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Tribune

La mondialisation pour lutter contre le Covid-19

Par Brahim Fassi-Fihri | Edition N°:5775 Le 04/06/2020 | Partager

Issu d’une grande famille de serviteurs de l’Etat et du Trône, diplômé de Sciences Po à Montréal, Brahim Fassi-Fihri est président-fondateur de l’Institut Amadeus. Amadeus organise chaque année les célèbres MEDays de Tanger, centrés sur l’Afrique ou la Méditerranée. L’été dernier le think tank a publié «100 propositions pour un modèle de développement national durable, juste, inclusif et innovant», à trouver sur le site (Ph. L’Economiste)

Rien, absolument rien, et encore moins les outils de coopération issus des mécanismes multilatéraux post-Bretton Woods, n’a pu empêcher la propagation, planétaire, d’un virus né en Chine.

Importantes fragilités

La mondialisation, sous ses différentes formes dont la libre circulation, est pointée du doigt. Il est indéniable que l’effet papillon – un badaud qui se nourrit vraisemblablement d’un pangolin acheté sur le marché de Wuhan entraîne des dizaines de milliers de morts à travers le monde, ou plutôt l’effet domino, causé par une épidémie partie de Chine devenue une pandémie présente dans plus de 170 pays, reflètent l’interdépendance économique induite par la mondialisation. Or, de tout temps, c’est cette même interdépendance économique qui a causé les pandémies les plus meurtrières de l’Histoire.
Les tenants de la dé-mondialisation ont de beaux jours devant eux grâce au coronavirus. La mondialisation, telle qu’on la connaît aujourd’hui, telle qu’on la vit, doit être fortement repensée. Nous nous pensions à l’abri d’un tel questionnement, seulement effleuré lors de la crise financière de 2008 et si vite oublié depuis.
Le Covid-19, lui, nous démontre, tous les jours davantage, que les socles sur lesquels repose notre société de consommation, présentent d’importantes fragilités. Cette pandémie nous révèle leur ampleur tout autant qu’elle souligne les limites d’une absence de régulation du marché ou d’économies trop interdépendantes et trop interconnectées, y compris lorsqu’il s’agit de santé publique.

Le capital et le travail bousculés

La crise sanitaire mondiale sans précédent, une crise qui touche l’Homme, bouleverse les lois du marché. Mais également les principes de base de l’économie, le capital et le travail.  En l’absence de traitement et de vaccin contre le Covid-19, le confinement obligatoire reste à ce jour le seul dogme préventif afin d’empêcher la saturation des systèmes nationaux de santé. Pour l’ensemble de ces raisons, la crise sanitaire a des répercussions économiques et sociales, au moins toutes aussi importantes que celles vécues lors de la crise de 1929.
Sauver l’économie ou sauver des vies? Telle est l’équation ou le dilemme auxquels font face de très nombreux dirigeants, d’où le tâtonnement ou les contradictions.
Les Etats s’interrogent sur la pertinence du confinement ou sur la nécessité de le lever au plus tôt, ont choisi d’injecter de très grosses sommes, beaucoup plus qu’en 2008. La crise de 2008 et celle de 1929 venaient de la finance, soit du système économique lui-même. La crise économique actuelle, issue d’un choc sanitaire, n’est pas systémique, même s’il met en lumière de nombreuses fragilités.
L’absence de concertation internationale (chaque pays) pousse à s’interroger sur le caractère obsolète des mécanismes du multilatéralisme face à ce défi. On voit le système international incapable d’endiguer la propagation. La communauté internationale est incapable d’apporter une base commune de réponses concertes. Les pays en détresse de l’Union européenne sont secourus par... la Chine.
La globalisation a été un facteur de pandémie et de récession économique.
Ce monde qui restera in fine globalisé, avec des ajustements. C’est à travers la mondialisation de la recherche médicale et à travers le multilatéralisme, la coopération entre nations, que les maux du Covid-19 seront combattus».

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La Corée du Sud n’a pas pratiqué le confinement. Elle suit électroniquement ses habitants et sait mobiliser beaucoup de travailleurs (Ph. Lib)

La santé dans le domaine régalien

Le coronavirus a brisé les chaînes de production et d’approvisionnement mondiales. Cette crise, met en relief l’absence de souveraineté nationale en matière de produits dits stratégiques ou vitaux. Et c’est essentiellement dans ce domaine qu’il y aura un «avant» et un «après».
Une Nation, ayant les moyens de se prémunir des pénuries de médicaments, d’appareils de santé, de produits sanitaires ou encore de tests de dépistage, n’osera sous-traiter ou déléguer à d’autres son approvisionnement en santé publique. Les stocks sanitaires publics, jadis décriés, seront encouragés et deviendront la norme.
Les investissements publics dans le secteur de la santé, qui doit pouvoir relever, au même titre que la défense ou de la sécurité, du domaine régalien de l’Etat se démultiplieront.

                                                                                  

Santé collective, liberté privée

Le dépistage à lui seul ne peut empêcher la diffusion et la propagation massive du virus. Il ne peut pas non plus permettre d’éviter le confinement. Il peut lorsqu’il est accompagné d’un contrôle strict et d’une traçabilité complète permettre d’accompagner la levée du confinement obligatoire. Pour éviter d’en arriver là, les Coréens disposaient d’une importante capacité de production de tests, héritée de l’expérience de ce pays lors des épidémies du SRAS et du MERS. Ils ont accepté de restreindre leur droit à la vie privée en permettant aux autorités d’avoir accès, à travers l’utilisation des données de leurs smartphones, avec leurs informations bancaires et de la méthode de «back tracking»...
La Chine met en place des mesures similaires pour éviter un redémarrage de l’épidémie. En l’absence de solution sanitaire, la restriction des libertés, contribution volontariste à un effort collectif, semble être le seul système valable et efficace.
Au-delà des sacrifices économiques et des nombreuses pertes en vies humaines, cette crise sanitaire sans précédent impose aujourd’hui une restriction momentanée des déplacements et des contacts et imposera sans doute demain, dans les pays les mieux organisés et les mieux équipés, une limitation, sans doute plus durable, du droit à la vie privée.
C’est le lourd tribut à payer lors de cette guerre mondiale contre un ennemi sans bannière, sournois et invisible.

                                                                                  

Gouverner c’est agir!

Gouverner c’est prévoir, mais face à l’imprévisible, gouverner devient agir. Face à cette crise il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises décisions mais seulement des décisions nécessaires, prises en conscience et en responsabilité dans un souci de préserver l’intérêt général. A travers cette crise, comme nul autre événement récent, le décideur public remet naturellement l’Humain au centre de ses actions et de ses décisions.
«Le monde ne sera jamais plus pareil». Oui, dans le bon sens, à condition que nous n’ayons pas la mémoire courte. Au cœur de la tempête, il est rassurant, même pour les plus libéraux d’entre nous, de voir se dessiner les contours d’un Etat-nation, d’un Etat social, d’un Etat interventionniste, d’un Etat dirigiste, d’un Etat protecteur et d’un Etat indépendant dans la nécessaire interdépendance.
Ce que nous voyons actuellement du Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, correspond, malgré les craintes et les angoisses légitimes liées à la pandémie du Covid-19, à ce que nous sommes en droit d’imaginer d’un modèle de développement plus juste, plus solidaire et plus équilibré, où l’Etat, garant des équilibres sociaux, des prestations sociales et des services publics, serait le maître du jeu au bénéfice du citoyen.

 

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