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Economie

RAM: Des aides urgentes pour... «sauver» les salaires!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5733 Le 03/04/2020 | Partager
El Othmani promet de débloquer un fonds spécial pour préserver les emplois
La priorité: honorer les engagements envers 3.420 salariés
La trésorerie de la compagnie ne permet pas de payer ce mois d’avril!

La situation se complique chez Royal Air Maroc. Les ressources financières et la trésorerie actuelle ne permettent pas de verser un mois de salaires. En clair, «la compagnie n’a pas de quoi payer les salaires de ce mois d’avril!», confirme une source proche du management.

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Qui aurait pensé un jour que la compagnie nationale n’aurait pas de quoi payer ses salariés? C’est le cas aujourd’hui. La situation financière de la RAM ne permet pas de rémunérer le personnel (plus de 3.200 salariés) durant ce mois d’avril (Ph. L’Economiste)

Le confinement sanitaire a non seulement fermé les frontières mais il a cloué au sol l’ensemble de la flotte de la compagnie, à l’instar de la totalité des transporteurs aériens. Chez la RAM, cette situation s’est traduite par l’arrêt de travail de l’essentiel du personnel, a fortiori le personnel technique naviguant (PNT).

Depuis la baisse drastique de la demande des passagers, actée début mars dernier, la compagnie a mis en place un plan d’austérité et de réduction de la voilure afin d’atténuer l’impact de la crise sur la trésorerie. Le plan d’austérité se décline, rappelons-le, en une série de mesures  afin de réduire les coûts d’investissement et de fonctionnement  (gel des recrutements, gestion des congés, arrêt des achats hors besoins d’exploitation courante…) ainsi qu’une adaptation des capacités offertes pour tenir compte de l’effondrement de la demande.

S’en sont suivies des retenues sur les salaires du mois de mars (jusqu’à 30% chez les pilotes)… Mais ce n’est pas fini! Même avec un scénario optimiste d’arrêt du confinement (dé-confinement) supposé vers fin avril, l’activité aérienne ne pourra pas retrouver son rythme d’avant la crise du Coronavirus.

En effet, le traumatisme induit par le Covid-19 se traduira par un premier réflexe systématique de report voire d’annulation de tout voyage et déplacement à l’étranger. D’autant plus que même en cas de reprise, de nombreuses frontières aériennes devront rester fermées par mesures de prévention. Ce sera le cas de nombreux pays fortement affectés par le Coronavirus (Italie, Espagne, Etats-Unis, Canada...), explique un cadre à la RAM.

S’y ajoutent l’annulation de la Omra (depuis le 27 février) et du grand pèlerinage (haj 2020). Du coup, même avec le scénario le plus optimiste de reprise de la demande, la RAM ne pourra tourner qu’avec une dizaine d’appareils. «Si tout se passe bien, nous devrions tourner avec moins de 50% de nos capacités et de notre flotte d’ici fin 2020», poursuit la même source.

Car pour des raisons techniques, l’activité aérienne ne pourra pas reprendre immédiatement et à plein régime après l’arrêt total de la flotte. L’activité des vols domestiques ne pourra pas non plus compenser le reste des vols puisque le nombre de sièges remplis est bon an mal an  assez insignifiant. Même la saison estivale qui représente le pic des déplacements et voyages de touristes et MRE est compromise cette année.

Dans ce même contexte, de nombreuses compagnies de référence mondiale annoncent réduire leurs effectifs, mettre au chômage technique plusieurs centaines de salariés et réduire l’activité même en cas de reprise du transport aérien. C’est le cas notamment d’Air Canada qui annonce mettre au chômage technique 1.600 employés, soit près de la moitié de ses effectifs.

Des mesures temporaires qui toucheront 15.200 employés et 1.300 gestionnaires à partir de ce 3 avril, déclare la première compagnie aérienne canadienne, touchée de plein fouet par  la crise Covid-19. Par ailleurs, Air Canada avait déjà annoncé la semaine dernière la mise en chômage technique de plus  de 5.100 agents, membres de sa filiale low cost Air Canada rouge. La situation se complique également chez FlyDubai. Le transporteur émirati compte réduire la rémunération de ses employés  pour au moins un trimestre dès ce mois d’avril, en raison de l’impact de la crise mondiale sur son activité.

Pour  éviter le pire au Maroc, sauver les emplois, plus de 3.420 salariés dont 620 pilotes, (voir aussi encadré) et maintenir les équilibres financiers de RAM, le chef de  gouvernement a reçu les représentants des centrales syndicales le 30 mars dernier, en présence du ministre de l’Emploi, du secrétaire général du ministère de l’Economie et Finances… Le chef du gouvernement s’est dit conscient de la gravité de la situation pour le transport aérien en général et la RAM en particulier.

Lors de cette rencontre avec les syndicats, «le représentant de l’UMT a mis en avant tous les efforts fournis par les salariés de Royal Air Maroc, toutes catégories confondues, dans l’accompagnement de l’Etat durant cette crise (rapatriement de Marocains à l’étranger, vols Cargo chargés de matériel médical, rapatriement de dépouilles de MRE… » Le représentant syndical de la RAM a également évoqué la situation difficile que traverse actuellement la compagnie ainsi que l’ensemble de ses salariés. 

Compte tenu de cette crise sans précédent qui menace la trésorerie voire l’existence même de la compagnie nationale, le chef de gouvernement s’est engagé «à débloquer un fonds spécial  au profit de RAM afin qu’elle puisse honorer ses engagements envers ses salariés».

Rien ne filtre encore sur le montant qui sera consacré à la RAM, ni les modalités et la périodicité de cette aide de l’Etat. Mais tout porte à croire que les fonds seront débloqués incessamment. Ceci dit, la situation actuelle est non seulement inquiétante, mais elle dicte au management de mettre à  plat la politique salariale avec une révision rigoureuse de la grille, surtout pour les revenus les plus élevés. Autrement, c’est au contribuable de sauver les meubles...

Personnel: Des effectifs pléthoriques...

Fondée en 1957 (63 ans), Royal Air Maroc exploite une flotte de 61 appareils dont le Cargo pour fret.  La compagnie compte des effectifs de 3.420, dont  620 pilotes, à raison de 10 pilotes par avion. Selon l’AMPL, «RAM rémunère à 9.500 euros plus de 45 pilotes étrangers jusqu’au 17 avril 2020. La compagnie reconnaissait elle-même que ces pilotes sont en sureffectif et qu’elle n’a plus les moyens de payer ses propres pilotes». Outre les dirigeants, cadres supérieurs et le personnel naviguant technique (PNT), des postes qui s’offrent l’essentiel de la masse salariale... la compagnie évolue avec des équipes pléthoriques de 1.300 salariés dédiés au personnel naviguant commercial (PNC: hôtesses et stewards), le personnel au sol dans les aéroports et le siège à Casablanca, les agents d’accueil et d’enregistrement de passagers, les agents commerciaux, les chefs d’escale, le personnel affecté à l’exploitation, les ingénieurs, mécaniciens. A ceux-là, s’ajoutent 4.000 employés dans les filiales (agents d’entretien, le handling,  le catering, les centres d’appels, la maintenance...) avec une masse salariale insoutenable.

Amin RBOUB

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