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International

Marchés des produits de base: «Covid-19 n’a pas eu un impact uniforme…»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5875 Le 30/10/2020 | Partager
Les prix des métaux et des matières premières agricoles ont vite rebondi
En 2021, les cours du pétrole devraient s’établir en moyenne à 44 dollars le baril
Ce que prédit la Banque mondiale

Les marchés des matières premières ont connu de nombreux chocs, dont la pandémie Covid-19 n’est que le dernier en date. Selon la dernière édition semestrielle du Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, les chocs très persistants «permanents» et ceux de courte durée «transitoires» ont contribué globalement dans les mêmes proportions aux fluctuations des prix des matières premières, mais avec toutefois de fortes variations d’un produit à l’autre.

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Durant le mois d’avril 2020, le baril de WTI était en dessous de zéro dans un marché saturé et sans capacité de réserve. Selon les pronostics de la Banque mondiale, les prix des matières premières énergétiques subissent plus fortement l’impact de la pandémie Covid-19, tandis que la baisse de la demande de pétrole devrait perdurer au-delà de 2021

Les premiers chocs sont ainsi responsables de la variabilité des prix de la plupart des produits de base agricoles, tandis que les seconds ont une incidence plus marquée sur les prix des matières premières industrielles. Cette hétérogénéité met en évidence la nécessité d’une action politique flexible, selon les économistes. Le rapport se penche sur 27 produits de base entre 1970 et 2019. Tour d’horizon:

■ Rebond substantiel des prix des produits énergétiques: En 2021, les cours du pétrole devraient s’établir en moyenne à 44 dollars le baril, en hausse par rapport aux estimations pour 2020 à 41 dollars. Ces prévisions tablent sur un redressement lent de la demande dans une conjoncture où le tourisme et les voyages continuent d’être freinés par les préoccupations sanitaires et où l’activité économique mondiale ne devrait parvenir à recouvrer son niveau d’avant la crise qu’en 2022. Elles reposent aussi sur un assouplissement progressif des contraintes du côté de l’offre. Globalement, après les fortes baisses enregistrées en 2020, le rapport prévoit pour 2021 un rebond substantiel des prix des produits énergétiques, qui incluent, outre le pétrole, le gaz naturel et le charbon, revoyant ainsi à la hausse les prévisions du mois d’avril. Le risque d’une seconde vague pandémique qui pourrait conduire à une multiplication des mesures de confinement et à une baisse de la consommation, ainsi que des délais plus longs que prévu dans la mise au point et la distribution d’un vaccin sont autant de facteurs susceptibles de déboucher sur des prix énergétiques plus bas qu’anticipé aujourd’hui.

■ Remontée modeste des prix des métaux: Après avoir chuté en 2020, ils devraient afficher une remontée modeste en 2021, à la faveur de la reprise en cours de l’économie mondiale et de la poursuite des politiques de relance en Chine. Les prix des métaux risquent cependant d’être plus faibles qu’attendu dans un contexte de faible croissance mondiale prolongée.

■ Insécurité alimentaire/Prix agricoles: Ces derniers devraient augmenter légèrement en 2021, après une hausse estimée à 3% en 2020 et un déficit dans la production d’huiles comestibles. Le spectre de l’insécurité alimentaire continue de planer sur plusieurs économies émergentes et en développement. Ces craintes sont motivées par l’impact de la récession mondiale sur les revenus, les problèmes de disponibilité de nourriture au niveau local et une offre de main-d’œuvre limitée par les restrictions imposées aux déplacements transfrontaliers. Plusieurs pays ont enregistré des pics d’inflation des prix alimentaires.

■ L’effet de la demande et des coûts sur les engrais: L’indice de la Banque mondiale a augmenté de 7% au troisième trimestre de 2020, après six baisses trimestrielles consécutives. Cependant, la hausse n’a pas été généralisée. Les prix de l’urée et du phosphate ont considérablement augmenté, sous l’effet d’une demande robuste et des coûts des intrants plus élevés. En revanche, les prix de la potasse (chlorure de potassium) ont chuté pour le troisième trimestre consécutif. Les prix des engrais devraient être inférieurs d’environ 10% en moyenne en 2020 tandis qu’une légère augmentation d’environ 3% est prévue pour 2021. Les risques à la hausse pour les perspectives comprennent les perturbations de l’approvisionnement, en particulier l’impact de l’immobilité de la main-d’œuvre due à une deuxième vague prolongée de Covid-19. Tandis que les risques à la baisse incluent des coûts d’intrants plus faibles.

                                                                             

Impact des politiques de relance

«La pandémie de Covid-19 n’a pas eu un impact uniforme sur les prix des produits de base et elle risque d’avoir des répercussions durables sur les marchés énergétiques», souligne Ayhan Kose, vice-président par intérim du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions et directeur du groupe Perspectives. Et d’ajouter: «Les politiques de relance peuvent amortir un déclin des prix lorsqu’il est de courte durée. Toutefois, lorsque les cours restent bas pendant une période prolongée, les responsables publics doivent trouver des solutions qui permettront à leurs économies de s’adapter sans heurt à une situation appelée à devenir la norme». «En raison de la Covid-19, les pays émergents et en développement exportateurs de pétrole ont été confrontés plus tôt à cette nouvelle normalité. Dans le monde post-pandémie, ils doivent agir plus énergiquement pour réduire leur dépendance aux revenus pétroliers…», dit-il.

Fatim-Zahra TOHRY

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