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Tribune

Covid-19/Enseignement supérieur: Quels arbitrages entre cours à distance et les cours en présentiel

Par Ghizlane SALAM | Edition N°:5775 Le 04/06/2020 | Partager

Ghizlane Salam est docteur en économie et gestion, professeur de l’enseignement supérieur à l’Université Hassan II de Casablanca, ex-chargée de la coopération internationale au ministère de l’Industrie et du Commerce

La pandémie du Covid-19 au Maroc a eu plusieurs répercussions, comme partout dans le monde, à la fois économiques, politiques et sociales. Dans ce sens, le pays a mis en place une série de décisions urgentes pour combattre la propagation du Covid-19. Ces décisions ont touché tous les secteurs vitaux de la vie, notamment le secteur de l’enseignement supérieur.

Les autorités publiques ont lancé des mesures préventives exceptionnelles, en incitant les établissements de ce secteur à annuler les cours en présentiel (qui ont tendance à perdre leur éclat face à la digitalisation), et les remplacer par des formations à distance, dont le but est d’assurer la continuité d’activité pédagogique en cette période de crise.

Cette nouvelle donne était un challenge pour les professeurs et les étudiants. Après plus de deux mois, les étudiants (avec ou sans accès à l’internet) se trouvent dans l’obligation de suivre leurs cours à distance, en se basant sur plusieurs supports cours: présentations PPT, document Word ou PDF, cours interactif via des plateformes sur internet (Zoom, Meet, Teams, site de l’université…), vidéo enregistrée…

Les professeurs, à leur tour, ont montré leur capacité à la fois préventive et pédagogique. Ils étaient appelés, dans l’urgence, à orienter toutes leurs méthodes de communication classiques vers d’autres nouvelles formes numériques, avec les moyens et compétences dont chacun dispose. Arrivons à ce stade, plusieurs questions me viennent à l’esprit notamment celles relatives à l’avenir de l’enseignement supérieur au Maroc après le Covid-19.

Les TD (travaux dirigés), par exemple, continueront-ils à se dérouler dans les mêmes conditions classiques? Quelle serait la meilleure forme des cours magistraux dans l’avenir? Est-ce que l’écrit aura toujours sa place? Est-ce que l’audiovisuel pourrait remplacer les polycopies écrites?

Je pense que l’avenir de l’enseignement supérieur au Maroc est dans le développement de l’université virtuelle. Cela suppose la mise en place de bonnes bases pédagogiques et techniques.

Commençons par les professeurs. Ont-ils déjà profité des formations dans l’utilisation des outils numériques? Sont-ils aptes et préparés à franchir le pas vers un nouveau mode d’apprentissage? Qu’en est-il du coût de formation? Comment calculer le ROI (retour sur investissement)? En fait, les ressources humaines restent toujours le véritable défi à relever.

En ce qui concerne les étudiants, ne serait-il pas rationnel d’impliquer des outils de communication numériques dans les programmes universitaires? Je pense que, pour gagner cet engagement, il faut profiter de cette génération du digital. La majorité des étudiants d’aujourd’hui accèdent aux universités et écoles d’enseignement supérieur avec des comptes Facebook, Instagram, LinkedIn…

Un énorme background en numérique est déjà acquis, et sur lequel il faut capitaliser pour démarrer un nouveau modèle de formation à distance propre au Maroc. Un modèle qui prend en considération et les atouts dont disposent les universités marocaines, et la perception de la formation à distance par les étudiants et les professeurs.

Projets collaboratifs

Avec toutes ces suppositions digitales qui nous semblent réalistes et faisables, la formation en présentiel demeure à bien des égards le vecteur incontournable de la transmission du savoir. Il est vrai que l’avenir est dans la digitalisation qui s’impose pour devenir une nécessité irremplaçable. Autrement dit, ne pas utiliser les privilèges qu’offre le numérique aux universités actuellement, c’est continuer à travailler avec une bougie après l’invention de l’électricité. Mais je pense que le contact professeur-étudiant est un élément essentiel. Il faut garder cet aspect humain et relationnel. Aujourd’hui on parle de digitalisation, d’apprentissage à distance, du e-learning… mais il ne faut pas effacer cette partie humaniste entre professeurs et étudiants, et même entre les étudiants eux-mêmes. Il faut créer des projets collaboratifs, des travaux et recherches en groupe, qui permettent de maintenir et entretenir ces relations humaines.

 

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