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    ADM: 4,3 milliards de DH d’arriérés de TVA

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
    L’Etat commence à rembourser, mais le rythme est jugé lent
    Triplement de l’autoroute Casa-Berrechid
    Reprofilage de la dette: «Aller le plus loin possible»
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    «Nous revenons de loin. En avril 2014, le président du conseil d’administration avait envoyé une lettre au ministre des Finances pour l’informer que ADM allait être en cessation de paiement trois mois après cette date. Finalement, nous avions réussi à équilibrer les comptes par plusieurs actions», souligne Anouar Benazzouz, DG d’ADM (Ph. F. Alnasser)

    - L’Economiste: Vous avez tenu vendredi dernier votre conseil d’administration, quelles sont les principales résolutions prises?
    - Anouar Benazzouz:
    La principale concerne le chantier du triplement du Grand Casablanca et de Casablanca-Berrechid. Il s’agit d’un triplement sur 60 km, d'un coût de plus de 2 milliards de DH. Le financement de ce projet est divisé en 4 lots. Nous souhaitons que les lots 1 et 4 soient financés par l'obligataire pour pouvoir appliquer la préférence nationale et permettre ainsi aux entreprises marocaines d'avoir cet avantage sur ce chantier. Car, lorsque le projet est financé par les bailleurs de fonds, la préférence nationale ne peut être activée. Pour les lots 2 et 3, tronçon avec plus de trafic, c'est un chantier assez difficile. Nous voulons avoir les meilleures entreprises pour pouvoir finir le chantier le plus tôt possible. Et donc le conseil doit nous donner le droit de faire cela, et lancer deux marchés, le lot 1 et 4 et celui du 2 et 3. Nous voulons introduire une clause où une entreprise ne peut avoir qu'un seul lot sur le marché. Le but est d’avoir le plus d'entreprises possibles sur ce chantier. Nous souhaitons le lancer avant la fin d'année.

    - Y a-t-il d'autres résolutions?
    - Oui, une liée à l’obligataire. Il faut nommer une personne pour l’AMMC. Mais c'est juste une question administrative.

    - A part ce triplement, quels sont les projets que vous comptez réaliser?
    - Il y a Tit Mellil-Berrechid, une autoroute neuve sur 29 km qui va permettre à Casablanca d’avoir une autre entrée. Le processus d'expropriation est en cours. Nous lancerons le marché en fonction de l'état d’avancement. En plus, le ministère de l’Equipement et du Transport a programmé, dans la loi de finances 2019, Guercif-Nador. Ce tronçon, long de près de 105 km, est destiné à relier l'autoroute Fès-Oujda au port de Nador Ouest Med. Le coût de réalisation est estimé à 5 milliards de DH. Nous sommes également en train de lancer l'étude de faisabilité d’une autoroute continentale, parallèlement à celle de Casablanca-Rabat. Car, l’actuel tronçon sera bientôt saturé. 

    - Où en est-on dans le contrat-programme?
    - Nous y travaillons, parce qu'il faut trouver le mode de financement adéquat et des solutions intelligentes et innovantes.

    - Comment accrocher le privé pour financer des projets dont la rentabilité est à long terme?
    - J'ai un autre point de vue sur la question. Les entreprises qui travaillent sur la construction sont privées. Idem pour celles qui assurent des activités sur toutes les aires de repos, sans parler de l'aspect exploitation. Ce qui reste est le montage financier, fait par ADM et l'Etat. Parce que la rentabilité d’une autoroute en général est sur plus de 25 ans. C'est très difficile de trouver une entreprise du privé qui jouera le jeu. Les projets PPP qui marchent ont une profitabilité sur 5 ans, 8 ans, voire 10 ans. 

    - Quelle est la situation financière de la société?
    -Nous revenons de loin. En avril 2014, le président du conseil d’administration avait envoyé une lettre au ministre des Finances pour l’informer que ADM allait être en cessation de paiement trois mois après cette date. La raison essentielle invoquée était liée au fait que l’Etat n’avait pas tenu ses engagements en matière de capitalisation en 2013, à cause des difficultés budgétaires. Il fallait donc trouver une autre solution. Nous avions travaillé avec des cabinets et les ministères des Finances et de l’Equipement. Finalement, nous avions réussi à équilibrer les comptes par plusieurs actions. La première consistait à allonger la durée de la concession. Nous avons regroupé toutes les concessions pour pouvoir faire l'adossement entre les tronçons rentables et les non rentables. Nous avions allongé la durée pour s'aligner sur les tronçons non rentables pour les faire bénéficier des possibilités de l'adossement. Nous avons restructuré près de 50% de la dette, qui est de 39 milliards de DH. Le marché de l'obligataire nous a permis de passer de 20 ans, qui était le maximum, à 25 ans, puis à 30 ans, avec un délai de grâce de 15 ans sur le principal. Nous l’avons fait en 2 fois et cela a fonctionné même si le marché obligataire national n’est pas aussi mature comme en France. Cette situation permet au Maroc de travailler avec les investisseurs qui ont une vision assez long terme, comme les Caisses de retraite, etc. Ces institutionnels ont besoin d'une rentabilité sur la durée. Nous sommes très contents de voir que cela évolue de manière positive.

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    La dette d’ADM a atteint en 2015 près de 39,9 milliards de DH, soit un ratio d’endettement de 4,9 fois ses fonds propres. A ce titre, elle était considérée comme l’une des entreprises les plus endettées. Mais la restructuration financière a permis de réduire ce ratio  à 1,5

    - Quid du reprofilage de la dette dont vous aviez parlé devant les députés?
    - Nous continuerons de le faire. Nous avons reprofilé 20 milliards de DH. Il faudra appliquer la même technique pour 20 milliards supplémentaires. Malheureusement, certains prêts obligataires nous interdisent, par des clauses juridiques, de faire le reprofilage ou l’achat anticipé de la dette. Ce sont donc des complications que nous devons gérer, mais nous avons l'ambition d'aller au maximum dans le reprofilage de la dette. 
    - A fin 2018, vos arriérés de TVA s’élevaient à 4,3 milliards de DH. L’Etat vous a-t-il remboursé?
    - Deux actions ont été faites. En janvier 2015, le taux de TVA sur le péage est passé de 10 à 20%. La deuxième action a consisté à positionner tous nos investissements sous forme de conventions d'investissements avec l’Etat. Ce qui nous exonère de la TVA. Petit à petit, nous commençons à réduire le gap de ce butoir. Il était de 4,8 milliards de DH en 2015 et 4,3 aujourd’hui. Sauf que la vitesse de réduction est assez lente. Nous sommes en train de voir avec le ministère d'autres options pour accélérer ce rythme. Donc, dans l’effort de restructuration de la dette, nous voulons utiliser cet argent de la TVA pour optimiser encore plus la dette. C'est un travail en continu avec le ministère des Finances. J'espère que nous arriverons à une solution plausible pour tout le monde. 

    Services

    L'autoroute du Maroc développe un métier de services. Surtout que 400.000 véhicules passent chaque jour dans le réseau, soit plus de 1 million de passagers au quotidien. «Dans ce travail, l'aspect sécuritaire est notre ADN. C'est un challenge très important, parce que chaque jour, nous sommes mobilisés sur tout ce qui se passe sur le réseau», note-t-il. C’est une responsabilité et une fierté de servir les usagers d'autoroute. Sur cet aspect, le DG est catégorique: «Je ne veux pas que les métiers ADM soient perçus sous l'angle de la restructuration de la dette. Notre succès se mesure aussi à la satisfaction de l'usager».

     

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