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Economie

Concentré de tomate: Comment a-t-on lâché l’activité

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5808 Le 21/07/2020 | Partager
D’exportateur, le Maroc devient importateur net
Grande mutation dans la production de la matière première
Huit usines de transformation ont jeté l’éponge
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Pourquoi l’industrie du concentré de tomate s’est-elle inscrite en perte de vitesse. La question est d’actualité brûlante alors que le gouvernement inaugure sa politique de substitution/import. De pays à fort potentiel export, il y a deux décennies, le Maroc est aujourd’hui importateur net de ce produit aux multiples utilisations.

Double ou triple, le concentré de tomate est en effet utilisé par l’industrie de la conserve du poisson, la restauration collective et par la ménagère pour les divers plats à base de pâtes, du riz. Et bien évidemment dans l’incontournable «Harira» pendant le mois du Ramadan.  

Quelques jours avant et durant ce mois, au moins cinq grandes marques se disputaient le marché du concentré de tomate à coups de messages publicitaires. Et pour cause! Pas moins de 60% de la production étaient consommés durant le mois du jeûne, soit 12.000 à 15.000 tonnes. Le reste s’orientait vers l’industrie de la conserve de poisson. Il y a également deux décennies, le Maroc exportait le concentré de tomates, notamment sur les pays de l’Union européenne.

Une entreprise installée dans la région de Larache s’était même spécialisée dans la production de la tomate en poudre et dont la totalité était exportée sur le marché américain. Cette entreprise cultivait la tomate industrielle sur ses propres terres et passait des contrats de culture avec des agriculteurs de la région.

Sur l’Europe, l’export portait, outre le concentré, sur le jus et la tomate entière pelée. Aujourd’hui de nouvelles spécialités ont été développées au Maroc comme le ketchup, les sauces et le jus. Mais, elles sont fabriquées pour l’essentiel à partir de matières premières d’importation.

L’import du concentré de tomate est devenu régulier depuis une décennie. Selon les estimations des conserveurs de poissons, les volumes varient entre 10.000 et 15.000 tonnes/an. Ces quantités sont acquises en concurrence entre les transformateurs de la tomate industrielle et les conserveurs de poisson. L’essentiel provient de 5 pays: l’Egypte, l’Italie et la Chine, et dans une moindre mesure, le Portugal et les Etats-Unis.

Pour le moment aucune indication précise n’est fournie sur le niveau de la production locale. Ce qui est sûr, le nombre d’usines a été fortement réduit: 4 usines contre une douzaine, il y a deux décennies, selon la Ficopam (Fédération des industries de la conserve de produits agricoles du Maroc).

Par le passé, la majorité des usines s’approvisionnait auprès des stations de conditionnement ou sur les marchés de gros. Cette possibilité n’est plus permise. Pour la simple raison que les variétés produites sous serre ne sont consommables qu’à l’état frais. Pour s’adapter aux exigences des marchés d’exportation, les primeuristes ont introduit et développé des variétés dites «long life».

Celles-ci ont le mérite de supporter le voyage sur de longues distances sans que la qualité soit altérée: fraîcheur et coloration. Mais elles ne se prêtent pas à la transformation. Résultat, les usines qui continuent de tourner assurent leur approvisionnement via la conclusion de contrats de cultures avec des agriculteurs.

Certaines unités ayant même opéré une intégration verticale en produisant leur propre matière première sur des terres acquises dans le cadre du partenariat public-privé autour des terres de l’Etat. Au total, la production de la tomate industrielle est estimée à 100.000 tonnes pour une superficie de 5.000 ha.

Objectif: 100.000 tonnes en 2020

Le plan Maroc Vert tablait sur une production de tomate industrielle de l’ordre de 700.000 tonnes, soit l’équivalent de 100.000 tonnes de concentré. Pour obtenir un kilo de concentré il en faut 7 de tomate fraîche. Mais visiblement cet objectif n’a pas été atteint. L’import massif à partir d’Egypte et de Chine, combiné au coût élevé de l’emballage métallique, sont cités parmi les contraintes. De plus, le niveau de consommation reste assez faible. Pour le moment, le Marocain consomme ½ kilo par an contre 72 en Grèce, 38 en Espagne et en Italie et 18 en France.

Le marché en chiffres

  • 4 usines contre 12, il y a 20 ans
  • Production: Entre 12.000 et 14.000 tonnes/an
  • Consommation: Entre 12.000 et 15.000 tonnes/an
  • Consommation concentrée à raison de 60% sur le mois du jeûne
  • Import: Entre 10.000 et 15.000 tonnes par la conserve de poisson
  • 3 pays prédominent à l’import: La Chine, l’Egypte et l’Italie

A.G.

 

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