Espagne par le Maroc. Mais les deux pays ont préféré payer plus et transporter moins au lieu de verser une redevance supérieure au Maroc, qui a maladroitement géré ce dossier. Il pensait que jamais le pipeline sous-marins ne serait construit et qu’en conséquence Rabat pourrait augmenter indéfiniment ses exigences. Le retour de bâton est terrible. Au-delà de toutes ces considérations, le Maroc et l’Algérie doivent retourner au realpolitik. L’entêtement des deux pays leur fait perdre des opportunités d’affaires en or. N. Sq.

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