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    Analyse

    Casablanca/Mobilité: Le véhicule particulier en perte de vitesse?

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5441 Le 29/01/2019 | Partager
    Il ne représente plus que 12% des déplacements contre 14% en 2004
    68% des Casablancais prêts à abandonner leur voiture
    Si le système de transport collectif devient plus performant
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    Lancée la semaine dernière, la 2e ligne de tramway desservira pas moins de 9 arrondissements sur un couloir de plus d’un million d’habitants. La fréquentation moyenne sur cette ligne sera de 110.000 voyages/jour, avec un potentiel de 200.000/j. Et ce n’est pas rien.

    Ce seront autant de déplacements en moins sur d’autres modes de transport (voiture, taxis, motos, marche…). Une bouffée d’oxygène pour une ville qui totalise pas moins de 7,8 millions de déplacements quotidiens. Le développement de ce mode de transport en site propre se traduira par un changement progressif des habitudes de déplacement. 

    L’un des effets souhaités est celui de pousser les Casablancais à prendre de moins en moins leur voiture. Une tendance qui commence à peine à s’installer. Mais c’est un fait corroboré par les derniers chiffres de l’Enquête ménages déplacements (EMD), révélée mi-janvier. (cf. édition du 17 janvier 2019). Aujourd’hui, les transports en commun gagnent du terrain (13%), en rognant sur les déplacements effectués en voiture. Ces derniers ne représentent plus que 12% (contre 14% en 2004).

    Ainsi, sur les 7,8 millions de déplacements quotidiens sur le territoire du Grand-Casablanca, un peu plus d’un million sont actuellement effectués via les transports en commun. Une tendance positive, alors que les experts tiraient la sonnette d’alarme en 2004 sur une perte de vitesse des transports publics face à d’autres modes (comme le véhicule particulier).

    En effet, l’étalement urbain couplé à l’absence de transports en commun a jusqu’ici provoqué une course à l’équipement en automobile.

    Mais selon les résultats de l’étude (menée en 2018 auprès de 23.000 personnes), 68% des enquêtés seraient prêts à abandonner leur voiture, «si le système de transport collectif était performant». Ce regain d’intérêt pour les transports en commun devrait se confirmer dans les années à venir, notamment avec la mise en service des 6 lignes en site propre (4 en mode tram et 2 sous forme de BHNS) à l’horizon 2022. Si chaque ligne effectue une moyenne de 100.000 voyages/jour et si les bus sont mis à niveau et jouent pleinement leur rôle, des millions de Casablancais emprunteront chaque jour les transports en commun.

    Cependant, la qualité des transports en commun diffère d’un mode à l’autre. Les bus sont bien évidemment considérés comme de «piètre qualité», par 77% des Casablancais. A l’inverse, le tram est plébiscité par la majorité. Il est considéré comme de «bonne», voire «très bonne» qualité par 85% des enquêtés.

    Un réseau bien positionné de parkings-relais aux principales entrées de la ville encouragera les automobilistes à abandonner leurs véhicules. D’autant plus que le stationnement sera gratuit.

    Si, aujourd’hui, 2 parkings-relais sont déjà opérationnels (Oasis et Aïn Sebaâ), ils ne semblent pas attirer grand monde, bien qu’ils soient gratuits pour les usagers du tram. D’autres parkings du même type sont prévus notamment à Sidi Bernoussi et au niveau des terminus.

    Les failles du réseau actuel

    Voici quelques constats relevés par le diagnostic des experts qui planchent sur le prochain plan des déplacements urbains (PDU) sur le territoire de l’ECI (Etablissement de coopération intercommunal, ou ex-Grand Casablanca):
    Réseau routier saturé
    ● Notamment  au niveau des grandes pénétrantes de l’hyper-centre et de la 1re couronne.
    ● Des réserves de capacité sur le réseau autoroutier de la 2e couronne et la périphérie butant sur le réseau casablancais dense.
    ● Au total, 1,3 million de voitures et 250.000 deux roues motorisées circulent chaque jour à Casablanca.
    Réseau de transport en site propre insuffisant
    ● Même à sa livraison en 2022, le réseau de transport en site propre sera l’équivalent d’une ville européenne de 400.000 habitants, soit 10 fois moins que Casablanca!
    Réseau de bus peu attractif
    ● Etat des véhicules vétuste et dégradé.
    ●  Performances limitées (temps, parcours, régularité…).

    Aziza EL AFFAS

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