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    Economie

    Céréales: La facture à l’import risque d’être salée

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5687 Le 30/01/2020 | Partager
    L’offre de la mer Noire s’annonce réduite
    L’UE et l’Amérique du Sud affectées par le climat

    Beaucoup d’incertitudes pèsent sur le marché mondial des céréales. Après la remontée observée vers la mi-janvier, les cours des céréales se sont quelque peu repliés vers la fin du mois. En cause, les craintes de ralentissement de l'économie mondiale suite à la propagation du coronavirus. Mardi 28 janvier, le marché, notamment du blé tendre, a clôturé en baisse aux Etats-Unis, comme en Europe. Les cours sur Euronext ont perdu 1,25% sur l’échéance mars  2020.

    Mais selon des analystes, la tendance à la baisse serait de courte durée. Des facteurs objectifs plaident en effet pour une tension sur les prix des céréales de manière générale et en particulier du blé tendre qui enregistre toujours une forte demande. Plusieurs pays sont dans une situation d’importateur net de cette céréale.

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    Quel que soit le niveau de production, le Maroc reste un importateur net des céréales. En particulier du blé tendre et maïs. En 2018-2019, pas moins de 61 millions de quintaux de céréales ont été importés alors que la production locale (campagne précédente)  avait enregistré un niveau record de 103,8 millions de quintaux

    Pour le Maroc, le volume importé du blé tendre intervient pour 50%, voire plus, dans les écrasements des minoteries (voir infographie). Ceci, quelle que soit l’issue de la production locale. Aussi faut-il s’attendre à une facture à l’import relativement salée. Cette perspective explique d’ailleurs la décision du gouvernement de geler les droits de douane pour cette campagne d’importation qui s’étale du 2 janvier au 30 avril 2020.      

    En mer Noire, les cours du blé restent fermes, en dépit de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Les prix sur le portuaire en Russie, tout comme en Ukraine, sont revenus sur leur plus haut niveau. Les raisons restent les même depuis plusieurs semaines: une demande soutenue et des disponibilités plus réduites que prévu. Le renforcement du rouble contribue également à la tendance.

    Les températures supérieures à la normale en mer Noire ont conduit les cultures dans un état végétatif avancé, ce qui présente un risque pour la récolte à venir. Les cultures ne bénéficient toujours pas d'une couverture neigeuse pour assurer leur protection avant l'entrée dans la période hivernale et l'arrivée du froid. Du coup, les prix du blé restent sur une tendance haussière dans ce pays. Surtout pour le blé qui enregistre également une forte demande du marché intérieur, avec les achats des minoteries.

    En revanche, les agriculteurs continuent de faire de la rétention dans l’attente d’une appréciation encore plus rémunératrice des prix. Ce qui crée davantage de tension sur le marché. De plus, les cultures de blé d'hiver restent toujours dans des conditions anormalement douces et sèches en Russie, ce qui fait peser des craintes sur la prochaine campagne. Le ministère russe de l'Agriculture a d'ailleurs proposé la rédaction d'un règlement pour limiter les exportations des céréales du pays.

    Une pratique qui a déjà été utilisée par le passé. La proposition devrait être soumise à un débat public pendant 15 jours et ne devrait être  mise en œuvre que vers la fin de ce mois de janvier, en attendant l'approbation du Premier ministre. La mesure vise à assurer la sécurité alimentaire dans le pays. Mais pour le moment, il ne s'agit que de discussions. Et les exportations russes de blé sont toujours estimées à 36 millions de tonnes. Restent les craintes qui pèsent sur la campagne hivernale.

    La météo reste capricieuse en Russie, avec un temps doux et sec comparé aux normales de saison, ce qui apporte un risque considérable sur les cultures de blé d’hiver pour la prochaine campagne. La demande intérieure continue d’être soutenue et les prix physiques restent toujours aussi fermes, notamment sur le portuaire en mer Noire. Malgré le repli du marché américain, le blé européen est parvenu à débuter la saison sur une note positive. Mais des perturbations ont entaché la dynamique avec les grèves du transport, en particulier la logistique portuaire.

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    L’utilisation du blé tendre local dans les écrasements porte en moyenne sur la moitié des volumes collectés qui constituent à leur tour 50% de la récolte

    Du côté de la FAO, l'année 2020 s’annonce marquée par des conditions climatiques peu propices à la production céréalière. L’agence onusienne prévient que «l'insuffisance de pluies pourrait entraver les semis des cultures, dont celle du blé en Union européenne et celle du maïs en Amérique du Sud».

    Par contre, les prévisions météorologiques seraient plutôt favorables pour les cultures en Russie et en Afrique du Sud.  S’agissant de l'utilisation mondiale de céréales pour la saison 2019/20, il ressort des analyses de la FAO qu’elle devrait atteindre 2.709 millions de tonnes, soit un niveau record.
    L’organisation relève qu’en parallèle, les stocks de céréales devraient atteindre 849,5 millions de tonnes d'ici la fin de la saison 2020, soit une baisse de 1,5% par rapport à leurs niveaux d'ouverture.

    Enfin, «les échanges mondiaux de céréales en 2019-2020 devraient rester inchangés par rapport aux prévisions initiales et s’établir à 415 millions de tonnes, soit 3 millions de tonnes de plus que le volume réduit de 2018- 2019»,  d’après les estimations de la FAO. Quoi qu’il en soit, les analystes n’écartent pas une remontée des prix, surtout des blés destinés à la panification. Ceci, pour toutes les origines.

    En toile de fond, la signature de la première phase de l’accord commercial entre les USA et la Chine et le conflit entre Washington et l’Iran. Une situation qui a dopé l’ensemble des prix des matières premières jusqu’au 15 janvier. Depuis, l’influence de ces deux facteurs sur les prix s’est estompée: l’accord entre les USA et la Chine ne concernera sans doute pas de gros volumes de blé. Par ailleurs, l’escalade des hostilités a été stoppée momentanément entre les USA et Téhéran.

    En parallèle, les semis d’hiver aux USA ont été confirmés à un niveau très bas (le plus bas depuis 1909) alors que les conditions trop humides à l’ouest de l’UE et assez sèches en mer Noire et dans le sud-est de l’UE suscitent quelques inquiétudes. En dehors de ces éléments, une demande toujours dynamique, notamment pour les blés français vers l’Afrique et pour les blés russes vers la Turquie, a aussi contribué à la hausse des cours.

    Le blé flambe en janvier

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    Les cours du blé tendre  ont atteint 238 dollars la tonne en moyenne en décembre, en hausse de 6% sur un mois et de 20% depuis leur creux d’août. Ils ont poursuivi leur rebond pour atteindre 251 dollars la tonne le 17 janvier, le niveau le plus élevé depuis 2014. Cette flambée est liée à une forte reprise de la demande chinoise à l’importation, des contraintes logistiques provoquées par des manifestations en France et des inquiétudes sur les perspectives de récoltes dans certaines régions du monde. Les prix du blé se sont établis en 2019 à 211 dollars la tonne en moyenne, marquant une hausse de 3,6% par rapport à l’année 2018.
    Globalement, les disponibilités immédiates en blé restent confortables et les perspectives de récoltes favorables. Selon la FAO, la production mondiale de blé devrait augmenter de 4,8% en 2019/2020 pour atteindre un record de 766 millions de tonnes.

    A.G.

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