Economie

IA: Les robots ne remplaceront pas l’homme

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5412 Le 14/12/2018 | Partager
Les RH auront toujours leur place dans la 4e révolution industrielle
Mais leur développement nécessite une transformation en profondeur
Entretien avec Ibrahim Youssry, DG de Microsoft MEA multi country cluster
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Pour Ibrahim Youssry, DG Microsoft MEA multi country cluster, le risque de pertes d’emplois n’existe que si les états ne s’adaptent pas à ce nouveau monde (Ph. microsoft)

- L’Economiste: Quels sont les enjeux de l’intelligence artificielle en Afrique?
- Ibrahim Youssry:
Vous savez, l’Afrique est riche de par ses ressources humaines et naturelles et l’intelligence artificielle pourrait améliorer le développement de ces dernières et du continent qui accuse un retard par rapport au reste du monde sur le plan de l’industrialisation ou encore de l’éducation. L’IA peut donner une autre dimension pour le développement économique, social et sociétal pour le citoyen et l’étudiant africain.  

- Quelle est votre vision en tant que Microsoft pour l’Afrique et comment mettez-vous cela en place?
- On a plusieurs initiatives pour aider le continent à développer son intelligence artificielle. D’abord à travers  «4 Africa», un programme déjà fonctionnel qui assiste les créateurs et les inventeurs de solutions basées sur l’IA. Nous les accompagnons sur les volets marketing, acquisition de compétences technologiques, élaboration d'un business modèle... Bref, pour mieux vendre leurs solutions et inventions. Nous travaillons aussi sur l’IA pour le bien-être des sociétés avec «AI for Good» sur le plan de la protection de l’environnement, de l’accessibilité et du travail humanitaire. Enfin, nous travaillons pour la restitution des monuments historiques, pour la gestion des ressources naturelles et aquatiques, pour l’agriculture. Il y a d’autres initiatives que l’on met en place pour l’accessibilité par l’intermédiaire des développeurs et de nos partenaires. Vous savez Microsoft consacre près de 16 milliards de dollars à la recherche et développement pour l’IA dans le monde, pour développer les outils et la technologie et les ressources de Microsoft. Il va de soi que  le retour sera aussi pour l’Afrique.

- Que ce soit dans le monde et encore plus en Afrique, on craint les diminutions d’emplois induites par l’IA. L’OCDE parle de 14% de pertes…  
- Oui, mais on ne dit pas combien de nouveaux types d’emplois vont être créés grâce à l’intelligence artificielle. Il ne faut jamais avoir peur des nouvelles technologies. L’IA ne va pas remplacer l’humain, mais va créer de nouveaux types d’emploi qui nécessitent d’autres compétences. C’est pour cela qu’il faut tout faire pour s’adapter aux nouvelles technologies en misant sur la formation. On estime la création de richesse par l’IA à des trillions de dollars en 2030. C’est un potentiel de business qui va créer sans doute des emplois. Le risque au niveau du travail n’existe que si les Etats ne s’adaptent pas et ne se préparent pas à ce nouveau monde.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

 

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