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International

Presse allemande: Le détail d'un plan d'aide qui divise

Par Amin RBOUB | Edition N°:5836 Le 04/09/2020 | Partager
Un sujet tabou qui relance le débat sur l'indépendance des médias
Les modèles scandinave, autrichien, suisse...
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Malgré la crise des médias en Allemagne, des éditeurs sont réticents à  l'idée de recevoir des fonds publics et des subventions de l'Etat. «Ils craignent de perdre leur indépendance ou du moins leur crédibilité journalistique auprès de l'opinion publique» (Ph. P.A.)

Juste après l'annonce d'un vaste plan d'aide à la presse française (cf. L'Economiste du 2 septembre, n°5834), l'Allemagne s'apprête également à débloquer des financements aux médias. En effet, l'Etat allemand compte financer à hauteur de 220 millions d'euros la transformation numérique de la presse au cours des prochaines années.

Pour l'heure, les modalités de ce dispositif d'aide  ne sont pas encore fixées entre le ministère des Affaires économiques et les éditeurs. Et c'est la première fois dans l'histoire de la République fédérale d'Allemagne que le gouvernement décide d'injecter de l'argent dans des entreprises de presse et des médias privés.

Il va sans dire, l'industrie de la presse allemande, à l'instar du reste du monde, se plaint depuis des années de la viabilité du modèle économique, de la chute des ventes et des tirages ou encore de l'effondrement des recettes publicitaires. En même temps, nombreux sont les éditeurs réticents à l'idée de recevoir des fonds publics et des subventions de l'Etat.

«Ils craignent de perdre leur indépendance ou du moins leur crédibilité journalistique auprès de l'opinion publique».  Il faut dire que le modèle allemand est assez particulier avec une «stricte séparation» entre la presse et l'Etat. Aux yeux de l'opinion publique, cette frontière n'est pas négociable. Et c'est ce qui fait la force et la crédibilité des journaux allemands. Selon des éditeurs, «il serait naïf de supposer que la politique n'a absolument aucun intérêt à influencer les médias en sa faveur».

Selon des études récentes, la majorité des allemands considère que les règles éthiques de répartition des subventions ne seront pas transparentes. Plus encore, ils sont convaincus que «cela va nécessairement nuire à l’indépendance journalistique». Non loin, en Autriche, la situation est tout autre. Les éditeurs autrichiens de journaux, y compris les tabloïds populaires, bénéficient de publicités du gouvernement et des entreprises liées au gouvernement.

L’Etat autrichien accorde non sans fierté 178 millions  d'euros aux médias. A lui seul, le «Kronen Zeitung» a reçu environ 20 millions d'euros en 2018. Mieux encore, le support a remercié le gouvernement «Kurz» avec une couverture plutôt sympathique de l’actualité du chancelier autrichien.

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Une chose est sûre, le modèle scandinave reste une référence solide. D'ailleurs, les chercheurs et experts en médias aiment se référer à l'expérience des pays nordiques. En Scandinavie, il y a eu des programmes de financement publics intensifs depuis des années. 

N'empêche, la Suède, la Norvège et le Danemark sont toujours en pôle position dans les classements mondiaux en termes de liberté de la presse. En Suisse, le financement public de la presse est un terme générique car il regroupe des aides données pour la distribution de la presse, le chômage partiel (période Covid-19), les prêts étatiques (période Covid-19) ou encore des communications publicitaires achetées par les cantons ou les villes.

De manière générale en Europe, plusieurs variantes d'aides étatiques se déclinent sous forme de subventions à coups de millions d'euros. En Suisse, des études récentes, commanditées par le gouvernement,  ont comparé plusieurs systèmes de financement européens.

«Il faut le voir de manière pragmatique», déclare un chercheur des médias à Fribourg. Selon cet expert: «Cela n’arrêtera pas la crise médiatique. Mais cela a longtemps contribué à maintenir une certaine diversité, en particulier sur les petits marchés. Maintenant, cela ne fait que contribuer à la survie de ceux qui sont encore là».

                                                            

Baromètre 2020

Selon une étude récente en Allemagne, «en 2020, les éditeurs s’attendent à des taux de croissance à deux chiffres pour les revenus liés aux versions électroniques, aux contenus payants, ainsi qu’au nombre de nouveaux abonnés numériques». De leur côté, les recettes publicitaires numériques continueront également à augmenter (+7% en 2020). En revanche, les recettes publicitaires et les abonnements à la presse écrite traditionnelle devraient baisser (- 4 %), avec des recettes stables provenant de la vente de journaux imprimés.

                                                            

Contenu payant

Les conclusions des études sur l'avenir des médias en Allemagne sont unanimes: «Tous les éditeurs en sont conscients, le contenu payant est essentiel pour le nouveau modèle!». D'ailleurs, 98 % des éditeurs attachent la plus grande importance aux contenus payants car ce seront bien les revenus liés à la vente de contenu numérique qui assureront l’existence de l’entreprise. Pour un tiers des médias qui n’ont pas encore introduit de paywall, ils prévoient de le faire dans les cinq prochaines années.

A.R.

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