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    International

    La Turquie pourrait dépêcher des troupes en Libye

    Par L'Economiste | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
    Feu vert du Parlement turc
    Une mesure qui risque d'aggraver le conflit

    Les députés turcs ont approuvé jeudi 2 janvier une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye. Lors d'une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte. Celui-ci donne «à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an», a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque Mustafa Sentop.

    Reste à savoir désormais si le président Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dépêcher des troupes dans ce pays séparé de la Turquie par la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l'envoi de conseillers.

    Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l'aide du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj. Ce dernier est confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar. L'envoi de troupes turques en Libye risquerait d'aggraver les conflits qui déchirent ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentés par des puissances régionales.

    La Libye est en effet devenue le théâtre d'une lutte d'influence entre deux camps. D'un côté, la Turquie et le Qatar, qui appuient le GNA, de l'autre, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Egypte, qui soutiennent les forces de Haftar.

    Le vote du Parlement turc s'inscrit dans le cadre d'un rapprochement entre Ankara et le GNA. Il est illustré par un accord de coopération militaire et sécuritaire et un texte controversé de délimitation maritime conclus fin novembre entre Erdogan et Sarraj.

    Le chef de l'Etat turc a plusieurs fois déclaré que son pays était déterminé à aider militairement le GNA (reconnu par les Nations unies), mais n'a pas clairement affirmé que des troupes combattantes turques seraient déployées.

    Le vice-président turc Fuat Oktay a affirmé que l'armée turque était «prête». Mais a souligné que «la nature et l'ampleur du déploiement seraient déterminées par les développements au sol». Oktay a ajouté qu'Ankara «espérait que l'adoption du texte jeudi aurait un effet dissuasif».

    Les principaux partis d'opposition ont voté contre le texte. Pour eux, une intervention en Libye pourrait déstabiliser la région et entraîner la Turquie (qui a perdu plusieurs dizaines de soldats en Syrie) dans un nouveau bourbier.

    Outre les difficultés propres au déploiement de troupes dans un pays qui n'est pas frontalier (contrairement à la Syrie où Ankara intervient actuellement), un déploiement en Libye s'accompagnerait d'un risque d'incident avec la Russie.

    Même si Moscou dément, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, et le président Erdogan affirment que des mercenaires russes sont engagés aux côtés des forces de Haftar qui s'efforcent depuis avril de s'emparer de Tripoli.

    Mise en garde de l’ONU

    Le soutien de la Turquie s'inscrit dans le cadre de l'affirmation croissante d'Ankara en Méditerranée orientale, théâtre d'une course aux forages d'hydrocarbures avec la découverte d'importants gisements ces dernières années (Lire article).
    Les accords signés entre Ankara et Tripoli représentent une «nette escalade du conflit», a estimé l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, dans un entretien publié dans le quotidien français Le Monde. L'émissaire de l'ONU a regretté «l'internationalisation du conflit, son extension territoriale, notamment au niveau maritime, et aussi l'escalade militaire proprement dite…». Lors de leur récent contact téléphonique, les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont évoqué également «les risques d'une escalade militaire en Libye».

    F. Z. T. avec agences

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