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Enseignement: En Amérique, les écoles virtuelles se développent

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5670 Le 07/01/2020 | Partager
Découverte de VLACS, une charter school 100% en ligne
L’apprentissage indépendant au cœur de son modèle
Gratuite pour les élèves du primaire et secondaire
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Le nombre d’inscrits dans des écoles primaires et secondaires  entièrement virtuelles n’a cessé d’augmenter sur les 20 dernières années aux Etats-Unis. En 2017-2018, il a atteint 297.712 accueillis dans 501 écoles. Près de 300 autres établissements offrent des enseignements mixtes, combinant e-learning et présentiel, avec quelque 132.960 élèves. Près de la moitié des écoles virtuelles sont des charter schools

Des écoles entièrement en ligne, aux Etats-Unis, il y en a depuis plusieurs années déjà. C’est le cas de Virtual Learning Academy (VLACS), dans l’Etat du New Hampshire, dont nous avons visité le siège l’été dernier, dans le cadre de l’IVLP (International Visitor Leadership Program), programme américain phare dédié aux visiteurs internationaux.

VLACS, fondée il y a environ 11 ans, est une charter school. Autrement dit, une école publique à gestion privée, à but non lucratif, s’engageant auprès de l’Etat du New Hampshire à respecter une charte avec des objectifs éducatifs précis. La réalisation de ces objectifs conditionne les subventions octroyées par l’Etat.

Les charter schools reçoivent en général entre 50 et 60% des fonds alloués aux écoles publiques traditionnelles. Dans le New Hampshire, on dépense près de 18.000 dollars par élève inscrit dans une école traditionnelle par an, contre 9.000 à 10.000 dollars pour un élève scolarisé dans une charter school, selon le département de l’Education.

Quelque 13.800 élèves sont inscrits dans cette académie virtuelle, montée avec un investissement de départ de 500.000 dollars. 60% de ses inscrits sont issus de lycées publics, 10% de collèges publics, 15% sont des jeunes scolarisés à domicile (homeschooling) et seulement 6% y étudient à temps plein et reçoivent leurs diplômes. Les élèves, collégiens et lycéens, en plus d’adultes n’ayant jamais obtenu le certificat du lycée, peuvent s’y inscrire à tout moment de l’année.

«Nous proposons un voyage d’apprentissage dans lequel l’élève étudie à sa manière, de façon indépendante», relève Stephen Kossakoski, CEO. Les cours, complétés par des projets et stages, sont divisés en compétences. En cumulant les compétences, les élèves peuvent gagner des badges numériques, qui font partie d’un sac à dos d’apprentissages, «back pack learning».

Un badge équivaut à un semestre d’études. Ce schéma est possible grâce au système des crédits, encore inexistant au Maroc. En complétant tous les cours, les lauréats disposent d’un nombre suffisant de crédits leur permettant de s’inscrire à l’université.

Les cours ne sont pas développés en interne, ils sont acquis auprès de fournisseurs spécialisés. Les cursus sont gratuits pour les jeunes élèves, mais pas pour les adultes. Les habitants d’autres Etats doivent aussi s’acquitter de frais de scolarité (près de 6.000 dollars par an pour 6 cours).

Un atout pour le homeschooling

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Stephen Kossakoski, CEO de Virtual Learning Academy (VLACS): «Je pense qu’à l’avenir il y aura toujours de la place pour le face-à-face. Nous nous orienterons plutôt vers un modèle blended (mixte), avec des pourcentages qui évolueront au fil des ans»

La charter school, qui revendique 90% de taux de réussite, fonctionne uniquement avec la subvention de l’Etat du New Hampshire et les frais de scolarité. Dans son siège, elle emploie plus de 225 salariés. Au total, elle compte 25 profs à temps plein et 180 à temps partiel.

«Dans notre modèle, le rôle numéro un de l’enseignant est de bâtir des relations avec les élèves, afin de les encourager et les motiver. A notre niveau, nous soutenons nos enseignants et nous leur assurons des formations continues», souligne Kossakoski.

L’enseignement en ligne a le vent en poupe. Le nombre d’étudiants de VLACS ne cesse d’augmenter (+18% par an les premières années, +5% actuellement). Le mode online a de fortes chances de séduire de plus en plus de parents américains à l’avenir, dont beaucoup préfèrent scolariser leurs enfants à la maison.

La part du homeschooling est passée de 1,7% des 5-17 ans en 1999 à 3,3% en 2016 (1,7 million d’élèves), selon le Centre national pour les statistiques de l’éducation (NCES). Les charter schools aussi attirent. Le nombre d’inscriptions dans ce genre d’établissements, dont il existait plus de 7.000 en 2017, est monté à 3 millions en 2016 (0,4 million en 2000), soit une part de 6% du total des élèves.

                                                                                

Les universités online aussi

Les cursus en ligne font rage aux Etats-Unis. Des dizaines de milliers de diplômes sont offerts en mode e-learning. Des universités ont même créé des campus virtuels. Parmi elles, l’université du New Hampshire, avec UNH Online. Depuis son démarrage en 2012, UNH Online a inscrit plus de 30.000 étudiants.

Plusieurs masters y sont proposés (éducation, travail social, cyber sécurité, psychiatrie, data science…). Ils coûtent entre 20.000 et 40.000 dollars par an. Des coachs et enseignants conseillers sont mobilisés pour encadrer les étudiants. Le taux de rétention de ces derniers est de 85%, selon les responsables de l’université.

Southern New Hampshire University (SNHU, plus de 135.000 étudiants, 6.000 enseignants et près de 240 parcours), aussi, propose des diplômes en ligne, suivis par environ 10.000 étudiants. «Nous fabriquons des programmes pour l’avenir, pour d’ici 10 ans, et l’apprenant est au centre de tous nos process», relèvent ses responsables.

SNHU utilise son service en ligne depuis 2013 pour desservir gracieusement des camps de réfugiés dans plusieurs pays, dont le Rwanda, le Liban, le Kenya, le Malawi, Afrique du Sud… Dans chacun de ces pays, elle possède un centre avec des ordinateurs que des étudiants réfugiés peuvent utiliser. Quelque 1.000 y sont inscrits à aujourd’hui. Des partenaires locaux en assurent le coaching.

«Dans le cadre de notre approche de project based education, les étudiants doivent compléter des projets dans des environnements de travail. Ces projets sont examinés par des évaluateurs formés», précisent les responsables de l’université. Un stage de trois mois est également prévu.

Les réfugiés n’ayant pas le droit de travailler localement, comme au Malawi, peuvent effectuer leur stage à distance. Le programme porte ses fruits. «Au Rwanda, 95% des lauréats trouvent un emploi à six mois du diplôme», se réjouit le management de l’université qui compte élargir le projet.

Ahlam NAZIH

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