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    Economie

    «La réparation est liée à la non-répétition des violations«

    Par L'Economiste | Edition N°:2122 Le 04/10/2005 | Partager

    . L’évaluation de l’IER dépendra de son rapport final. La réparation passe par plusieurs préalablesPablo de Greiff est expert auprès du Centre international de justice transitionnelle (CIJT). Il a participé à toutes les initiatives de réparation dans le monde, notamment en Argentine, au Chili et en Afrique du Sud.- L’Economiste: En tant qu’observateur des processus de justice transitionnelle dans le monde, quelle évaluation faites-vous de l’expérience marocaine? - Pablo de Greiff: L’évaluation du travail de l’IER est tributaire du rapport final qu’elle soumettra à la fin de son mandat. L’instance est certes impliquée dans un exercice difficile. Mais elle a réussi à franchir plusieurs étapes. Au Maroc comme dans tous les pays où des expériences similaires ont été menées, l’enjeu principal est de répondre, de la manière la plus globale et la plus complète, aux attentes des victimes, mais aussi à celles de la société. Vu le temps limité dont elle a disposé, l’instance est allée le plus loin possible dans cette voie. Son travail est marqué par plusieurs particularités. Il a lieu alors que le système monarchique est toujours de mise. Son expérience est également la première du genre dans le Monde arabe et musulman. - Des associations de droits de l’homme reprochent à l’IER son retard en matière de réparation. Qu’en pensez-vous? - Tout programme de réparation ne peut réussir que s’il prend en considération un certain nombre de préalables. Ceux-ci sont liés essentiellement à l’établissement de la vérité. On ne peut se contenter de donner des compensations indépendamment d’initiatives allant dans le sens de rendre justice aux victimes. Cela revient à interpréter la réparation matérielle comme étant le prix que le gouvernement a mis pour la vie de quelqu’un. Or, la vie n’a pas de prix. Ce qui importe, c’est de renforcer les mesures de réparation en les mettant en relation avec l’établissement de la vérité. Idéalement, la réparation devrait être liée à des réformes institutionnelles garantissant la non-répétition des violations. - La fin du mandat de l’IER signifie-t-elle que la page du passé est définitivement tournée? - Aucunement. Dans tout processus de transition, le plus important est de donner aux citoyens de bonnes raisons de croire aux institutions de l’Etat. Un tel résultat est conditionné par l’établissement de la vérité, la reconnaissance de la responsabilité et la réparation effective des victimes. Dans le processus marocain, l’IER est une étape. L’instance ne détient pas la baguette magique. La fin de son mandat ne veut pas dire la fin de l’histoire. Mais elle aura eu le mérite de pousser les limites le plus loin possible. Son objectif n’est pas d’introduire le pays au paradis, mais de le sortir de l’enfer. Le succès de cette étape dépendra du degré de transparence des décisions prises en matière de réparation et de la nature des projets qu’elle aura à proposer dans ses recommandations. Propos recueillis par Tarik QATTAB

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