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Economie

«Les “full IFRS”, ce n’est pas pour demain«
Entretien avec Pierre Gatet

Par L'Economiste | Edition N°:2655 Le 20/11/2007 | Partager

. Il faut une fiscalité en phase avec la comptabilité  . Le processus doit se mettre en place progressivement . Les Etats-Unis font moins de résistancePierre Gatet, 46 ans, commissaire aux comptes, expert-comptable, est l’associé responsable de la ligne de services «Conversion aux IFRS» de Deloitte. Il est en charge de la normalisation comptable au Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables de 1991 à 1993. Il intègre la Fonction technique de Deloitte de 1993 à 2000 en tant que spécialiste des questions de principes comptables et participe notamment à la rédaction des nouvelles règles de consolidation en France. Conseiller technique de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes au cours de l’année 2000, il participe à l’élaboration de la réforme de la normalisation comptable en Europe. Depuis 2001, il assiste plusieurs grands groupes industriels et commerciaux dans leurs projets de conversion aux normes IFRS. -L’Economiste: A quel niveau se situe-t-on dans le processus du passage aux IFRS? Qu’en est-il au Maroc?- Pierre Gatet: Le Maroc va passer aux IFRS pour les sociétés cotées dans une configuration européenne des comptes consolidés. Pour ce qui est des banques, elles ont l’obligation de basculer dès janvier 2008.En revanche, je comprends que les comptes individuels restent aux normes marocaines comme pour la France, l’Allemagne et d’autres pays, compte tenu de la fiscalité. Celle-ci est liée à la comptabilité locale. Le basculement au «full IFRS» n’est pas pour demain, puisqu’il faudra subsister avec deux référentiels différents. Pour basculer vers le full IFRS, il faut une fiscalité connectée avec la comptabilité. Le big-bang de la conversion des IFRS aux comptes individuels n’est pas à l’ordre du jour. Cela n’empêche que la comptabilité nationale doit reprendre par petites touches les normes IFRS, mais cela reste à discuter. Tout le monde a son mot à dire, que se soit les entreprises ou le fisc.- Quels sont les pays les plus avancés?- L’Europe a basculé aux IFRS depuis les comptes 2005 publiés en 2006. Il est vrai que cela ne concerne que les comptes consolidés, dits «de groupe». Toutes les sociétés cotées en Europe appliquent les IFRS. Sur le plan mondial, de plus en plus de pays, soit en Asie en Afrique ou en Amérique latine, vont appliquer les IFRS à des dates qui se situent entre 2008 et 2012. Le dernier bastion qui résiste encore, ce sont les Etats-Unis. Mais, grande nouvelle, l’autorité américaine de contrôle des marchés boursiers (SEC) a admis que les documents comptables financiers des émetteurs européens respectant les normes comptables IFRS puissent être acceptés, sans qu’ils aient à être convertis aux US GAAP.-Il ne s’agit là que des groupes étrangers côtés aux Etats-Unis, qu’en est-il des groupes américains?- La SEC envisage de donner la possibilité aux groupes américains d’adopter les IFRS au lieu des US GAAP. C’est une révolution, toutefois ce n’est pas encore fait. Mais le simple fait de l’envisager est une victoire de l’IASB (International Accounting Standard Board). - À votre avis, qu’est-ce qui a justifié un tel recul? - Le gendarme de la Bourse à New York a toujours considéré que le durcissement des normes permet la protection du marché boursier. Cela a pour effet d’attirer plus d’investisseurs. Toutefois, il y a eu un revirement de situation. Cette rigueur a eu un effet contraire. La plupart des groupes des pays émergents (Chine, etc) n’allaient plus se faire coter à New York, mais à Londres. Le business américain a vu se détourner de son giron un certain nombre d’investisseurs. Ce qui explique le recul sur plusieurs aspects dont cette réconciliation aux US GAAP. Il s’agit donc d’une logique de business. A contrario, les autorités essayent de diffuser les US GAAP dans le planning des IFRS et en faisant du «lobbying» au sein de l’IASB de manière à ce que les IFRS soient de même niveau de qualité que les US GAAP.- Justement sur ce point, l’IASB a retiré dernièrement 25 normes pour les réviser. Qu’en pensez-vous?- La conversion aux IFRS n’est pas définitive puisque les normes sont en constante évolution. Pour rappel, l’IASB est soumis à la pression des analystes financiers (en particulier les américains). Ces derniers veulent des normes comptables à destination des investisseurs. Eux-mêmes désirent avoir un modèle de bilan les protégeant et leur donnant la meilleure vision des flux de trésorerie futurs. Ils considèrent que le modèle actuel ne donne pas totale satisfaction. Il est non seulement fondé en grande partie sur le coût historique, mais également le volet «hors bilan» doit être pris en compte dans les états financiers.- D’après vous, en quoi la crise des «subprime» devrait conduire à des ajustements par rapport à la première ébauche de ce chantier?- Beaucoup moins directement que la crise d’Enron où l’on parlait de non-consolidation de certaines entités ad hoc, où il s’agit d’un problème comptable. Pour la crise des subprime, les opérations faites étaient très risquées. Par ailleurs, il peut y avoir des ajustements mais de manière très indirecte sur le fait qu’on ait pas pu valoriser cette cascade de cessions, de prêts à taux d’intérêts progressifs, mais ce ne sont pas directement des traitements comptables. Je ne pense donc pas qu’il y ait un impact significatif.Propos recueillis par My Ahmed BELGHITI

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