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Régions

Tanger: La restauration de la Médina fait grincer des dents

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5924 Le 13/01/2021 | Partager
Le design des portes fait polémique
La couleur des façades aussi
L’héritage d'une ville cosmopolite avant l’heure, en jeu
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Les portes en bois clouté ont étonné les spécialistes de l’histoire de la ville de Tanger, des portes qui ne reflètent pas le caractère cosmopolite de la ville. Le blanc assorti de jaune sur toutes les façades, non plus (Ph. Adam)

Le vent de renouveau qui souffle sur le périmètre portuaire de Tanger a atteint aussi la Médina voisine, témoin de l’histoire légendaire du pays. Depuis quelques mois, les travaux de restauration se poursuivent le long de cette Médina atypique, l’une des plus cosmopolites du Maroc.

Mais certains choix esthétiques font grincer des dents des connaisseurs de l’histoire de la ville. C’est le cas de la rue Dar Dbagh et des choix très "folkloriques", déplorent certains, retenus pour la restauration de la devanture de ses boutiques et de ses portes.

«Un modèle uniforme de porte en bois de cèdre clouté a été utilisé, aux antipodes de la porte tangéroise typique » s’exclame Rachid Taferssiti, auteur de plusieurs livres sur la ville et président de l’association Al Boughaz. Selon lui, le design retenu pour les portes font ressembler la rue Dbagh à une ‘kaissaria’ plutôt qu'à l'image de ce qu’était Tanger, une ville cosmopolite.

A l’époque, les portes étaient moins uniformes, fidèles à l’esprit multiculturel de la ville qui a accueilli à bras ouverts des citoyens du monde entier, toutes croyances confondues, un héritage qui ne se retrouve pas dans ces nouvelles portes.

Les couleurs choisies pour le ravalement des façades ne font pas, elles aussi, l’unanimité. La généralisation du blanc et des ornements en jaune (qui sied si bien à l’immeuble Renschhausen d’origine austro-allemande sur la place Massira) à l’ensemble des bâtiments dérange. En effet, «chaque bâtiment a sa propre âme avec une histoire, une architecture et des origines différentes», explique Taferssiti.

Au niveau de la Médina, la pratique a été de décaper les murs jusqu’à la pierre et de badigeonner par un revêtement d’un blanc immaculé. La tradition était de peindre avec des couches successives avec un blanc teinté légèrement. Un ton plus foncé était réservé pour la frange basse, la «houzma». Sa couleur dépendait du goût de l’habitant et était parfois assortie avec la couleur de la porte et des fenêtres. Vu de loin, le mur semblait légèrement teinté, assorti lui aussi avec la couleur de la frange.

«Nous ne sommes pas dans la restauration mais plutôt dans la rénovation», se plaint le président d’Al Boughaz qui cite aussi des cas en dehors de la Médina comme les immeubles de la rue Salaheddine Ayoubi, la Villa Harris et le Château de Perdicaris.
Pour lui, ces choix ne font pas honneur à une ville dont le cheminement a été très atypique tout au long de la très riche histoire du Maroc.

                                                                  

Capitale diplomatique du Maroc au 18e siècle

Tanger est une ville à l’histoire plusieurs fois millénaire. Elle est située dans un emplacement stratégique, le Détroit de Gibraltar, et les trouvailles archéologiques attestent un peuplement dès les premières heures de la civilisation. Son aspect cosmopolite est patent car elle a été portugaise, anglaise, avant de devenir la capitale diplomatique du Maroc au 18e siècle. Elle est un exemple de communauté multiculturelle où Musulmans, Juifs et Chrétiens vivaient ensemble ce qu’attestent les divers lieux de culte qu’accueille la Médina dont certains à quelques mètres les uns des autres. La Médina a aussi hébergé une dizaine de légations ou consulats, cinq bureaux de postes de nationalités différentes, des dizaines de banques dont le premier siège de la Banque d’Etat du Maroc, des cafés, des restaurants, des espaces culturels, de petits théâtres et des cinémas faisant d’elle l’une des plus riches du pays.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

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