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    Analyse

    Pauvreté: Ceux qui arrivent à s’en sortir... parfois

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5424 Le 03/01/2019 | Partager
    L’éducation du chef de ménage est un facteur décisif
    Plus le ménage est grand, moins il a de chances de briser le cercle
    4% de la population sondée souffre de pauvreté chronique
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    L’approche adoptée par l’étude menée par l’Observatoire national du développement humain a permis d’analyser de nouvelles dynamiques en cours, notamment que font les jeunes qui quittent l’enseignement ou encore ce qui a changé chez les citoyens nouvellement intégrés au système de couverture médicale de base

    Le dernier rapport de l’Observatoire national de développement humain (ONDH) offre une aide précieuse pour la prise de décision en matière de politiques publiques. Surtout face à l’insuffisance des données produites par le système statistique national. Celles-ci «ne  couvrent pas tous les aspects du développement humain, ou n’ont pas la même référence dans le temps». Elles ne permettent pas non plus d’analyser les dynamiques en cours.

    En optant pour une «analyse longitudinale des vagues du panel des ménages», les responsables de l’ONDH ont pu «obtenir des résultats qui n’ont jamais été possibles par le passé». Par exemple, combien de personnes arrivent à sortir de la pauvreté? Combien ont pu trouver un emploi? Que font les jeunes qui viennent de quitter l’enseignement?

    Dans les détails, les résultats de cette étude, qui couvre la période 2012-2017, montrent que parmi les pauvres identifiés en 2012, près de la moitié, soit 47,6%, sont sortis de la pauvreté l’année suivante. A la même date, 8,5% des personnes considérées comme non pauvres, ont basculé dans la pauvreté en 2013. La même tendance s’est poursuivie en 2017. A cette date, 47,7% des personnes considérées comme pauvres en 2015, ont réussi à sortir de cette situation.

    Au cours de la période couverte par cette étude, 44% de la population sondée ont traversé une situation de pauvreté relative au moins une fois durant les vagues de l’enquête. Au moins 20% sont passés par un seul épisode de pauvreté et environ 4% sont restés dans cette situation durant toute la période couverte par l’enquête.

    Ces derniers souffrent de pauvreté chronique. Les rédacteurs du rapport précisent qu’il faut prendre en considération les deux types de pauvreté, passagère et chronique. Chacune nécessite des traitements et des moyens de lutte différenciés, est-il indiqué.

    Les résultats montrent également que «l’éducation du chef de ménage est parmi les principaux facteurs de sortie de la pauvreté». Il en ressort également que les ménages de grande taille ont moins de chances de sortir de la pauvreté. En face, ceux dont le chef est une femme ont relativement plus de chances de briser le cercle de la pauvreté.

    Ce rapport a mis en relief les interactions entre les niveaux d’éducation et de développement humain. Parmi les jeunes ayant quitté l’enseignement entre 2012 et 2013, 19,5% sont actifs occupés en 2013. Le taux d’activité est plus important dans le milieu rural (29,7%) que dans les villes (13,7%). Parmi ces jeunes, 27,8% cherchaient du travail durant cette période. Lors de la vague d’enquête entre 2013 et 2015, 24,7% ont été actifs occupés et 31,9% cherchaient du travail.

    L’examen des résultats détaillés a permis à l’ONDH d’identifier certaines tendances. «D’une vague d’enquête à la suivante, les actifs occupés restent souvent dans la même situation, les inactifs restent inactifs». Les chômeurs, eux, sont dans une situation plus mobile. Par exemple, entre 2012 et 2013, 37% des chômeurs ont accédé à un travail au moment où 38% sont restés inactifs.

    Au niveau de l’accès aux soins de santé, l’étude montre que l’élargissement de la couverture de base est essentiellement l’œuvre du Ramed, suivi de la CNSS. L’identification de la population devenue couverte, «permettra d’examiner, en relation avec l’organisme ou régime de couverture, les changements survenus dans leurs déclarations de morbidité, leur recours aux soins, leur choix du prestataire, leurs dépenses de santé…».

    Echantillonnage

    La mise en place du panel ménage a été menée grâce à un accompagnement technique de certaines institutions internationales, comme Statistique Canada, FORS et la Banque mondiale. Deux échantillons de panel ont été adoptés depuis le lancement. Le 1er panel de 2012, est d’une taille de 8.000 ménages, avec une représentativité nationale et par milieu, urbain/rural, tiré du recensement de 2004. Le panel 2 de 2017, est d’une taille de 8.000 ménages supplémentaires, garantissant une représentativité régionale par milieu, urbain/rural, tiré du recensement de 2014. Le plan de sondage adopté pour le panel est basé sur un tirage d’échantillons probabilistes stratifiés à 3 degrés. Le questionnaire est composé de 15 modules, abordant les aspects démographiques, éducation-formation, santé, emploi, dépenses de consommation…

    M.A.M

     

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