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Le casse-tête du Brexit continue

Par L'Economiste | Edition N°:5581 Le 29/08/2019 | Partager
Le Parlement britannique sera suspendu jusqu’au 14 octobre
Une manœuvre qualifiée de scandale constitutionnel
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Le Parlement britannique sera suspendu la deuxième semaine de septembre et jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date prévue du Brexit. Suite à cette nouvelle, la livre sterling a chuté de 0,6% face à l'euro et au dollar. Cette annonce rend d’ailleurs improbable pour les députés de l'opposition d'empêcher une sortie sans accord de l'Union européenne.

Un scénario qui fait craindre des pénuries et le rétablissement des droits de douane. La rentrée parlementaire, qui s'annonce houleuse, est prévue pour mardi 3 septembre. Le Premier ministre Boris Johnson a demandé à la reine Elizabeth II de suspendre le Parlement la semaine suivante, après les débats du 9 septembre, et jusqu'au 14 octobre. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la reine, dans lequel elle expose le programme de son gouvernement.

«Je pense qu'il est essentiel que le Parlement siège avant le Conseil européen (prévu pour les 17 et 18 octobre prochains). Et si, comme je l'espère, un accord avec l'UE est imminent, le Parlement aura la possibilité d'adopter la loi sur l'accord de retrait nécessaire à la ratification avant le 31 octobre», a expliqué le chef du gouvernement dans un communiqué. Les semaines précédant le Conseil européen sont donc vitales. En montrant plus de détermination, un nouvel accord qui puisse être adopté par le Parlement pourra être décroché.

L'accord de sortie de l'UE conclu avec le gouvernement de Theresa May après plus de deux ans de négociations acharnées avait été rejeté à trois reprises par les députés. Ces derniers n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des Britanniques.

Le Parlement britannique est traditionnellement suspendu plusieurs semaines en septembre en raison des conférences annuelles des partis politiques. L’extension de cette suspension jusqu'au 14 octobre (12 jours après la fin de la dernière conférence, celle du parti Tory), a provoqué de vives réactions de l'opposition. Celle-ci a dénoncé une manœuvre «antidémocratique».

«C'est un scandale et une menace à notre démocratie», a réagi Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le principal parti d'opposition. Cette annonce a été critiquée jusque dans les rangs conservateurs, l'ancien ministre des Finances Philip Hammond, opposé au scénario d'une sortie sans accord de l'UE, dénonçant aussi un «scandale constitutionnel». C’était le cas aussi pour le président de la Chambre basse du Parlement, John Bercow.

Mardi dernier, les chefs de file des partis d'opposition s'étaient réunis pour convenir d'une stratégie commune. Et ce, afin d'éviter ce départ de l'Union européenne sans accord en votant une loi dans ce sens.

F. Z. T. avec agences

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