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    Culture

    Comment les étudiants voient leurs rêves s’éloigner

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5680 Le 21/01/2020 | Partager
    Le 2e roman de Souad Jamaï met le doigt sur les maux de nos facultés
    La question linguistique au cœur des frustrations
    Elle est l’invitée de la Foire du livre de Bruxelles
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    Le nouveau roman de Souad Jamaï «Des ailes de papier» est en librairie. Ce 2e livre  confirme l’entrée de cette cardiologue dans le cercle restreint des romanciers. Il raconte l’histoire captivante et rocambolesque de Malak, jeune étudiante.

    A cause d’une anomalie cardiaque, elle se retrouve du jour au lendemain en France, pour subir une intervention à titre gracieux. Mais après son arrivée et de vagues hésitations, elle disparaît dans la nature. Elle avait décidé de profiter de cette opportunité de se retrouver à Marseille pour changer le cours de sa vie. Une occasion pour Souad Jamaï de surfer sur l’émigration clandestine, ses ravages sur une jeunesse qui rêve de ruptures et d’adieux.

    La romancière, fille de diplomate qui a longtemps vécu à l’étranger, n’est pas tendre avec l’immigration irrégulière où des jeunes sont livrés à de toute sorte de trafic et d’exploitation d’une précarité matérielle et psychologique. Dans ce règlement de comptes, elle dépeint des tranches de vie, des conditions inhumaines, ponctuées d’angoisses et de souffrances de ceux qui vivent dans l’illégalité.

    Finalement, après avoir traversé des épreuves qui marquent à vie, Malak est résolue à retourner définitivement au Maroc, pour retrouver sa sérénité, sa fierté et son pays. Dans sa famille, elle ne rentre pas les mains vides, mais pleines d’euros subtilisés lors de ses multiples activités de mule dans un trafic de drogue. Il n’est pas exclu que des lecteurs auraient souhaité que Malak, dans cette recherche effrénée de s’en sortir, emprunte un autre itinéraire. Mais dans cette affaire, c’est Souad Jamaï qui a la main.

    En tout cas, son roman n’a pas laissé indifférent le commissaire de la Foire du livre de Bruxelles, programmée du 5 au 8 mars prochain. Pour cette 50e édition, c’est le Maroc qui est à l’honneur. Ainsi, le livre de Souad Jamaï a été sélectionné parmi les auteurs qui vont représenter notre pays. Il faut dire que la personnalité est multiple. Outre la gestion de son cabinet, elle a monté une troupe de théâtre, composée de 18 comédiens qui sont dans la vie de tous les jours des toubibs.

    Le roman de Souad Jamaï, compartimenté en 15 chapitres, est agrémenté de citations profondes de grands écrivains: Yasmina Khadra, Amin Maâlouf, Jean Cocteau, Jean d’Ormesson ou encore Sénèque.

    En fait, l’histoire de Malak démarre en trombe avec la scène du professeur Habib qui explique son cours en français, devant des étudiants dont l’écrasante majorité ne semble pas comprendre ce qu’il dit. Avec cette  séquence, l’auteure met le doigt sur une plaie béante de l’université marocaine et dont souffrent la plupart des étudiants venant du système public.

    Beaucoup d’entre eux ne réussissent pas leur cursus à cause de la langue. «Il fallait détenir de solides outils linguistiques et une bonne pratique de la langue française pour s’en rendre compte», souligne le narrateur. Il faut dire que les étudiants avaient attribué un surnom au professeur qui affichait une suffisance. On le désignait par le sobriquet de «Microbe» qui portait les mêmes vêtements, quelles que soient les saisons. Une observation comme d’autres dans le comportement des enseignants que les étudiants ont la manie de relever.

    Qu’importe, le narrateur rappelle qu’une partie des étudiants avaient choisi d’étudier les sciences pour éviter cette langue française qu’ils ne maîtrisaient pas». Certains d’entre eux essayent des combines pour rédiger en darija ou en berbère, mais cela était fastidieux. Cette question linguistique plombe l’enseignement au Maroc.

    Ceux qui croyaient encore en l’égalité des chances et au bon fonctionnement de l’ascenseur social, tombé en panne depuis belle lurette, reviennent de loin. D’ailleurs, Malak en voulait à tous ceux qui lui avaient fait miroiter que les études allaient changer sa vie, en omettant de lui dire que le niveau de langue requis était bien au-dessus de celui enseigné dans son lycée public».

    Le racket des étudiants

    Dans ce roman, Souad Jamaï dépeint fidèlement l’ambiance estudiantine, ses amphis, ses cafétérias, avec les moments de doutes des étudiants dont certains voient leurs rêves s’éloigner. Elle n’hésite pas à mettre le doigt sur certaines pratiques honteuses et qui ont pignon sur rue dans nos facultés. C’est le cas de certains enseignants qui, honteusement, font du racket des étudiants en les obligeant à acheter des livres sur lesquels ils perçoivent des commissions. Malak surprend le professeur Microbe en pleine négociation avec le libraire qui prend conscience que ce marché parallèle ne lui apporte pas grand-chose, alors il menace… Par inadvertance, elle découvre tout ce manège au détour d’un rayon d’une librairie. Si les cours particuliers prospèrent dans le secondaire et le lycée, ils ont également envahi le milieu universitaire. D’ailleurs, des professeurs n’hésitent plus à louer un appartement pour donner des cours payants.

    M.C.

     

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