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    Statu quo dans la bagarre ophtalmologues vs opticiens

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
    Les ophtalmologues dénoncent la pression du lobby de l’industrie du verre
    Les opticiens appellent le ministre à tenir compte de leurs revendications
    Des manifestations prévues chaque mercredi

    Depuis un moment déjà, une guerre oppose les ophtalmologues et les opticiens. La bataille porte sur leur périmètre de compétences suite à l’amendement de la loi 45.13, relatif à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle, le 4 juin dernier. La grogne vise plus précisément l’article 6, dont la modification prévoit de réduire les champs d’action des opticiens. Ces derniers se sont vus privés du droit d’exercer la mesure de l’acuité visuelle pour la correction réfractive. «Cela fait 65 ans que nous travaillons conformément à la loi 45.13 (voir encadré) et il n’y a jamais eu de problème. Nous avons toujours eu le droit de faire des réfractions», proteste Mina Ahkim, présidente du Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc (SNPOM). Selon le syndicat, le projet de loi a été voté par la Chambre des conseillers de manière injuste. Ils reprochent au ministre de la Santé, d’avoir cédé à la pression des médecins. 
    Le Syndicat national des ophtalmologistes libéraux du Maroc (SNOLM), pour sa part, a organisé une conférence le mardi dernier durant laquelle ils ont appelé à garder l’actuel article intact. «Nous demandons au  Parlement de ne pas céder aux pressions du lobby de l’industrie du verre et à préserver le principe de la séparation entre la prescription optique et la vente de lunettes, consacré par l’article 6, tel qu’il a été amendé», soulignent-ils. Les ophtalmologues insistent aussi sur le conflit d’intérêt manifeste qui existe si on autorise les opticiens à prescrire et à vendre en même temps les lunettes pour la correction. «Ces examens dispensés par les opticiens ne permettent pas de dépister les maladies silencieuses comme le glaucome ou la rétinopathie diabétique», alerte le syndicat. D’ailleurs, selon le ministère de la Santé, 14,3% des cas de cécité irréversible sont liés aux glaucomes. 
    «Les médecins jouent sur l’ambiguïté et stipulent que la réfraction est un acte médical. Ils sèment ainsi l’inquiétude auprès des Marocains arguant qu’il est question de la santé du citoyen», rétorque Mina Ahkim. «D’ailleurs, cela fait des années que des lunettes et des lentilles de contact sont vendues à tout va dans le pays. Jamais nous n’avions vu un médecin prendre part à nos revendications contre ce marché informel pourtant dangereux pour la santé des citoyens», s’insurge-t-elle. Les opticiens tiennent à préciser que l’organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l'optométrie comme une discipline de santé indépendante, plus particulièrement en charge des problèmes réfractifs.  
    Le 12 juin dernier, plus de 2.000 opticiens, venus des 4 coins du Maroc, ont manifesté leur colère lors d’un sit-in devant le ministère de la Santé à Rabat. Une série de manifestations et de grèves sont prévues tous les mercredis. «Nous nous arrêterons lorsque le ministre acceptera de dialoguer avec nous et de tenir compte de nos revendications», insiste la syndicaliste.

    Ce que disait la loi avant son amendement 

    Avant son amendement, l’article 6 de la loi 45.13 permettait aux opticiens-lunetiers de faire des réfractions. En revanche, il leur était interdit de délivrer un dispositif médical d’optique sans prescription médicale, si le sujet a moins de 16 ans, si l’acuité visuelle est inférieure ou égale à 6/10 après correction, ou encore si les amétropies fortes ou les presbyties sont en discordance avec l’âge. 

     

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