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Economie

Événementiel: Des voix témoignent sur «l’horreur» économique

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5845 Le 17/09/2020 | Partager
Arrêt d’activité, difficultés financières, annulation de festivals...
Des agences qui n’ont pas facturé un dirham depuis mars 2020
Un effet dévastateur sur le tourisme d’affaires et les spectacles

Les timbres de leurs voix transmettent «l’horreur» que vivent les agences associant voyage et événementiel. «Nous sommes complètement à l’arrêt depuis mi-mars 2020 puisque les frontières sont fermées. Il n’y a pas eu de licenciement économique malgré cette situation très critique», confie Nezha Amrani, DG de Liberty International Morocco. Cette agence de voyages est spécialisée dans le tourisme d’affaires (MICE).

Hormis le cas inédit de la compagnie aérienne RAM, le licenciement économique demeure une «procédure qui n’est pas très acceptée» aussi bien chez les autorités locales qui doivent l’avaliser que les salariés et leurs familles qui doivent la subir.
Ce thriller économique s’accentue depuis la déclaration d’urgence sanitaire il y a six mois.

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Un des studios du centre de musiques actuelles, Le Boultek à Casablanca. Ce lieu incontournable de la scène musicale est à l’arrêt. Ni concerts, ni répétitions, ni résidences  artistiques à cause des risques sanitaires du coronavirus. L’annulation de festivals et d’autres événements a accentué les difficultés financières du secteur de l’événementiel et de la culture  (Ph. L’Economiste)

Le gouvernement vient de décréter la reconduction du confinement jusqu’au 10 octobre 2020. Casablanca a été fermée «du jour au lendemain».Sa quatorzaine va durer jusqu’à mi-septembre. Marrakech la sinistrée est toujours confinée (voir encadré). «Les trois quarts de ses hôtels ont baissé leurs rideaux. Vu la situation épidémiologique, comment un touriste pourrait s’aventurer dans notre pays?» se demande le management de Liberty International Morocco. Le risque de s’y retrouver bloqué persiste.
L’Etat a certes relativement allégé les mesures d’accès au territoire.

L’exécutif a mis aussi la main à la poche: 2.000 DH d’indemnité Covid-19 par salarié déclaré à la sécurité sociale. Sauf que l’inactivité des opérateurs du tourisme d’affaires et d’événementiel perdure. «Les agences membres de notre association professionnelle, Moroccan Travel Management Club (MTM Club), continuent de verser à leurs collaborateurs 50% de leurs salaires nets. Les entreprises s’endettent également pour faire face à leurs charges. Mais jusqu’à quand vont-elles tenir le coup? Nous avons épuisé toutes nos réserves et il n’y a pas de visibilité. Que faire après fin 2020? Nous sommes dans une réflexion pour la reprise malgré des décisions officielles contradictoires», affirme le président de MTM Club, Azzedine Skali. L’une de ses consœurs n’écarte pas le scénario de «faillites à partir d’octobre 2020». «Les gens vont se retrouver à la rue. Cela fait peur», s’inquiète Nezha Amrani depuis Marrakech. A l’instar d’autres secteurs, les opérateurs du tourisme d’affaires et d’événementiel témoignent sur l’endettement en hausse, le manque de visibilité, la difficulté d’obtenir des prêts, comme celui de Damane, auprès des banques... 

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Les entreprises de  l’information & communication exportatrices de leurs services ont réduit 60% de leurs emplois contre 40% pour celles qui ne font pas d’export, relève le Haut commissariat au plan (HCP)  

Kenza Alaoui fait part à son tour de l’horreur économique où sombrent les entreprises. Celles du secteur de l’événementiel où elle travaille sont à l’arrêt total de leurs activités depuis mi-mars 2020. «Au mieux, les agences ayant un service de communication digitale enregistrent une baisse d’au moins 80% de leurs chiffres d’affaires. Nous n’arrivons même plus à faire des projections. Certains événements ont été reportés puis annulés finalement», affirme la co-fondatrice de l’agence MICE. Notre interlocutrice cite l’exemple du Festival international du film de Marrakech, le Tanjazz, le Salon international du cheval organisé à El Jadida... «C’est une lutte à laquelle on ne voit pas d’issue. Il n’y a pas d’événements qui tombent sans une programmation et organisation préalables». L’effet dévastateur du coronavirus sur l’événementiel se confirme avec une nouvelle annonce, celle du 5 septembre. L’Association EAC-L’Boulvart annule son édition 2020 du Festival de musique actuelle, L’Boulevard à Casablanca. Trois autres de ses événements sont concernés: «Street-art Sbagha Bagha à Casablanca et Jidar, toiles de rue à Rabat».

«Les structures spécialisées et de petites tailles ont développé une agilité. Par contre, les grosses machines de l’événementiel ont facturé zéro dirham depuis le début du confinement. L’heure est grave. Très grave», insiste une professionnelle.

                                                                                            

Une région sinistrée

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La région de Marrakech-Safi est l’une des plus sinistrées. La ville vit en grande partie grâce aux tourisme et événements internationaux qu’elle abrite. Marrakech est confinée depuis mars 2020. En étant maintenue dans la zone épidémiologique critique, elle n’a pas profité de l’allégement des mesures de l’état d’urgence sanitaire durant cet été.
«Le secteur de l’événementiel accuse évidemment un coup très dur. Tous les spectacles artistiques ont été annulés. Il est difficile d’établir une programmation dans ce contexte sanitaire. Or, un spectacle culturel exige la présence du public pour interagir avec les artistes. Le cas de la place Jamaâ El Fna est éloquent», déclare Touria Ikbal, présidente de la Commission de l’action culturelle de la région Marrakech-Safi.
A-t-on un plan pour atténuer les effets de cette crise sanitaire? La responsable régionale évoque «la réadaptation de la stratégie culturelle» et son volet budgétaire. Elle ne souhaite pas donner de détails sur «la stratégie en cours d’élaboration» et «n’a pas en tête le montant du budget» alloué aux effets du coronavirus!

F.F.

 

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