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Politique

«Il faut arrêter de chercher le consensus«
Entretien avec Gérard Latulippe, représentant senior du NDI au Maghreb

Par L'Economiste | Edition N°:2237 Le 20/03/2006 | Partager

Expert et directeur résident senior au Maghreb du National Democratic Institute, Gérard Latulippe explique les enjeux du renouvellement politique au Maroc. L’organisation qu’il représente accompagne et appuie le processus de démocratisation dans plus de 60 pays. . L’Economiste: En tant qu’observateur, comment vous évaluez le paysage politique marocain dans le contexte actuel?- Gérard Latulippe: Tout d’abord, je dois préciser que je ne suis pas habilité à faire des jugements de valeur. Car, l’essence même de notre organisation est de ne pas prendre de position politique à l’intérieur des pays où l’on travaille. Mais en tant que représentant d’une organisation active dans plus de 60 pays, dont une douzaine dans le monde arabe, je peux dire que le Maroc est perçu actuellement comme un modèle de transition démocratique. Certes, ce n’est pas encore parfait, mais le processus démocratique est enclenché. Il y a de plus en plus de liberté d’expression, d’intérêt pour la politique et de débats sur la société. J’estime que c’est une transition démocratique sur le bon chemin. . D’après votre expérience, quelles sont en général les contraintes à l’émergence d’une élite politique?- Généralement, les partis ne favorisent pas la démocratie interne, la liberté d’expression. Et ceux qui exercent le pouvoir trouvent des difficultés à renoncer à leur statut. Ce sont généralement des facteurs d’ordre culturel. Pour le cas du Maroc, il y a un facteur culturel prédominant, c’est cette grande recherche du consensus. C’est un avantage, mais des fois cela peut être un inconvénient. Chez nous au Canada, on cherche plutôt le conflit, la différence. Et sur la base du conflit, on a favorisé le renouveau.. Justement, comment s’est passé l’expérience du renouvellement des élites au Canada?- Il faut dire que le changement vient avec le changement social, donc de la société civile. Chez nous, ma génération a connu ce qu’on appelle «la Révolution tranquille» au début des années 60. Mais cette révolution était non seulement politique mais aussi dans les mœurs, sociale et culturelle. Avant 1960, il n’y avait pas de ministère de la Culture au Québec. Très peu de gens allaient à l’Université. Avec les changements sociaux, l’éducation, nous avons pu changer nos élites. . Jusqu’à quelle mesure l’apport de la société civile et du milieu des affaires peut contribuer au Maroc à ce renouveau politique?- D’abord, il faudrait que le monde économique accorde plus d’intérêt à la politique et une volonté spontanée de s’impliquer. Souvent, les homme d’affaires perçoivent le monde politique comme une partie marginale. . N’ont-ils pas assez de recul et de maturité politiques?- C’est le cas aussi chez nous au Canada. Sauf qu’un jour la classe économique sera plus persuadée que le développement économique est intimement lié à la politique. Avec la mondialisation et les ALE, le Maroc est en train de s’ouvrir économiquement. Ce qui est sûr, c’est que cela va se traduire par une adhésion politique de la part des élites économiques. Cela ne peut pas se faire autrement.. L’on assiste à des coalitions, alliances contre alliances, scissions… Est-ce un phénomène normal? - Plus que normal, c’est sain. Loin des tensions, il y a énormément de partis au Maroc. Et pour que les partis puissent gouverner, il faut qu’ils soient en mesure de créer des coalitions, des pôles. C’est aussi l’esprit du nouveau code sur les partis.. Quelle lecture faites-vous de la nouvelle loi sur les partis?- Elle est à l’avant-garde de ce qui se fait en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. J’ai étudié et comparé plusieurs lois de différents pays. Je pense que cette loi est moderne, car elle favorise un financement plus sain, elle favorise aussi le concept des alliances, le respect des échéances et la tenue de congrès nationaux. Certes, la démocratie ne se décrète pas, mais à partir du moment où elle s’inscrit dans une loi, le processus devient plus facile.. Comment vous expliquez que les programmes politiques soient pratiquement les mêmes?- C’est un phénomène tout à fait normal. Nous menons des focus groupes qui démontrent que le Marocain de la rue ne fait pas souvent la différence entre les partis. Cela provoque une espèce de confusion, d’indifférence et de désintérêt. Le défi est que les partis définissent bien leurs messages et réorientent leur antenne. C’est aussi le défi du renouvellement et de la formation de pôles politiques. Propos recueillis par Amin RBOUB

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