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Economie

Comment la Délégation pénitentiaire gère le Covid-19

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5749 Le 27/04/2020 | Partager
Instauration d’un système de travail en deux équipes de 15 jours chacune
10.200 fonctionnaires pour près de 80.000 détenus
La prison de Ouarzazate mon­trée du doigt

La Délégation générale à l’ad­ministration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) n’est pas au bout de ses peines. Depuis la décou­verte des premiers cas de contami­nation au Covid-19, elle a renforcé les mesures préventives pour immu­niser la population carcérale.

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Les opérations de désinfection des prisons sont courantes. Sur la photo de droite, la sortie de détenus au lendemain de la grâce royale ayant permis de libérer plus de 5.654 personnes (Ph. Bziouat)

C’est dans cet esprit qu’elle a mobilisé ses services centraux et régionaux pour une application stricte des dispositions prises par les autorités sanitaires et administratives. Dès les premiers jours, elle s’est concentrée sur une désinfection régulière, en­globant tous les services, appliquée par des entreprises spécialisées dans le domaine. Elle a également pro­cédé à la distribution de masques suffisants aux fonctionnaires et aux employés des sociétés chargées de la restauration des prisonniers.

Elle a surtout exigé l’obligation de les porter. De même, la Délégation a fourni des vêtements de protection spéciale pour les fonctionnaires tra­vaillant dans les prisons, souligne un communiqué de la DGAPR, diri­gée par Mohamed Salah Tamek.

En dépit des efforts déployés en matière de communication à travers la publication régulière de commu­niqués de presse, cette structure fait l’objet d’attaques sur les réseaux sociaux, de rumeurs et de fake news sur d’éventuelles contaminations à la Covid-19, notamment dans les prisons locale et centrale de Kénitra, ainsi que celle de Souk Larbaâ.

En fait, selon la Délégation, il s’agit de mesures d’anticipation des autori­tés sanitaires pour s’assurer de l’ab­sence du virus au sein des établis­sements pénitentiaires. C’est pour cette raison qu'une prise d’échan­tillons a été réalisée parmi les fonc­tionnaires et les détenus de ces trois établissements pour effectuer des analyses en laboratoire, souligne un communiqué de presse.

En tout cas, la DGAPR a opté pour l’implication de l’opinion pu­blique dans ce qu’elle entreprend en matière de lutte contre la pandémie du Covid-19. Ainsi, elle a appliqué l’état d’urgence sanitaire à l’inté­rieur des prisons pour les détenus comme pour les fonctionnaires.

En pratique, elle a instauré le système de travail en deux équipes dont cha­cune travaille pendant 2 semaines successives. Un dispositif matériel et logistique a été mis en place pour permettre à chaque équipe de rester sur les lieux de travail durant toute la période. Une commission du ministère de la Santé procède à une analyse médicale de l’équipe qui s’apprête à terminer sa quinzaine et de celle qui se pré­pare pour prendre le relais.

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A la suite de cela, elle a em­pêché 137 d’inté­grer les établisse­ments de manière préventive. 93 d’entre eux ont été soumis au test du Covid-19 dont les résultats ont abou­ti à 3 cas infectés dans les rangs des fonctionnaires qui allaient prendre leurs services le 11 avril dernier dans la prison locale de l’Oudaya de Marrakech.

Un des fonctionnaires de cette équipe avait initialement informé l’administra­tion de son établissement qu’il était atteint. Les fonctionnaires affectés ont été soumis au protocole de trai­tement thérapeutique. Les autres ont fait l’objet de confinement sanitaire chez eux. Sachant que la population carcérale à travers le Royaume est estimée à 80.000 personnes et l’ef­fectif du personnel travaillant dans le secteur est évalué à 10.200 fonc­tionnaires.

■ La prison locale de Ouarza­zate fait parler d’elle: Les résul­tats partiels reçus des laboratoires au sujet des analyses effectuées sur des détenus de la prison locale de Ouarzazate a montré que 133 ont été affectés du Covid-19 sur les 309 dont les résultats sont arrivés. L’opi­nion publique sera informée des ré­sultats de l’ensemble des prisonniers et des fonctionnaires qui devaient reprendre le service, est-il indiqué.
 Sachant que le résultat du directeur par intérim désigné dernièrement s’est avéré négatif. Il a remplacé le prédécesseur accusé de n’avoir pas appliqué les consignes strictes de l’état d’urgence sanitaire. En pra­tique, l’administration a isolé tous les détenus affectés dans une aile spéciale pour les soumettre au pro­tocole de traitement thérapeutique par les services sanitaires spécialisés. Une commission sanitaire déléguée sur les lieux par le ministère de la Santé les suit depuis jeudi dernier.

■ Contrôle des fonctionnaires sur l’application des mesures bar­rières
L’Administration pénitentiaire a également délégué une commis­sion pour veiller à l’exécution des mesures sanitaire, sécuritaire et administrative, particulièrement la répartition des missions, avec une séparation nette entre les fonction­naires qui travaillent à l’intérieur de la prison et ceux qui sont dans les autres services de l’établissement. Il s’agit de fournir à la première caté­gorie suffisamment de vêtements de protection pour les prémunir ainsi que la population carcérale. Un contrôle est également prévu pour vérifier que les fonctionnaires res­pectent à la lettre les mesures bar­rières pour empêcher la propaga­tion de la pandémie à l’intérieur de l’établissement.

■ Guérison de 2 des 4 fonc­tionnaires atteints: Au sujet de la prison locale de Ksar El kébir, les analyses sur les détenus ont montré un seul cas positif. Il a été soumis au protocole de traitement suivi dans l’hôpital. Les 5 autres pri­sonniers qui étaient proches de lui ont été placés dans un confinement sanitaire. La Délégation a signalé la guérison de 2 des 4 fonctionnaires atteints du Covid-19.

Stocks alimentaires, produits d'hygiène...

Selon la DGAPR, les prisons sont approvisionnées en stocks suffisants en produits alimentaires par les sociétés chargées de la restauration des détenus. Outre ces réserves, les plafonds d’achat de produits au niveau de l’économat ont été augmentés.
La Délégation a également doté tous les établissements d’un stock suffisant en produits d’hygiène et de désinfection pour notamment permettre aux prisonniers de laver leurs vêtements. En outre, précise la Délégation, tous les détenus bénéficient d’eau chaude pour prendre leurs douches dans les salles réservées à cet effet.

«Kits Salama»

FACE à la montée des risques de propagation de la pandémie dans les prisons, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire a également prévu des actions pour prémunir les détenus les plus à risque. C'est ainsi que la 3e phase de l’opération Salama a été lancée, en partenariat avec le FNUAP.
Cette organisation a mis à la disposition de la Délégation des kits pour l’hygiène et la prévention du Covid-19. Ils seront distribués aux détenus en situation de vulnérabilité. Les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que celles souffrant de maladies chroniques sont particulièrement ciblées. Des «kits institutionnels» seront également distribués au niveau de 62 établissements, dont la prison de Ouarzazate, considérée comme un foyer de contamination.
L’objectif est de «faciliter la mission des fonctionnaires, en particulier du département social et sanitaire».

M.C.

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