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Economie

Tourisme: Les pistes de relance des professionnels de Fès-Meknès

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5852 Le 28/09/2020 | Partager
Ouvrir les frontières et reprendre les vols internationaux d’abord
Agir en urgence pour éviter les faillites
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2020 est certainement la pire année du tourisme mondial. La destination Maroc baigne dans cette crise depuis mars dernier. Les professionnels du tourisme sont à bout de souffle. «Encore quelques mois et le secteur s’effondre comme un château de cartes», alertent-ils. Pour y remédier, «il faut agir efficacement et rapidement… Ceci, afin d’éviter le marasme social», conseille Omar El Marrakchi, secrétaire général de l’Association Fès-Saïss, initiateur de plusieurs activités socioculturelles et économiques. Décryptage.

■ Le diagnostic est «terrible»
La région Fès-Meknès vit notamment du tourisme. Avec ses deux villes impériales, Fès et Meknès, inscrites au patrimoine universel de l’Unesco, cette destination appelée «Maroc centre» développe un tourisme culturel, écologique, et solidaire à Taza, Sefrou, Ifrane, et Taounate. Mais l’annulation de l’ensemble des évènements de promotion locaux, régionaux, nationaux et internationaux a eu un «terrible» impact sur ce territoire à forte charge historique et culturelle. «Les activités touristiques font travailler celles de l’agriculture (restauration), l’artisanat, le transport, le commerce, l’événementiel… Bref, notre secteur, qui alimente une bonne partie de l’économie locale, régionale et nationale (devises), se trouve aujourd’hui fortement impacté par la crise Covid. Il est de plus en plus sinistré», déplore Aziz Lebbar, président du Conseil régional du tourisme (CRT-Fès). Selon lui, un climat d’incertitude menace hôteliers comme propriétaires de maisons d’hôtes et guides-accompagnateurs. «Certains n’ont plus de quoi manger», ajoute-t-il. Même son de cloche auprès de Hamza Benabdallah, trésorier de la CCIS pour qui «les propriétaires des maisons prêtes à louer sont au bord de l’asphyxie. Il faut agir urgemment, exercer le pouvoir de pression des parlementaires de la région sur le gouvernement pour sortir rapidement les décrets d’application du plan de relance économique».
«Aussi, il est vivement recommandé d’appuyer le plan Rénovotel afin de mettre à niveau les établissements touristiques, à l’instar des réalisations de la région du Souss», renchérit Benabdallah.

■ Annulation d’événements: Un cauchemar!
Avec 100% d’annulation d’évènements, Fès-Meknès n’a pas tenu son Salon International de l’Agriculture de MekneÃs (SIAM), ses festivals de musiques sacrées et andalouses, de Ifrane, de diplomatie culinaire… Sa fête des cerises, son tournoi de golf… Même le Fès Meknès Economic Forum et la rencontre des villes jumelées avec Fès n’ont eu lieu, y compris en mode virtuel. Ces annulations d’événement sont qualifiées par les opérateurs du tourisme d’un véritable «cauchemar». Pour leur part, les commerçants de la médina décrivent une situation chaotique. «Nous ouvrons à 11H pour fermer vers 16H.
La plupart du temps, personne ne vient acheter», regrette l’un d’entre eux, qualifiant la situation de «dramatique». Notons que le Covid a aussi engendré l’arrêt  temporaire du programme d’aménagement des parkings, de réhabilitation des espaces publics et d’installation d’un dispositif d’information dans la médina de Fès.
Il en est de même pour le programme complémentaire de mise en valeur de 113 sites de l’ancienne médina, ainsi que ceux de la réhabilitation de 54 sites, et de la valorisation des activités économiques et d’amélioration du cadre de vie (1.197 sites).

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■ Les dix principales recommandations de la reprise
Pour les professionnels du tourisme, les principales mesures et recommandations de la relance concernent essentiellement la reprise du transport aérien, la mobilité inter-ville et la maîtrise de la situation sanitaire. Concrètement, les opérateurs veulent accélérer la mise en œuvre des projets structurants du secteur touristique: palais des congrès, animation de la place Boujloud, etc.
Pour eux, il faut également assurer l’ouverture des sites historiques et culturels aà titre gratuit pour renforcer l’offre touristique et relancer la dynamique. A cela s’ajoute une nouvelle conception du tourisme de la destination. «Il faut développer des formules touristiques packagées complètes (circuit dans l’arrière pays, ancienne médina...) pour remplacer les circuits courts qui ne mettent pas suffisamment en valeur les potentialités touristiques de la région», proposent-ils. Mettre en place une ligne de transport directe entre l’aéroport Fès-Saïss et le centre ville de Fès, «designer» et marketer les produits du terroir de la région (miel, huile d’olive, etc.) dans une logique de valorisation de produit, et commercialiser les produits de l’artisanat via des kiosques dédiés dispatchés au sein des villes, figurent parmi les recommandations. «Il faut développer un concept gastronomique autour de la cuisine traditionnelle et l’histoire des villes de la région (s’inspirer de l’expérience péruvienne), et lancer des campagnes de communication digitales pour valoriser les produits culinaires régionaux, notamment à destination des marchés à fort potentiel (exemple de l’huile d’olive pour le marché USA)», rapporte Yassine Tazi, directeur du CRI lors de la restitution des travaux des commissions sectorielles.

                                              

Les exportations artisanales s’effondrent

L’arrêt complet des activités artisanales et la fermeture des espaces de production et de commercialisation pour la plupart des acteurs (mono artisans, coopératives, TPE & PME), se sont soldés par un recul des exportations artisanales de l’ordre de -68% pendant les mois d’avril et de mai 2020, en comparaison avec les mêmes mois en 2019. Ainsi, pas moins de 36.000 espaces de production et de commercialisation de l’artisanat ont baissé leurs rideaux. Ce qui a engendré une perte de 100% de leur CA estimé à 35 millions de DH. Si pendant le confinement, 20.000 artisans dont mécaniciens, tôliers, électriciens, plombiers, fours traditionnels…, avaient repris, cette reprise s’est accompagnée d’une chute d’activité chez plusieurs artisans de cette catégorie, causée par des difficultés de redémarrage (accumulation des charges fixes: eau, électricité, loyer...), outre l’absence de clients et d’alternatives de circuits de commercialisation.

Youness SAAD ALAMI

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