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    Economie

    Rapport de la Cour des comptes/L’OCP «se dit au diapason des recommandations»

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5592 Le 13/09/2019 | Partager
    L’essentiel des chantiers d’amélioration de la chaîne de valeur réalisé
    La mission de la juridiction s’est déroulée dans une phase de transformation profonde de l’activité minière
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    Le procédé d’épuration biologique consiste en l’élimination de la pollution carbonée via l'eau et la boue, avec traitement, filtration, extraction et séchage. Les eaux épurées sont utilisées dans les activités minières de l’OCP dans la région. Une partie étant recyclée dans l’arrosage des espaces verts de Benguerir (Ph. OCP)

    Pour l’OCP, la mission de la Cour des comptes s’est focalisée sur 5 volets  principaux. Des insuffisances ont été relevées au niveau de la planification de l’activité minière, de la constitution de la réserve d’exploitation, du planning de la production, de l’impact sur l’environnement et du traitement des phosphates.

    Dans sa réponse, le PDG du groupe prend acte de «la pertinence des observations de la mission et s’attelle dans l’immédiat à les prendre en charge». Surtout que son passage est intervenu dans une période où le groupe était en pleine mutation. Il n’empêche que des avancées ont été réalisées depuis lors.

    La juridiction estime ainsi que la programmation de l’activité minière «repose sur des moyens, des méthodes et des critères disparates se répercutant, ainsi, sur la qualité des données techniques et statistiques utilisées et limitant leur adaptation aux objectifs fixés». Ce qui se traduit, généralement, par des écarts significatifs entre les prévisions et les réalisations de production, est-il souligné.

    En effet, les études relatives aux mines en développement, réalisées entre avril 2008 et janvier 2009, devaient donner plus d’importance à l’affinement de la reconnaissance géologique des gisements. De même, l’échéancier de mise en service des nouvelles mines au niveau de certains sites n’a pas été suffisamment étudié au regard de son importance.

    Ainsi, le programme de production à l’horizon 2050, qui constitue le document de référence en matière de planification, n’a fait qu’identifier les gisements de relève sans préciser les éléments pris en compte et les critères retenus pour prioriser entre ces gisements.

    En outre, les mesures anticipatives visant la sécurisation des gisements à moyen et long terme nécessitent d’être développées pour «atténuer les contraintes relatives à  la constitution des réserves foncières,  notamment celles concernant   l’extension des agglomérations sur les terrains phosphatés».

    De même, l’élaboration du programme de production en question aurait gagné en pertinence s’il avait été basé sur une analyse comparative au regard du critère d’optimisation du rapport dépenses d’investissement/charges d’exploitation. Concernant le traitement du phosphate, le principal reproche porte sur la gestion des stocks.

    En effet, bien que la capacité  soit passée de 10 millions de tonnes en 2008, à 34 millions de tonnes en 2017, la Cour des comptes estime que la gestion des stocks se traduit par un fonctionnement souvent en flux tendu des laveries. D’où le risque de perturbation dans les programmes de production.

    Et la Cour de recommander que «ce processus gagnerait à être formalisé» de manière à définir des valeurs optimales de stocks de sécurité de produits garantissant une autonomie raisonnable, assurant un rythme de marche normal de ces laveries.

    Cependant l’accent a été mis sur l’utilisation du matériel d’exploitation. À ce sujet, l’OCP devrait notamment mettre en place une solution informatique (au moment du passage de la mission, le procédé était en cours d’expérimentation) pour assurer l’exploitation optimale des machines, affirme la Cour des comptes.

    En termes de maintenance du matériel, l’OCP accuse également des retards dans les chantiers déjà initiés. Ces derniers se sont soldés par «des réalisations disparates entre les différentes entités minières», relève la Cour des comptes. En particulier par rapport aux chantiers de redynamisation de la gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO), de la promotion des bureaux de méthodes ainsi que de la gestion des sous-ensembles et des pièces de rechange.

    Quant à l’impact de l’activité minière sur l’environnement, il est recommandé à l’OCP de déployer des efforts supplémentaires pour le traitement des grandes superficies exploitées et non réhabilitées. La juridiction souligne  notamment la persistance du problème d’évacuation des boues issues des processus de lavage et de flottation du phosphate.

    L’activité minière, de par sa nature, produit différents impacts sur l’environnement. Pour y faire face, l’entreprise a lancé, en 2013, un programme d’excellence environnementale mais des insuffisances restent à combler.

    A toutes ces observations, la Cour a émis des recommandations détaillées. Celles-ci ayant été accueillies favorablement par le PDG du groupe, estimant que «la mission a été particulièrement importante dans la mesure où elle a couvert une période caractérisée par une transformation profonde de la chaîne d’exploitation du phosphate».

    D’une part, cette chaîne a connu une croissance importante entre 2008 et 2017 grâce à un programme d’investissement qui a augmenté la capacité minière de près de 50% (100% à Khouribga) et a triplé la capacité de production d’engrais. D’autre part, le démarrage en 2014 du transport hydraulique par pipeline entre Khouribga et Jorf Lasfar a entraîné une mutation profonde des processus et des pratiques de gestion de la supply chain de la mine à la chimie.

    Pour ce qui est de la planification, plusieurs «actions ont été réalisées depuis le passage de la mission», révèle Mostapha Terrab. Cette  planification a été renforcée par la création en 2016 d’entités dédiées à l’optimisation de la chaîne de valeur. Des outils, notamment «Mine Planning» déployé à partir de 2016 et «Fleet Management System» généralisé en 2018, permettent de structurer et d’optimiser les processus de planification et de pilotage.

    En ce qui concerne le traitement des phosphates, «les laveries ont connu une nette amélioration ces deux dernières années (2017-2018) grâce à un ensemble d’actions menées à l’issue de la mission de la Cour des comptes.

    Sont cités, la  mise en place d’un processus de gestion des flux et des stocks de phosphates avec un pilotage intégré, le déploiement d’un outil digital de planification de la production et de gestion des stocks intermédiaires des laveries ainsi que le lancement de plusieurs chantiers d’optimisation des équipements.

    En somme, le groupe se dit être à jour des observations de la Cour.

    Le poids d’un leader mondial

    OCP.SA est la première entreprise nationale et internationale, et le premier exportateur des phosphates et dérivés au niveau mondial. Le groupe, qui emploie plus de 20.000 collaborateurs, a réalisé, en 2017, un chiffre d’affaires de 48,5 milliards de DH contribuant, ainsi, à hauteur de 17% aux exportations et à 18% en ce qui concerne les réserves en devises. Le chiffre d’affaires réalisé se compose à raison de 19% des ventes de la roche, 24% d’acide phosphorique et 57% d’engrais phosphatés. En 2017, le groupe a réalisé un résultat net de 4,6 milliards et des investissements opérationnels de 11,6 milliards de DH.  Ces résultats s’inscrivent dans la réalisation des objectifs du groupe qui s’est engagé, depuis 2008, dans une stratégie de développement industriel, couvrant les activités minières et chimiques. Stratégie qui vise le doublement des capacités d’extraction minière et le triplement de celle de traitement chimique à l’horizon 2027.

    A.G.

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