Régions

Benguerir: Le pari de réutilisation des eaux de l’OCP

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5470 Le 11/03/2019 | Partager
Le groupe a construit une Step pour préserver la nappe phréatique
Et réutilise les eaux pour le lavage industriel et la production de biogaz
2,6 millions de m3 d’eaux mobilisées dont 20% vont à l’arrosage de la ville verte
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Le procédé d’épuration biologique consiste en l’élimination de la pollution carbonée via l'eau et la boue, avec traitement, filtration, extraction et séchage avec stockage et valorisation. Les eaux épurées sont utilisées dans les activités minières d’OCP dans la région. Une sert par ailleurs à l’arrosage des espaces verts de Benguerir (Ph. OCP)

2,6 millions de m3 par an. C’est ce que mobilisera à l’horizon 2020 la station de traitement et de réutilisation d’eau (Step) de l’OCP à Benguerir. Cette station est destinée au traitement des eaux usées de la ville. Son procédé d’épuration biologique consiste en l’élimination de la pollution carbonée via trois files de traitement: eau et boue, avec traitement, filtration, extraction et séchage, puis gaz, avec stockage et valorisation.

Les eaux épurées en sortie de la station sont utilisées dans les activités minières d’OCP dans la région. Une partie de ces eaux sert par ailleurs à l’arrosage des espaces verts de la ville verte Mohammed VI. L'autre particularité de cette station réside dans l’atténuation des gaz à effet de serre à travers la valorisation énergétique du biogaz produit lors de la digestion anaérobie des boues issues du traitement des eaux usées.

En effet, le biogaz produit par la station permet de couvrir 30% des besoins énergétiques de la station. Troisième niveau de valorisation est le séchage solaire des boues issues de la Step, stockées sur place en perspective d’une valorisation ultérieure agricole.

A Benguerir, ce projet reste une réalisation emblématique et un des modèles concrets d’adaptation aux changements climatiques. La ville qui connaît un stress hydrique fait face à des exigences imposées par l’activité industrielle et minière et celles d’une ville verte.

C’est ainsi que l'OCP a adopté une approche avant-gardiste avec la Step qui a nécessité un investissement de 150 millions de DH et qui permet désormais d'éviter le déversement des eaux usées dans la nature, de préserver les ressources hydriques souterraines de la ville et d’améliorer l’environnement visuel. Pour l’OCP, le pari de la réutilisation des eaux usées ne date pas d’aujourd’hui. Le groupe a mis en place une stratégie tout environnement depuis plus de 20 ans.

Ces projets touchent l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’exploitation à la transformation en passant par le transport. Au-delà du processus industriel, ils constituent également un levier de développement en matière de renforcement des capacités locales des territoires et des populations.

En matière de préservation de l’eau, le groupe s’est engagé en 2008 dans la récupération et le recyclage de plus de 80 % des eaux utilisées dans les procédés d’enrichissement, en système continu, par lavage flottation au niveau des unités de ses sites de production. Ainsi, malgré une production de phosphates et d’engrais plus importante-le groupe ayant doublé sa capacité de production-, le niveau de prélèvement des ressources naturelles en eau reste quasiment le même que celui de 2010, indique Zineb Benjelloun, responsable de projet eau et énergie à OCP.

«Tout le besoin d’eau additionnel a été comblé par l’usage d’eaux non conventionnelles. Ces dernières ont d’ailleurs pu satisfaire, en 2018, 30 % des besoins en eau du Groupe». Aujourd’hui, l’Office veut aller plus loin et investit dans le dessalement d’eau de mer pour couvrir la totalité des besoins additionnels requis par son développement industriel, sans aucune demande complémentaire en eaux conventionnelles.

La plateforme industrielle de Jorf Lasfar est ainsi alimentée par la plus grande station de dessalement au Maroc avec une capacité annuelle de 25 millions de mètres cubes. Son projet d’extension, dont la mise en service est prévue en 2021, permettra d’atteindre une capacité totale de 40 millions de mètres cubes par an. Une autre station, d’une capacité 7,5 millions de mètres cubes, est prévue à Laâyoune afin de satisfaire les besoins en eau du programme de développement industriel du site Phosboucraa.

Economie circulaire pour les ressources

L’utilisation de l’eau intervient à chaque étape de la chaîne de valeur de l’OCP. C’est ainsi qu’en terme de prévisions, les besoins en ressources hydriques du groupe dépasseront à terme les 160 millions de mètres cubes annuellement. Soit l’équivalent de la consommation en eau de la région du Grand Casablanca. Afin de garantir une gestion intégrée et durable des ressources hydriques, le Groupe a mis en place un «Programme Eau» qui repose sur deux leviers: optimisation de l’utilisation de l’eau sur toute la chaîne de valeur (activités minières, transport, valorisation), et mobilisation des ressources en eaux non conventionnelles (eaux usées domestiques épurées et eaux de mer dessalées). Ce programme qui s’intègre dans un autre plus global « Economie Circulaire », a mobilisé depuis 2008 plus de 3,5 milliards de DH. A terme, à l’horizon 2028, 100 % des besoins industriels en eau du Groupe seront ainsi à terme satisfaits à partir d’eaux non conventionnelles (eaux usées traitées et eaux dessalées). Les autres objectifs du programme d’économie circulaire concernent entre autres 100 % d’électricité, la réhabilitation des mines au profit des communautés, la maîtrise des émissions et gestion des effluents.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

 

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