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Economie

Maroc-France: Le plaidoyer de Bruno Le Maire

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5689 Le 03/02/2020 | Partager
Le ministre favorable à un nouveau pacte économique franco-marocain
Il est basé sur 4 piliers dont l’un sur l’ouverture vers l’Afrique
Sa dernière sortie sur l’industrie automobile, «mal comprise»
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«L’Afrique est un espace de développement économique exceptionnel. Il ne faut pas qu’il soit laissé à d’autres puissances sans que la France, avec ses amis marocains, ne puisse jouer cette carte», insiste le ministre français de l’Economie et des Finances vendredi, à Rabat (Ph. Bziouat)

Même si l’on essaie de rafistoler la façade, le couple Maroc-France n’est visiblement pas au top de sa forme. Le voyage de Bruno Le Maire à Rabat n’a pas totalement balayé les inquiétudes nées de sa dernière sortie sur l’industrie automobile française, présente au Maroc à travers Renault et PSA.

Vendredi dernier, le ministre français de l’Economie et des Finances s’est empressé de repréciser ses pensées: «Il est évident que je souhaite que nous gardions une coopération très forte dans le domaine de l’industrie automobile entre le Maroc et la France. Je ne veux pas que mes propos soient mal compris parce qu’ils ne sont pas bien retranscrits ou mal inscrits dans le contexte global qui était une réflexion sur le pacte productif en France».

C’est ce qu’il a daigné affirmer lors d’une conférence de presse en retard de plus d’une heure et qui s’est transformée en lectures de déclarations, sans la moindre possibilité de poser une question.

En tout cas, pour Mohamed Benchaâboun, le déplacement de Bruno Le Maire au Maroc fait suite aux discussions entamées lors de la réunion de haut niveau, tenue à Paris en décembre dernier. Au cours de cette rencontre, «nous avions ouvert des discussions sur nombre de dossiers d’intérêts mutuels, notamment l’avenir de nos relations sur le plan économique.

Comme prévu, nous devions nous revoir fin janvier pour approfondir ce qui a été entamé. Il faut préparer dans les 2 à 3 mois à venir un nouveau cadre de partenariat renforcé entre les deux pays», déclare le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration.

Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’identification de nouveaux leviers pour développer les partenariats entre les opérateurs économiques marocains et français dans une logique de complémentarité, à même d’améliorer la compétitivité et de contribuer à la création d’emplois dans les deux pays.

Selon Benchaâboun, Bruno Le Maire partage les propositions marocaines pour l’élaboration d’un nouveau pacte de production conjoint France-Maroc, mutuellement bénéfique aux deux pays. «Notre objectif est de donner un nouvel élan à cette coopération économique franco-marocaine. Nous voulons mettre sur pied un nouveau pacte économique», insiste-t-il.

Ce pacte doit prendre en compte le nouveau modèle économique initié par le Roi et le pacte productif en France pour atteindre le plein emploi en 2025. Ainsi,  le pacte franco-marocain repose sur quatre piliers. Le premier porte sur la production «décarbonnée». Selon le ministre français, l’enjeu environnemental est devenu majeur. «Je salue les engagements pris par le Maroc dans ce domaine.

Avec un projet de 52% de consommation d’énergies renouvelables d’ici 2025, il est l’un des pays les plus engagés dans le réchauffement climatique et dans la transition énergétique. Cela en fait l’un des leaders principaux de la transition écologique de la planète», a-t-il souligné.

Le deuxième pilier concerne les PME. A ce titre, «nous avons simplifié et modernisé la ligne d’aide à ces entreprises, de façon à ce qu’elles restent encore plus au cœur de la coopération entre les deux Etats», a-t-il affirmé. Troisième pilier, les NTI. «Si nous voulons éviter la fuite des cerveaux, il faut les développer au Maroc. Nous sommes prêts à ouvrir des champs de coopération avec nos amis marocains. C’est dire que nous regardons le futur de la coopération économique avec ambition».

Dernier pilier, l’ouverture vers l’Afrique. Pour le ministre français, «le continent est un espace de développement économique exceptionnel. Il ne faut pas qu’il soit laissé à d’autres puissances sans que la France, avec ses amis marocains, ne puisse jouer cette carte».

Le ministre français est également revenu sur l’autre base de coopération qu’est la relation avec l’UE: «Nous sommes un Etat qui compte en Europe, et le Maroc a également une relation très étroite avec l’UE». A cette occasion, il a salué  «les décisions courageuses prises par le ministre des Finances sur la fiscalité pour répondre aux attentes de l’Union européenne».

Fiscalité numérique

L’accord annoncé vendredi dernier à l’OCDE porte sur la fiscalité numérique et minimale. Il s’agit de deux enjeux sur lesquels la France se bat depuis près de 3 ans, avec beaucoup de détermination, a noté le ministre. Selon lui, la valeur est créée par des entreprises qui n’ont pas de présence physique. Du coup, il est impératif de les taxer au même niveau que les autres entreprises. C’est l’objectif de la fiscalité numérique telle qu’elle est en train d’être élaborée à l’OCDE. L’autre point concerne la fiscalité minimale. Il s’agit d’éviter l’évasion fiscale. Les entreprises qui font des profits, les rapatrient vers un autre pays où l’IS est très bas, au lieu de payer le juste impôt. «Nous ne voulons pas d’évasion fiscale mais des réponses concrètes à ce phénomène. La fiscalité minimale à l’IS au sein de l’OCDE est une réponse. La France a proposé 12,5%. Cette base de travail est une avancée. Le prochain rendez-vous est prévu pour juin prochain. Le souhait des deux Etats est que, d’ici fin 2020, un accord global puisse être conclu, incluant ainsi la fiscalité des géants du numérique et la fiscalité minimale.

M.C.

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