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    International

    C’est la ruée vers l’or bleu

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
    Un accord tripartite sur le gazoduc EastMed
    Du gaz israélien vers l'Europe
    Un texte controversé turco-libyen
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    Le bras de fer gazier se poursuit. La Grèce, Chypre et Israël devaient signer jeudi 2 janvier dans la soirée à Athènes un accord sur le gazoduc EastMed. C’est un projet majeur pour la Méditerranée orientale où l'exploitation d'hydrocarbures ne cesse d'alimenter les tensions avec la Turquie.

    Il existe deux objectifs. Le premier est de faire de trois pays un maillon important de la chaîne d'approvisionnement énergétique de l'Europe. Le second est d'afficher leur détermination face aux revendications d'Ankara, qui convoite les gisements énergétiques de la région.

    D'une longueur de 1.872 km, l'EastMed, dont la plus grande partie sera sous-marine, permettra d'acheminer entre 9 et 11 milliards de m3 de gaz naturel par an depuis les réserves offshores au large de Chypre et d'Israël vers la Grèce. Et aussi vers l'Italie et d'autres pays du sud-est de l'Europe grâce aux gazoducs Poseïdon et IGB.

    L'origine du projet remonte à l'an 2013. A l'époque, la Depa (société publique grecque de gaz naturel) avait inscrit ce projet sur la liste des ouvrages d'intérêt commun de l'UE ayant ainsi bénéficié de ses fonds européens pour couvrir une partie des travaux préparatoires. Le coût du gazoduc jusqu'en Italie est actuellement estimé à 6 milliards d'euros.

    Un pré-accord devait être signé, le même jour, au ministère grec de l'Environnement et de l'Energie entre la Depa et le consortium israélo-américain Energean Oil&Gas, qui exploite le gisement gazier de Leviathan en Israël. Après une décennie de travaux et des milliards investis, ce gisement a extrait mardi dernier ses premières vapeurs d'or bleu.

    La découverte, ces dernières années, de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale attise la convoitise des pays de la zone. Les réserves de gaz et de pétrole au large de Chypre ont déclenché une dispute avec la Turquie dont l'armée occupe le tiers nord de ce pays, membre de l'UE.

    Nicosie a signé début novembre son premier accord d'exploitation de gaz avec un consortium regroupant les sociétés anglo-néerlandaise Shell, l'américaine Noble et l'israélienne Delek. Mais Ankara conteste le droit de Chypre de mener toute exploration et exploitation des ressources énergétiques. Elle s'est livrée donc à une démonstration de force ces derniers mois en envoyant des navires de forage dans la Zone économique exclusive (ZEE) de Chypre malgré des avertissements de Washington et de l'UE.

    Défiant ces avertissements et pour mieux renforcer sa position dans la région, Ankara a signé fin novembre un accord maritime et militaire avec le gouvernement libyen d'union (GNA, cf. L’Economiste.com du 27/12/2019, «La guerre du gaz fait rage»).

    Il a été condamné par plusieurs pays, dont Chypre et la Grèce, voisins de la Turquie. L'accord global permet à Ankara d'étendre ses frontières maritimes dans une zone de Méditerranée orientale où d'importants gisements d'hydrocarbures ont été découverts ces dernières années.

                                                                                 

    ■ L'Ukraine et la Russie finalisent leur accord
    Après de difficiles négociations, Kiev et Moscou ont signé, il y a quelques jours, un contrat sur le transit du gaz russe pour l'Europe via l'Ukraine, levant les craintes d'une nouvelle crise en plein hiver. Il est prévu que Gazprom fasse transiter via l'Ukraine au moins 65 milliards de mètres cubes l'année prochaine, puis au moins 40 milliards par an de 2021 à 2024. Ce qui devrait rapporter à Kiev plus de sept milliards de dollars au total. Ce contrat fait partie d'un accord plus large pour lequel Gazprom a payé environ 2,9 milliards de dollars (amende et intérêts) à son homologue ukrainien Naftogaz, devant mettre fin à un long bras de fer devant les juridictions internationales. En échange, Naftogaz a abandonné toutes les autres poursuites judiciaires visant Gazprom en Ukraine et en Occident.

    ■ Le gazoduc Nord Stream 2 pour bientôt
    Le gazoduc russe Nord Stream 2 sera mis en service avant 2020, en dépit des sanctions américaines, a assuré le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak. Le président américain Donald Trump a promulgué récemment une loi imposant des sanctions aux entreprises associées à la construction de Nord Stream 2 et d'un autre gazoduc russe, TurkStream. Il a estimé que ces ouvrages vont accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l'influence de Moscou. Ces sanctions ont été condamnées par l'Allemagne, le principal bénéficiaire de Nord Stream 2, comme par l'Union européenne. Ils dénoncent une ingérence américaine dans les affaires européennes. Quasiment achevé, Nord Stream 2 doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale en passant sous la mer Baltique pour arriver en Allemagne.

    ■ Le gaz russe pour la Bulgarie transitera par la Turquie
    La Bulgarie a annoncé s'être entendue avec le géant russe Gazprom, qui fournit l'essentiel du gaz consommé dans le pays. Ceci pour être livrée à partir de janvier via le nouveau gazoduc TurkStream passant sous la mer Noire et ainsi contourner l'Ukraine. Sofia s'était trouvée dans l'impasse en janvier 2009 lors d'une crise russo-ukrainienne qui avait entraîné l'interruption des livraisons de gaz russe vers l'Europe. TurkStream, lui, fournira 2,9 milliards m3 de gaz russe par an. Entièrement dépendante des livraisons de gaz russe, la Bulgarie cherche à diversifier ses sources. Le pays a ainsi lancé au printemps la construction d'un gazoduc vers la Grèce pour se raccorder au projet Tanap/Tap destiné à acheminer vers l'ouest de l'Europe du gaz provenant de la mer Caspienne.

    F. Z. T.

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