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    Nouveau modèle de développement Le digital, incontournable

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5633 Le 13/11/2019 | Partager
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    Economiste spécialisé en économie du développement, en macroéconomie et en politiques de protection sociale, Najib Benamour occupe aujourd’hui le poste de SG de l’IMIS. L’ancien DG de la Caisse de compensation pilotera, entre autres, la stratégie de production de connaissance de l’Institut et l’animation du réseau d’experts et chercheurs (Ph. MAP)

     Il y a quelques mois, l’Association marocaine d’intelligence économique a fait peau neuve. Nouvelle feuille de route, changement de nom pour, dé­sormais, l’Institut marocain d’intelli­gence stratégique (IMIS), et de nou­velles nominations ont été effectuées. Lors du conseil d’administration qui a eu lieu le 30 octobre, Najib Benamour, économiste et ancien DG de la Caisse de compensation, a été élu au poste de secrétaire général. «Notre objectif aujourd’hui est de produire une série de policy papers axés sur un certain nombre de thématiques qui revêtent un caractère prioritaire pour le pays. Nous travaillons également sur la production de recueils appelés à être publiés avant fin 2019», souligne Benamour.

    - L’Economiste: Quelles sont les propositions phares de la feuille de route 2020 de l’IMIS?
    - Najib Benamour: Notre mission est de créer de la valeur ajoutée intellectuelle sur deux temporalités régulières et réac­tives d'une part, et de manière annuelle sous forme d'ouvrage s'attaquant à des sujets de niche d'autre part. La feuille de route de 2020 comportera plusieurs vo­lets, allant de la publication des cahiers de l'IMIS, regroupant une série de réflexions et de propositions, à la préparation et la réalisation d'un nouvel ouvrage avant la fin du mois d'avril. Parmi nos priorités, fi­gure la problématique de la digitalisation. Nous pensons au sein de l'Institut qu'il est primordial pour le pays de s'y attaquer, car en dépit des efforts louables accom­plis depuis quelques années, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous projetons aussi d'organiser des journées thématiques qui serviront de base pour l'élaboration d'un livre blanc. A ce titre, une équipe vient d'être constituée pour chapeauter les thèmes identifiés.

    - Comment le Maroc pourrait-il tirer profit des changements écono­miques et accélérer sa croissance?
     - Durant ces deux dernières décen­nies, le Maroc a modernisé son écono­mie et s'est ouvert sur l'extérieur tout en maintenant et préservant ses fondamen­taux. Les profondes réformes entreprises dans tous les domaines ont fortement contribué à cette ouverture. L'arrimage à l'Union européenne s'est également accompagné d’une ouverture ambitieuse sur l'Afrique, notamment de l'Ouest, fai­sant du Maroc un hub économique entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne. Un hub appelé à s'étendre à d'autres pays tels que la Chine, la Russie, le Moyen-Orient... Le Maroc a conforté sa place de plaque tournante et de véhicule de chaînes de valeur régionales d'intégra­tion méditerranéenne et euro-africaine. C'est là que cette vision rejoint quelques composantes du nouveau modèle de dé­veloppement où la priorité devrait être donnée à l'amélioration de la compéti­tivité du produit Maroc. Si le Royaume veut tirer profit de son positionnement géoéconomique et rejoindre le rang des pays émergents, il devrait dès à présent changer de vision de croissance. Cela se fera en capitalisant sur les acquis et en prenant exemple sur des projets structu­rants comme TangerMed et développer l'axe atlantique jusqu'au Sud en créant des pôles de croissance comme le futur port de Kénitra Atlantique, le port de Safi, le futur port de Dakhla, trait d'union entre le Maroc et l'Afrique, la ligne LGV Marrakech-Agadir... Ce sont là des pro­jets structurants dont nous avons besoin pour booster notre croissance et renfor­cer le positionnement à l’international.

    - Sur quoi le nouveau modèle de développement devrait-il principale­ment reposer?
    - Il faudra d’abord s’attaquer aux pro­blèmes qui revêtent un caractère urgent (inégalités sociales, renforcement de la protection sociale, accès au logement, transport urbain, une meilleure réparti­tion des fruits de la croissance...), ensuite ceux dont la résolution nécessite des stratégies à moyen terme (l'éducation, la formation professionnelle, la santé, l'emploi…) à travers la promotion de l'investissement privé.
    Le nouveau modèle de développe­ment ne devrait pas faire table rase de ce qui a été accompli. Au contraire, il de­vrait s'atteler à capitaliser sur les grands acquis, corriger les imperfections et pro­jeter le Maroc dans la nouvelle chaîne de valeur mondiale. Ainsi, il gagnerait à apporter des réponses pragmatiques. Aujourd’hui, l'urgence des mesures à prendre est surtout dictée par la révolu­tion technologique planétaire que nous vivons, matérialisée par l'intelligence artificielle et la robotisation. La tâche s'avère lourde.

    - Tous les maux du Maroc ont pour principale origine la défaillance du système éducatif. Quelle est la recette pour sortir de cette impasse?
    - Le système éducatif a régulière­ment tiré le Maroc vers le bas dans les classements internationaux, notamment l'indice de développement humain, et ce malgré les progrès appréciables réa­lisés dans d'autres domaines. Il serait prétentieux de ma part d'apporter une réponse adéquate à cette problématique où on a toujours buté à trouver des solu­tions consensuelles. Mais à mon sens, la loi-cadre sur la réforme du système éducatif et la réforme de la formation professionnelle seront certainement de nature à apporter les solutions qui s'im­posent. Elles devront nous permettre de combler notre retard en matière de capi­tal humain pour pouvoir affronter les défis qui nous attendent, en particulier en termes d’investissements, d’infras­tructures numériques, d’IA et de robo­tisation. Soit nous prenons le train en marche soit nous risquons de rater un tournant de notre histoire.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                       

    De nouveaux administrateurs à l’IMIS

     L’Institut marocain de l’intel­ligence stratégique (IMIS) est un think tank qui se définit comme un laboratoire d’expérimentation agrégeant des experts de différents domaines à même de pro­duire des publications de référence et de qualité. «Ces dernières auront pour ob­jectif de porter la voix du Maroc à l’inter­national et de partager des connaissances relatives aux questions stratégiques d’ordre économique et social à même d’inspirer les politiques publiques natio­nales suivant les priorités du moment ou les visions prospectives», explique Najib Benamour, secrétaire général de l’IMIS. L’Institut réunit en son sein des experts avec des positions idéologiques et politiques très diverses et dont la pas­sion Maroc est commune», poursuit-il. Lors de l’assemblée générale en octobre dernier, quatre nouveaux administrateurs ont été coptés. Il s’agit du Dr Mohamed Benabid, Rédacteur en chef de L’Eco­nomiste et enseignant-chercheur, le Pr. Ahmed Azirar, expert en commerce in­ternational et intelligence économique, Younes El Mechrafi, DG de la Maro­caine des jeux et des sports (MDJS), Salma Bachir El Bouhali, manager chez Guepard Consulting Group. L’institut se concentrera davantage sur la production d’ouvrages et de policy papers théma­tiques dans ses domaines de prédilection. En 2019, l’IMIS a publié «Un chemin marocain», un recueil d’essai sur les 20 dernières années au Maroc, paru aux édi­tions Descartes et Cie. D’autres travaux relatifs à la politique économique du Royaume sont prévus.

     

     

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