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Economie

Les banques centrales ne maudissent plus la blockchain

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5639 Le 22/11/2019 | Partager
BAM dit «suivre de près les évolutions dans ce domaine»
Une régulation qui ne brime pas l’innovation et qui préserve la résilience du système financier

La crise financière de 2008 avait provoqué une série de réactions et a accéléré la transformation du secteur bancaire, dans le sillage de la révolution digitale. C’est dans ce contexte qu’a émergé la blockchain, qui suscite de plus en plus d’intérêt vu l’énorme gisement d’opportunités qu’elle recèle.

Aujourd’hui, le bitcoin est devenu le cryptoactif le plus populaire, ouvrant la voie à d’autres lancés par des acteurs privés, qui prétendent au rang de moyen de paiement, voire de monnaie alternative à celle émise par les banques centrales, comme l’a expliqué Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib. Intervenant lors de l’Africa blockchain summit, jeudi 21 novembre à Rabat, il a insisté sur les risques liés à ces cryptoactifs.

«Ils n’ont pas de statut juridique et ne font pas l’objet d’une régulation», a-t-il précisé. Leur caractère hautement spéculatif expose leurs détenteurs à un risque de pertes substantielles, notamment parce qu’ils ne correspondent pas à une créance sous-jacente vis-à-vis de l’émetteur. Aujourd’hui, les régulateurs sont également préoccupés par l’émergence des Stablecoins.

«Les réactions de plusieurs banques centrales et autorités publiques à l’annonce de l’émission du Libra par Facebook, constituent en soi un indicateur de l’importance de la problématique», a-t-il noté. Plusieurs menaces sont liées à ces Stablecoins, notamment le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la protection des consommateurs et des investisseurs.

Parallèlement, les banques centrales seront également challengées, dans la mesure où ces Stablecoins, qui peuvent être largement accessibles, poseraient des risques relatifs à la stabilité financière et à la conduite de la politique monétaire. Au-delà des risques, plusieurs intervenants ont également mis l’accent sur l’apport de ces nouvelles technologies.

«La blockchain pratique offre un grand potentiel de réorganiser l’industrie en instaurant plus de confiance et de transparence, en réduisant les délais de paiement et en améliorant les flux de trésorerie», a souligné, pour sa part, Mohamed Horani, PDG de HPS.

Fini le temps où les autorités monétaires maudissaient les crypto monnaies même si la méfiance n’a pas disparu. Les Stablecoins introduisent «des améliorations aux paiements transfrontaliers qui demeurent lents, chers et opaques, même dans les pays les plus avancés, qui disposent de systèmes de paiement domestiques quasi-instantanés et à coûts réduits», constate le gouverneur de Bank Al-Maghrib. D’où l’importance de veiller à un équilibre subtil, grâce à une régulation qui garantit la confiance, mais qui laisse aussi la porte ouverte à l’innovation, relève Alain Pithon, secrétaire général de Paris Europlace.

En tant que régulateur, nous sommes appelés à laisser suffisamment d’espace à la créativité et au développement des services financiers innovants, mais en même temps veiller à préserver et renforcer la résilience de nos systèmes financiers et protéger le consommateur et l’entreprise, concède Jouahri.

La marche vers la blockchain semble irréversible. Plusieurs banques centrales ont déjà lancé des études et des expérimentations dans ce sens. L’idée est d’explorer la possibilité de proposer une sorte d’évolution de la monnaie classique, qui pourrait avoir la forme digitale des cryptoactifs, tout en étant une monnaie à part entière. La Chine serait la plus avancée dans ce processus et pourrait être le 1er pays à lancer une monnaie digitale de banque centrale.

En novembre 2018, l’ex-DG du FMI, Christine Lagarde, avait invité les Etats à envisager la possibilité d’émettre de la monnaie numérique. BAM semble suivre de près cette tendance mondiale. «Nous suivons ces évolutions et examinons, en concertation avec les autres régulateurs nationaux et autorités concernées, leurs implications au plan national, à la fois en termes d’opportunités et de risques», a fait savoir Jouahri.

Pour l’instant, «les crypto-monnaies nationales sont encore en gestation, dans la mesure où ces technologies sont encore au stade expérimental. Il faudra 5 à 10 ans pour arriver à maturité en vue de leur déploiement sur une large échelle», a expliqué Horani.

                                                                         

Enorme potentiel

C'est l’une des technologies les plus disruptives, selon différents intervenants lors de ce Sommet. La Blockchain est présentée comme une innovation aussi importante que la naissance d’Internet. Elle offre un grand potentiel de «générer des gains de productivité pour de multiples industries, du secteur financier aux marchés de l’énergie, aux chaînes d’approvisionnement, à la gestion de la propriété intellectuelle…».

Parallèlement, la monnaie électronique peut s’avérer décisive en matière d’inclusion financière. En 6 ans, 1,2 milliard de personnes ont eu accès aux services financiers grâce à la technologie, selon le SG des Nations Unies.

Un rapport de l’institut McKinsey a mis en avant le potentiel de la Fintech dans les économies émergentes, avec un gain de 6% de PIB additionnel à l’horizon 2025, soit 3,7 trillions de dollars et 95 millions de nouveaux emplois. Selon le gouverneur de Bank Al-Maghrib, «le Maroc compte saisir l’apport de la Fintech, dans le cadre de la stratégie nationale d’inclusion financière».

M.A.M.

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