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Economie

Conjoncture: La morosité règne parmi les secteurs productifs

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Le tourisme perd 60% de nuitées à fin juin
De bons signes pour le phosphate et dérivés
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Lors du premier trimestre, la croissance de sa valeur ajoutée du secteur industriel a pratiquement stagné: 0,6% contre 2,9% à fin mars 2019. L’impact de la pandémie a affecté aussi bien la production que la demande intérieure et extérieure du secteur

Pas encore d’éclaircies pour l’économie. Au premier semestre, tous les secteurs d’activité restent orientés à la baisse. Certains accusant des contre-performances assez prononcées. C’est le cas des secteurs de l’industrie, du tourisme et du BTP. L’analyse de la Direction des études et des prévisions financières relève toutefois que «l’impact négatif de la pandémie aurait été partiellement compensé par les mesures prises par les pouvoirs publics». Ce qui a permis de favoriser la demande intérieure, via notamment la consommation des administrations (dépenses engagées par le Fonds Covid-19). Ceci, sans aucun effet sur l’investissement dont la trajectoire s’inscrit en régression. Pour preuve, le recul des achats des biens d’équipement, de demi-produits et des  activités immobilières. Ce qui s’est traduit par la baisse des importations.   
Par ailleurs, malgré la chute des recettes touristiques et des transferts des MRE, les avoirs officiels de réserve ont représenté l’équivalent de 6 mois et 20 jours d’importations de biens et services. Ceci, bien évidemment, grâce au tirage sur la Ligne de précaution et de liquidités, reconduite en avril dernier.
En ce qui concerne les finances publiques, les recettes ordinaires ont fortement baissé sur la première moitié de l’année, se traduisant par un creusement du déficit budgétaire de 65%. 
La note d’optimisme vient toutefois du financement de l’économie. Selon la DEPF, «les crédits bancaires se sont accélérés à fin mai, portés, particulièrement, par les facilités de trésorerie et les prêts à l’équipement». C’est l’effet de la réduction du taux directeur de la banque centrale.

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Les prix du phosphate brut ont atteint 75 dollars la tonne en juin, en hausse de 2,9% sur un mois et de 6% par rapport à leur creux de 12 ans en avril. Les cours du DAP ont rebondi de 3,8% en juin pour s’établir à 273 dollars la tonne, portant leurs gains à 14,6% depuis leur creux de 13 ans en décembre 2019

Derrière cette toile de fond, la dynamique de la reprise s’annonce plutôt lointaine pour la quasi-totalité des secteurs productifs. L’industrie, notamment manufacturière, peine à redémarrer. Sa valeur ajoutée a pratiquement stagné au premier trimestre. Et la tendance reste similaire, voire orientée à la baisse sur le second trimestre. Le secteur étant confronté aux contrecoups de la pandémie aussi bien en ce qui concerne la demande intérieure qu’à l’export. Cependant, quelques branches font preuve d’une certaine résilience. C’est ce qui ressort des  résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib auprès du secteur manufacturier. 
Par branche d’activité, la production aurait progressé dans le secteur de la chimie et parachimie, stagné dans celui de l’agroalimentaire, de la mécanique et métallurgique et baissé dans les textiles et cuir ainsi que l’électricité et l’électronique. S’agissant des ventes, elles auraient accusé globalement une baisse tant au niveau local qu’étranger. Le recul des ventes aurait concerné l’ensemble des branches à l’exception de l’agroalimentaire où elles auraient plutôt stagné. 
Concernant le taux d’utilisation des capacités de production (TUC), il s’est accru de 9 points entre les mois d’avril et mai 2020, mais à un niveau qui demeure modéré: 56%  contre 75% un an auparavant. L’amélioration provient des  industries mécaniques et métallurgiques et de la chimie et parachimie. Des perspectives favorables sont par contre offertes à la valeur ajoutée du secteur extractif. En particulier avec le rebond des cours des engrais. (Voir encadré).  
En revanche, le secteur touristique fait figure d’ores et déjà d’activité sinistrée. Les quelques lueurs apparues du plan promotionnel du tourisme local viennent de se dissiper avec les nouvelles mesures d’interdiction de circulation entre huit villes. Or, le secteur se démarquait par un bilan catastrophique sur le premier semestre. A fin juin dernier, le nombre des arrivées s’est fondu de 64% et celui des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés de 59%. De leur côté, les recettes touristiques ont plongé de 29,3% au terme des six premiers mois. 
D’après l’Organisation mondiale du tourisme, l’introduction quasi universelle de restrictions de voyage a conduit à une chute des arrivées de touristes internationaux de 97% au cours du mois d’avril 2020. Compte tenu d’une autre baisse de 55% au mois de mars, le nombre de ces arrivées s’est réduit de 44% à fin avril 2020, parallèlement à une perte des recettes touristiques internationales de 195 milliards de dollars au cours de la même période. 

 

Pétrole: La demande mondiale en berne  

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Les cours du pétrole (Brent) se sont établis à 40 dollars le baril en moyenne en juin, en hausse de 29% sur un mois et de 71% depuis leur creux d’avril (23 dollars), ramenant ainsi leur baisse à 39% depuis début 2020. Sur le premier semestre, les prix moyens du Brent ont atteint  41 dollars, en baisse de 38% en glissement annuel. Cette baisse s’explique par un fort repli de la demande mondiale dans un contexte marqué par une abondance de l’offre. 
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de pétrole a enregistré un fort repli au deuxième trimestre 2020 (-16,3 millions de jauge brute), affectée par le confinement de la population et les perturbations de l’économie mondiale. Elle devrait, toutefois, se redresser progressivement sur le second semestre, en lien avec la reprise de l’activité économique post-confinement. 
Pour l’ensemble de l’année 2020, la demande mondiale de pétrole devrait diminuer de 7,8 mbj, avant de rebondir en 2021, selon l’AIE. Toutefois, une résurgence du Covid-19 constitue un facteur de risque majeur pour la demande pétrolière.
A.G.

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