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    Régions

    Marrakech/Safi: Comment rassurer les milieux d’affaires ?

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5551 Le 08/07/2019 | Partager
    La tâche sera ardue après l’affaire de corruption qui a mis à nu le mode opératoire
    La wilaya communique sur le nouveau modèle «transparent» de traitement de dossiers
    La «dérogation» n’est plus la règle, contrairement aux années précédentes

     

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    Après l’ affaire de corruption pour des autorisations, confirmant les craintes des milieux d’affaires, la tâche sera ardue pour Karim Kassi Lahlou, wali de Marrakech/Safi, Ahmed Akhchichen, président de la région,  Larbi Belcaid, maire de la ville, et Brahim Kheireddine, directeur du CRI/MS pour rassurer les investisseurs et remettre Marrakech dans les radars 

    Alors que les milieux des affaires sont encore sous le choc après le scandale de corruption à haut niveau et  l’arrestation du DG de l’agence urbaine de Marrakech, la wilaya de la région et le CRI de Marrakech/Safi ont pris les devants pour tenter de rassurer (enfin!) les opérateurs économiques. Ces derniers -et à leur tête la CGEM- ont toujours pointé du doigt les freins et  blocages rencontrés dans l’investissement et les pots-de-vin déguisés et exigés dans certains cas. Les autorités locales souhaitent ainsi corriger le tir et offrir plus de transparence. Les premières procédures touchées sont celles des dérogations. Souvent décriées mais parfois nécessaires, ces procédures -qui font le lit de la corruption- ne seront plus la règle à l’avenir, contrairement aux années précédentes. Et si tel est le cas aujourd’hui, c’est  en raison de l’absence de schéma directeur d'aménagement urbain. Les chefs d’entreprise ont besoin «de standards urbanistiques clairs». Cette limpidité participera à la moralisation de l’administration publique. D’après la wilaya, ce travail de transparence a commencé depuis septembre dernier.

    Le pot-de-vin de trop!

    L'affaire qui a fait tomber KO le directeur de l’Agence urbaine remonte à deux ou trois semaines. Et c’est un promoteur immobilier (R.H.), une vieille connaissance du DG, qui aurait tendu le piège au responsable local qui a conduit à son arrestation.  Après avoir été sollicité pour des pots-de-vin à plusieurs reprises, le dénonciateur a saisi la présidence du Parquet général pour dénoncer une énième tentative d’extorsion. Jeudi dernier en début de soirée, juste après sa réunion avec les équipes de la wilaya, le suspect  a été filmé dans une station de carburant à la sortie de Marrakech recevant des sommes d’argent. Il a été suivi jusqu’à chez lui par les éléments de BNPJ et d’autres membres de la sécurité. Après une perquisition dans sa demeure et son véhicule, la police a bel et bien retrouvé de grosses sommes d’argent correspondantes à celles indiquées par le dénonciateur. On ne connaît pas jusqu’à maintenant le montant du pot-de-vin, puisque l’affaire est encore en instruction. Certains parlent de 500.000 DH alors que d’autres avancent la somme de 1,2 million de DH. D’après le plaignant, ces pots-de-vin étaient donnés pour accélérer les démarches de l’autorisation de ses projets. Le suspect a été immédiatement mis en arrestation et l’enquête suit son cours pour connaître les éventuels complices. 

    «Les 520 dossiers d’investissement traités à fin juin ont été examinés avec la participation des gouverneurs des provinces dont les projets relèvent de leurs commandements, des services extérieurs déconcentrés concernés par les projets d’investissement, des présidents des collectivités territoriales, du directeur du CRI et de la directrice et directeurs des agences urbaines concernées avec la célérité et l'efficacité requises», peut-on lire dans le bilan du CRI/MS. «Et c’est le wali de la Région Marrakech-Safi, Karim Kassi Lahlou qui a présidé les 28 commissions régionales d’investissement», est-il indiqué. Sur le total des dossiers déposés, seuls 184 projets ont reçu un avis favorable dont 63 traités dans le cadre du circuit normal, loin de la dérogation. Le plus gros de ces investissements sera réalisé par le secteur industriel pour une enveloppe de plus de 3 milliards de DH. Ce sont pour la plupart des investissements programmés dans la ville de Safi. Il s'agit particulièrement de projets de construction d'unités industrielles de gypse, de central à béton, de stockage de céréales, d'unités de construction dans le domaine des industries métallurgiques dans le cadre de contrat de performance sur les écosystèmes avec l'OCP, etc. Pour rappel, la région de la ville portuaire abrite plus de 6 milliards de tonnes de réserves naturelles de gypse. Actuellement, sa valorisation est assurée par 7 unités industrielles.

    Le tourisme et l’industrie aux premiers rangs

    Les intentions d’investissements validées durant les 6 premiers mois de l’année avoisinent près de 7,5 milliards de DH et devraient créer près de 12.000 d’emplois. Et même si ces chiffres ne reflètent que des intentions et non des réalisations, ils renseignent sur la tendance de l’attractivité de la région. A la lecture du bilan du CRI de Marrakech/Safi, le secteur du tourisme continue d’être la locomotive de l’économie de la région. Ainsi, il s’est accaparé 42% des intentions d’investissement. La ventilation sectorielle met aussi en lumière le secteur de l’industrie avec 13% du volume global d’investissement au même titre que l’enseignement (9%) suivi par les services (7%). Pour le tourisme la plupart des projets d’intention d’investissement validés par le CRI de Marrakech/Safi sont dans la région de Marrakech, Al Haouz et Essaouira. Il s'agit principalement des maisons d'hôtes au niveau des deux provinces, l'extension du projet Marrakech Madina club, un projet de parc des oiseaux «Oasis Rio», un projet de réalisation d'un jardin botanique, un centre de conférences pour le Royal Palm Marrakech, géré actuellement par le Fairmont. 

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