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Economie

Financements innovants: La deuxième opération arrive!

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5639 Le 22/11/2019 | Partager
Elle porte sur 3 milliards de DH
Discussions avancées avec plusieurs investisseurs institutionnels
Une réforme des PPP, décisive pour booster le système

Après la transaction avec la Caisse marocaine des retraites (CMR) qui a rapporté de l’argent frais au budget de l’Etat à hauteur de 4,7 milliards de DH, d’autres financements innovants sont en négociation.

La prochaine opération concerne la cession d’un lot de bâtiments administratifs. Elle est sur le point d’être finalisée. La discussion est engagée avec plusieurs investisseurs institutionnels dont notamment la CDG, les caisses de retraite et les assurances. Elle doit rapporter aux caisses de l’Etat entre 2,5 et 3 milliards de DH, souligne une source proche du dossier.

En tout cas, ces deux opérations comme d’autres qui vont suivre s’inscrivent dans le cadre de la programmation de la loi de finances de 2019. Celle-ci avait prévu une enveloppe de 12,165 milliards de DH en provenance des financements innovants. Ce total (CMR et bâtiments administratifs) sera bouclé avant la fin de décembre de cette année. Par la suite, d’autres opérations vont permettre de réaliser les 12 milliards de DH inscrits dans le PLF 2020.

Il faut reconnaître que les bâtiments administratifs, bien situés, ont de la valeur comme c’est le cas d’une direction régionale à Casablanca ou à Rabat par exemple. En tout cas, avec les institutionnels, c’est un placement sûr avec l’Etat. Ils ont la garantie à travers les bons de Trésor à maturité de 20 ou 30 ans. De toute façon, ces institutionnels et le secteur privé placent leur argent dans les bons de Trésor. La référence de la maturité est le bon de trésor et la garantie est l’Etat. En face, ce volontarisme d’investissement permettra de corriger les insuffisances dans les infrastructures de base.

Pour réaliser les premiers financements, le ministère des Finances a engagé  les discussions avec les investisseurs institutionnels. Il les étendra par la suite aux banques qui sont également intéressées.

L’enjeu d’une institution financière est de placer son argent, avec  le moindre risque possible. Encore faut-il accrocher le secteur privé. C’est là où intervient la réforme de la loi sur le Partenariat public-privé (PPP), dont la première mouture n’a pas donné les fruits escomptés. Le projet revisité est actuellement au niveau de la Commission des Finances de la Chambre des représentants.

Après le démarrage de l’examen du PLF 2020 au niveau de la Commission, Mohamed Benchaâboun a saisi cette opportunité pour faire la présentation du texte du PPP il y a près d’un mois. Il devra vite le reprendre pour l’approuver vu son caractère d’urgence.

Surtout que cette réforme prévoit l’introduction de plus de souplesse dans la loi du PPP de sorte à permettre au secteur privé de s’y engager avec la fluidité et l’assurance nécessaire, tout en ouvrant la porte à de nouvelles entités, essentiellement les collectivités territoriales qui réalisent une grande partie des investissements publics.

Le recours à ces financements innovants s’est imposé comme le meilleur recours pour maintenir un trend haussier des investissements publics, particulièrement dans les infrastructures de base. Il faut préciser que le mécanisme des financements innovants se résume à une idée simple: les actifs ayant fait l’objet d’investissements dans les années précédentes, et qui ont aujourd’hui atteint une maturité de fonctionnement et de services publics, sont cédés à des investisseurs institutionnels.

Ces derniers vont prendre cet investissement pour le mettre dans leurs actifs. En contrepartie, l’Etat payera un loyer à l’investisseur institutionnel. Cette formule permettra au gouvernement d’avoir les moyens nécessaires pour réaliser les autres investissements dont a besoin le pays. C’est le cas par exemple du secteur sensible de la Santé.

Le défi est d’avoir les moyens de réaliser d’autres CHU. «Nous sommes  en train de finir celui de Tanger, de construire celui d’Agadir et de Laâyoune», confie à L’Economiste une source proche du dossier. Qu’importe si l’Etat doit garder la propriété des CHU de Fès et d’Oujda.

En fait, le véritable challenge est que les citoyens dans ces villes disposent de la qualité de service. Pour cette même source, il est impératif d’installer une nouvelle culture. Désormais, l’enjeu n’est pas que l’Etat soit propriétaire ou non d’un bien public, mais responsable d’assurer le service public. Pour cela, il est nécessaire de continuer à investir là où le manque est patent.

Projets en cours

Les contours de ce modèle de financement se précisent avec la mise en œuvre des projets. Déjà le PLF 2019 a avancé des estimations préliminaires et une budgétisation triennale de plusieurs projets d’infrastructures pour un coût global de plus de 55 milliards de DH dont 12,165 milliards de DH en 2019.
La liste du ministère des Finances avait retenu la construction du nouveau siège de la Direction générale de sécurité nationale pour 2,506 milliards de DH, dont 555 millions de DH au titre de 2019. Le projet a démarré il y a quelques mois. Au menu aussi, la construction du port de Dakhla pour 9,6 milliards de DH dont 500 millions de DH payés en 2019. Le nouveau port énergétique de Jorf Lasfar est également sur la liste. L’enveloppe nécessaire à sa réalisation s’élève à 5,420 milliards de DH dont à peine 20 millions de DH seront décaissés l’année prochaine.
Le reste sera mobilisé en 2020 et en 2021. Sur cette liste figure également la connexion du port de Nador West Med au réseau autoroutier pour une enveloppe de 4,5 milliards de DH dont 600 millions engagés en 2019. Idem pour la connexion ferroviaire du port de Nador West Med qui nécessitera 3 milliards de DH dont 300 millions programmés pour cette année.

Mohamed CHAOUI

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