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    Analyse

    Télécoms: Les fausses notes du secteur

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Moins de 20% des PME connectées au haut débit
    L’Internet fixe ne représente que 6% du parc d’abonnés
    Hausse du revenu moyen mensuel des opérateurs
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    La concurrence dans le domaine de l’Internet à haut débit reste limitée, les prix élevés et inabordables. A fin mars 2019, les accès Internet ADSL avec débits inférieurs à 4 MB/s représentent plus de 63% du parc global ADSL, suivis des abonnements pour des débits entre 10 et 16 MB/s (soit près de 30%)

    «L’amélioration de l’accès au haut débit, en particulier le haut débit fixe, est le principal défi que doit relever le Maroc pour accroître sa productivité, progresser dans les chaînes de valeur mondiales et développer une économie numérique axée sur l’innovation», analyse la SFI dans son rapport de juin 2019.

    Selon l’analyse des marchés télécoms, établie par l’ANRT au premier trimestre, le parc internet a atteint 23,1 millions d’abonnés, à fin mars, portant le taux de pénétration de l’Internet à 65,58%. Mais l’analyse révèle que 93,2% du parc est constitué d’usagers de l’Internet mobile. Ce parc totalise plus de 21,53 millions d’abonnés. Les connectés via l’ADSL ne représentent qu’environ 6%.

    Dans cette population, les accès ADSL avec des débits inférieurs ou égaux à 4MB/s représentent 63,3% du parc global Internet ADSL qui a atteint 1,44 million d’abonnés à fin mars 2019. Pour la filiale de la Banque mondiale, la forte dépendance à l’égard du réseau mobile nuit à l’expansion de l’Internet haut débit et à l’adoption du numérique.

    «L’accès à Internet est l’un des leviers qui permettra à nos PME/PMI d’être plus compétitives. Or, actuellement, moins de 20% sont connectées au haut débit. Ce qui n’est pas normal», révèle Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l’Apebi, PDG de GFI Maroc, lors du premier panel de la 2e édition de l’Université d’été de la CGEM.

    L’absence de concurrence, une réglementation incomplète et inefficace, ainsi que le sous-investissement dans l’accès au haut débit par fibre optique et les infrastructures de liaison terrestre ont généré des services Internet haut débit onéreux.

    Le revenu moyen mensuel des opérateurs a atteint 31 DH HT/mois/client à fin mars 2019. Un an plus tôt, cet indicateur était à 27 DH HT/mois/client. Il est progressivement passé à 28,2 DH à fin juin 2018, 29 DH à fin décembre 2018 avant de monter à 31 DH en mars dernier.

    Le marché du haut débit est également limité aux principaux centres urbains et routes du pays, ce qui accentue la fracture numérique. La pénétration du haut débit au Maroc est parmi les plus faibles de la région Mena. Le Maroc arrive loin derrière plusieurs pays émergents comparables.

    Pour la Société financière internationale (SFI), la levée des obstacles juridiques et réglementaires à un marché du haut débit plus compétitif est une condition sine qua non pour que le Maroc puisse tirer parti des possibilités d’une économie numérique moderne qui devient de plus en plus centrale dans des secteurs-clés de l’économie tels que l’agriculture, l’industrie.

    Pareil pour une administration publique moderne. Le secteur souffre d’un manque de concurrence, d’une réglementation incomplète et inefficace et d’un manque d’investissements dans les infrastructures fixes. S’y ajoute l’optimisation de l’utilisation des infrastructures numériques existantes appartenant aux entreprises publiques par le partage qui se fait toujours attendre.

    Toutes ces insuffisances reflètent à la fois le manque d’intérêt et le fait que les politiques de dégroupage de la boucle locale de cuivre, implémentées par l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT) depuis plus de dix ans, n’ont pas été mises en œuvre.

    De plus, contrairement à la situation dans d’autres économies émergentes, le Maroc n’a pas autorisé ou accordé de licences aux fournisseurs d’accès Internet pour déployer leur infrastructure, limitant ainsi le nombre de concurrents fournissant des services Internet aux trois opérateurs. La concurrence dans le domaine de l’Internet à haut débit reste donc limitée et les prix sont élevés et inabordables pour une part importante de la population.

                                                                         

    Les effets induits

    Le haut débit sera la principale source de développement potentiel dans les secteurs des télécommunications et des TIC dans les années à venir. Lorsque le haut débit est plus largement disponible, la productivité du travail augmente dans les services et l’industrie.
    Des secteurs entiers qui sont stratégiquement essentiels à l’économie marocaine, comme l’agriculture et les industries automobile et aéronautique, sont, et continueront d’être, profondément affectés par l’utilisation des TIC dans leurs processus de fabrication. Dans les secteurs de l’éducation et de la santé, le haut débit pourrait jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de la qualité des services. De même, le développement de l’économie numérique contribuerait à une administration publique moderne en introduisant des services publics numériques accessibles à tous, réduisant la complexité des procédures administratives, ainsi que la corruption, les deux principaux obstacles au développement des entreprises.

    M.Ko.

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