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Economie

Gestion de la crise sanitaire: Le plaidoyer du CESE

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5880 Le 09/11/2020 | Partager
Des mesures urgentes pour sauvegarder l’activité et les emplois
Limiter la vulnérabilité face aux chocs extérieurs en misant sur des secteurs stratégiques
Elargissement de la couverture sociale et intégration de l’informel, des priorités

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) se greffe sur le débat autour de l’impact de l’actuelle crise sanitaire et ses enjeux économiques et sociaux. Il vient de publier une étude sur «les leviers d’actions envisageables».

Le rapport, ayant fait l’objet d’une saisine du président de la chambre des représentants, souligne les lacunes structurelles ayant amplifié les impacts de la crise sanitaire et préconise un ensemble de leviers majeurs de transformation.

Le Conseil présidé par Ahmed Réda Chami dresse ainsi 149 recommandations s’articulant autour de 7 principaux axes. Détails d’une étude retraçant les nombreux couacs de la gestion gouvernementale et les mesures à même de favoriser la relance.

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Les mesures restrictives décrétées lors de la période de confinement ont eu de lourdes répercussions socioéconomiques. Selon le CESE, la crise sanitaire ne peut plus être gérée avec ces mêmes mesures et des ajustements urgents s’imposent afin que les citoyens et l’économie puissent s’adapter à ce nouvel environnement (Ph. Bziouat)

■ Vivre avec la Covid-19
Les mesures restrictives édictées lors du confinement ont eu des coûts socioéconomiques insupportables, selon le CESE. Aujourd’hui, la crise sanitaire ne peut plus être gérée avec ces mêmes mesures et des ajustements urgents s’imposent afin que les citoyens et l’économie puissent s’y adapter. Le Conseil préconise de mettre en place des mesures visant la refonte des secteurs sociaux de base (santé et éducation), le soutien du pouvoir d’achat des ménages, la reconfiguration des méthodes de travail dans le public et privé et l’adoption d’une approche participative dans la gestion des risques. «Ces objectifs sont atteignables sous réserve de faire évoluer les mentalités», souligne l’étude.

■ Retour de l’Etat Providence
La crise sanitaire rappelle la nécessité d’un retour de l’Etat-Providence rénové sur le plan social. Le CESE plaide pour le renforcement des trois missions principales à savoir: un Etat qui apporte l’assurance à tous en temps de crise, qui garantit le droit des citoyens et qui est doté d’une vision à long-terme.   

■ Transiter d’un système de soins à un système de santé
Aujourd’hui, plus que jamais, la refonte du secteur sanitaire est un impératif. Il est primordial de développer un système de santé garantissant la qualité et l’efficacité de l’offre de soins de santé, l’accès équitable et la protection financière des patients. Pour le CESE, cela passe par des réformes structurelles couvrant les différents aspects liés à la volonté politique, à la gouvernance, aux RH et au financement. Ce nouveau système doit garantir l’effectivité d’une médecine préventive efficace et une offre de soins de santé de qualité, couvrant l’ensemble du territoire et accessible à tous.    

■ Elargir la protection sociale
L’actuelle crise a mis à nu le niveau élevé de vulnérabilité des populations exerçant dans des métiers faiblement organisés ou dans l’informel. Le système de protection sociale s’avère inadapté et ne dispose pas des atouts nécessaires pour atténuer notamment les effets des licenciements massifs et de la hausse du travail dans l’informel. Le CESE insiste sur l’urgence de la mise en place d’un système de couverture sociale généralisée et de stratégies innovantes pour intégrer le secteur informel et relancer l’économie.

■ Mesures urgentes
Pour le Conseil présidé par Chami, la relance de l’économie nationale passe par une refonte des politiques économiques (monétaire, fiscale, budgétaire, commerciale, industrielle...). L’objectif est de favoriser la sauvegarde de l’activité et des emplois. Cela doit s’accompagner de mesures urgentes pour améliorer la résilience et la compétitivité des entreprises et l’insertion de l’économie informelle. Le CESE propose, entre autres, de limiter les importations afin de favoriser la relance économique et de réduire le transfert de devises à l’étranger. Cela doit s’accompagner de mesures préventives, à court terme, pour limiter la destruction des emplois et les faillites des entreprises. A moyen terme, un examen complet des priorités des politiques économiques est incontournable pour renforcer la résilience aux chocs futurs.

■ Miser sur les secteurs stratégiques
Le CESE plaide pour l’amélioration du positionnement du Maroc sur certains secteurs vitaux pour réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs. Pour cela, il estime qu’il faut miser sur une stratégie intégrée de la R&D et l’innovation. «A moyen/long terme, le pays est «condamné» à transiter d’un consommateur net à un producteur net de connaissance dans les domaines scientifiques et technologiques de l’avenir, étant donné la forte corrélation entre l’innovation et la compétitivité d’une économie». Selon le Conseil, il est impératif de réduire la dépendance des secteurs stratégiques, tels que l’industrie pharmaceutique, l’industrie alimentaire ou encore le secteur énergétique et l’écosystème de la R&D et de l’innovation. Ce qui permettra d’accroître, de facto, la résilience de l’économie nationale.

■ Transformation digitale, un levier incontournable
Il va sans dire que la crise a induit une montée en puissance de l’utilisation des technologies digitales. Que ce soit au niveau des habitudes de consommations, de l’enseignement, du fonctionnement de l’administration publique ou du secteur privé, tous ont introduit le digital dans leurs processus. Toutefois, le Conseil de Chami rappelle que l’intégration du digital est loin d’être égalitaire au Maroc. Le risque de creusement de la fracture numérique entre catégories sociales, entre urbains et ruraux, demeure très présent. Pour le CESE: il est important d’ériger le digital en tant que droit fondamental, avec une connectivité de qualité, pour tous et partout.

                                                                              

Une banque publique d’investissement

La création d’une Banque publique d’investissement (BPI) constitue l’une des principales propositions du CESE. Elle devra regrouper les domaines d’intervention de la CCG, rebaptisée en juillet dernier «Société nationale de garantie et de financement de l’entreprise», et ceux du fonds Mohammed VI d’investissement. La BPI aura pour mission d’apporter le soutien financier en se basant sur les orientations du pays en termes de politiques sectorielles et de priorités d’investissement en infrastructures. Les aides seront destinées à des secteurs comportant des risques à savoir: les TPME, les projets innovants, les projets d’économie sociale et solidaire, ou encore les projets publics d’EEP.  Les offres de financement devront être diversifiées, selon le CESE, en englobant les crédits classiques, les produits de garantie, les financements en fonds propres... «La BPI devra bénéficier en contrepartie de conditions de refinancement suffisamment avantageuses auprès de la banque centrale», souligne le rapport.

Tilila EL GHOUARI

 

 

 

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