×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Exclusif - Export des masques: MHE donne son feu vert

Par Youness SAAD ALAMI - Radia LAHLOU - | Edition N°:5756 Le 07/05/2020
Partager
«Mais pas avant de constituer un stock de sécurité pour le Maroc», insiste le ministre de l’Industrie
Il est estimé à 15 millions de masques en tissu réutilisables
«Autorisation d’exporter 50% de la production si les intrants sont importés», ajoute-t-il
mhe-056.jpg
La stratégie de Moulay Hafid Elalamy a donné ses fruits. En un mois, le Maroc a atteint une production journalière de 7 millions de masques et s’apprête aujourd’hui à lancer l’exportation du masque en tissu «made in Morocco» vers l’Europe. Mais pas avant d’assurer un stock de sécurité pour le Maroc (Ph. L’Economiste)

Lueur d’espoir pour le tex­tile-habillement national. Après avoir bridé l’export des masques, Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie vient de lâcher du lest, mais à plusieurs conditions. «Tous les textiliens sont autorisés à exporter 50% de leur production en masques en tissu si les intrants sont importés», confie-t-il à L’Economiste.

Une condi­tion qui taraude les professionnels sachant qu’en achetant des tissus à l’étranger, il s’agit d’une sortie de devises, et sans valeur ajoutée 100% Maroc (amont et aval), les produits rapporteront aussi moins de devises. A cette question «pourquoi des ad­missions temporaires alors que les opérateurs pourraient utiliser le tissu marocain, certifié, pour exporter les 50% de leur output?», MHE répond: «pour le moment, il est réservé pour nous Marocains».

Une telle attitude se justifie par le besoin de sécuriser l’approvisionnement national. «Une fois le stock de sécurité, de l’ordre de 15 millions de masques en tissu, constitué, nous les autorisons tous à exporter», souligne le ministre de l’Industrie. Celui-ci précise que jusque-là, les seules demandes pro­viennent d’entreprises qui importent leurs tissus, et qui ont ainsi été auto­risées à exporter 50% de leur pro­duction».

Avant même cette annonce, les textiliens étaient déjà en ordre de bataille. Des consortia se sont créés afin de produire des quantités plus importantes en vue de garan­tir ce stock dans les délais les plus brefs. En imprimant une nouvelle cadence de production, pouvant peut-être même dépasser les 7 mil­lions de masques/jour, les opéra­teurs comptent bien réunir ce stock de sécurité dans les prochaines 48 heures. Cela étant, les autorités ne relâchent pas leur vigilance et sur­veillent de près les productions dans les usines.

Pour assurer ce redémarrage de l’industrie, des entreprises ont envoyé leurs échantillons (aux normes européennes) à des don­neurs d’ordre français et espagnols et n’attendaient que l’aval du dépar­tement de Moulay Hafid Elalamy (MHE) pour lancer ces opérations. La priorité étant donnée au marché national, le ministère de l’Indus­trie avait, dans un premier temps, interdit l’exportation de masques à l’étranger. La réactivité du secteur a été immédiate.

Près d’une soixan­taine d’unités se sont mises à la pro­duction des masques de protection pour satisfaire la demande nationale et envisager l’exportation pour ré­duire des pertes dues à la crise. De­puis près d’un mois, 7 millions de masques (au moins) sont produits au quotidien.

Cela dit, l’Etat vient de commen­cer, ce 6 mai, à réquisitionner les masques en tissu produits notam­ment à Fès, Tanger et Casablanca. «Dans un élan de solidarité, les tex­tiliens offrent même les masques aux départements étatiques au coût de revient (5DH), voire dans cer­tains cas à perte si l’on comptabi­lise les investissements mobilisés pour assurer la sécurité sanitaire des unités, et le transport du personnel, entre autres», explique un opérateur de Fès.

Ici, dix unités produisent quotidiennement jusqu’à 300.000 masques en tissu. A vrai dire, ces entreprises tournent au ralenti. Car, la plupart d’entre elles sont à moins de 30% de leur capacité de production. «Nous avons difficile­ment convaincu les ouvriers à re­venir dans nos usines pour toucher une prime d’à peine quelques cen­taines de DH de plus, alors qu’ils perçoivent l’indemnité de la CNSS (2.000DH) sans rien faire», déplore un industriel.

«Enfin, malgré tous les efforts, certaines unités ont reçu la commission du contrôle sanitaire venue en nombre imposant (une vingtaine de personnes) qui a passé au peigne fin leur activité, exposant ses remarques devant les ouvriers… certains parmi ces derniers ne veulent plus revenir», regrette-t-il. Et de conclure «haro sur le retour de la bureaucratie».

… et à l’informel

L’informel rebondit toujours quelle que soit la situation. A Casablanca, des petits ateliers de 5, 6 personnes travaillent toutes les nuits à fabriquer des masques en tissus qui ne répondent à aucune norme de sécurité (pas de certification d’Imanor), mais qui sont au demeurant très « créatifs ». Cette production serait écoulée, sous le manteau, entre 7h et 9h du matin au Garage Allal, heures où les autorités ayant veillé toute la nuit au respect du couvre-feu, relâchent plus ou moins leur vigilance. Les masques ne sont pas certifiés, mais pour ceux qui vont les acquérir, c’est toujours mieux que rien…

                                                       

Attention à la concurrence…

Alors que le Maroc se targue d’exporter des masques en tissu en Europe, les entreprises turques et tunisiennes sont déjà sur l’offensive. «Nos concurrents directs ont déjà commencé à livrer les centrales d’achat en Europe. Le textile-habillement marocain doit reprendre au plus vite. Autrement, nous risquons de perdre d’impor­tantes parts de marché», alerte un textilien. Selon lui, la confection des masques n’est qu’un tremplin pour lancer la vraie-machine, celle de la sous-traitance et du produit fini. En attendant, plusieurs en­seignes françaises veulent impor­ter le masque marocain réutilisable. Celui-ci devrait être proposé sur le marché national pour un prix allant de 5 à 9 DH. Le même masque coûterait un peu plus de 1,5 euro à l’export.

Y.S.A. & R.L.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc