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    Economie

    Mobilité durable: Les leçons duplicables de l’Ile-de-France

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5412 Le 14/12/2018 | Partager
    Le Parisien ne paie que 27% du prix réel du transport en commun
    Le Casablancais débourse 60% du ticket de tram, sans bénéficier de l’interopérabilité
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    A Paris, la marche devient le mode principal de déplacement (39%), suivie par le vélo qui gagne de plus en plus du terrain, alors que l’usage de la voiture, toujours important, n’a pas augmenté depuis 10 ans

    «Pas d’augmentation en vue pour les tarifs des tickets de transport en commun en Ile-de-France». La décision vient de tomber alors que les gilets jaunes multiplient les mouvements de grève dans l’Hexagone. En raison du climat social, Valérie Pécresse, présidente de la région, a donc choisi de maintenir les prix inchangés.

    Pourtant, les Parisiens ne paient que 27% du coût réel du ticket (contre 50% à Berlin, 80% à Londres et 60% à Casablanca), le reste est réparti entre les employeurs (à hauteur de plus de 50%), la taxe sur le carburant (1%) ainsi que des recettes annexes (publicité, contraventions...). Le même ticket multimodal (à 75 euros seulement) donne en plus accès à plusieurs moyens de transport (métro, tram, bus, RER... et bientôt à d’autres moyens comme les navettes autonomes... ).

    Quelles options?

    La Région de Casa-Settat, liée à l’Ile-de-France par plusieurs conventions et accords de coopération, gagnerait à s’inspirer de l’expertise et du savoir-faire francais, bien en avance dans des secteurs comme la mobilité durable, la gestion des ordures, l'assainissement, la surveillance de la qualité de l’air, la préservation de l’environnement... Autant de domaines défaillants dans une métropole comme Casablanca, qui se veut un hub financier.

    Son réseau de transport en site propre comptera, d’ici 2022, 4 lignes de tramway et 2 lignes en mode BHNS sur 90 km. Un nouveau délégataire sera désigné pour exploiter le réseau de bus à partir de novembre 2019. Casa-Transports, qui prépare déjà l’après-Mdina Bus, a lancé un appel d’offres pour l’acquisition de 350 bus.

    Mais serait-ce suffisant pour répondre aux besoins d’une ville aux attentes sans cesse grandissantes? Quelles sont les options qui s’offrent à une métropole  conmme Casablanca? Autant de préoccupations auxquelles nos decideurs devraient apporter des réponses adapées en s’inspirant d’expériences comme celle de l’Ile-de-France.

    La région, qui enregistre pas moins de 41 millions de déplacements par jour tous modes de transport confondus, connaît des changements majeurs des habitudes de déplacement. A Paris, la marche devient le mode principal de transport (39%), suivie par le vélo qui gagne de plus en plus du terrain, alors que l’usage de la voiture, toujours important, n’a pas augmenté depuis 10 ans.

    Le plan des déplacements urbains (2017-2020) prévoit l’encouragement des transports collectifs (+20%) et des modes actifs (+10%), tout en réduisant le trafic routier (-2%) pour répondre aux objectifs environnementaux. Les objectifs de mobilité ont été calculés afin d’atteindre une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports d’ici 2020.

    Et pour y arriver, tous les moyens sont bons. Co-voiturage, vélos électriques, trotinettes... la région parisienne encourage la diversifications des moyens de transport. D’ailleurs, un projet-pilote de voiture sans chauffeur est mené sur 2 sites: La Défense et le Bois de Vincennes.

    Objectif: tester dans les conditions réelles ce nouveau mode de transport qui servira de complément aux moyens classiques, notamment pour les petites distances ou le dernier kilomètre avant d’arriver à destination. Ce nouveau mode est idéal pour les campus universitaires, les hôpitaux, les aéroports... Mais, il reste encore limité au stade experimental, d’autant plus que son coût est plutôt dissuasif (250.000 euros).

    Pour l’heure, la région developpe son réseau actuel qui compte déjà pas moins de 5 lignes RER, 16 lignes de métro, 10 lignes de tramway et plus de 1.500 lignes de bus, mais il est loin d’être suffisant. Des investissements colossaux sont prévus pour le renouvellement de la flotte des bus, des rames de train et de tramway, ainsi que le réseau ferroviaire.

    «Ces travaux permettront de rattrapper plus de 25 ans de retard sur les travaux d’infrastructures», explique Jean-Christophe Monnet, directeur des Relations avec les voyageurs et les territoires chez Ile-de-France Mobilité (l’équivalent de la SDL Casa-Transports).

    D’ici 2025, l’ensemble du parc et du matériel roulant sera renouvelé pour un coût global de 10 milliards d’euros, qui seront financés par des emprunts auprès de la BEI et sur les marchés financiers. Paris s’apprête aussi à lancer un projet de métro périphérique, baptisé «Le Grand Paris Express». Objectif: désaturer le réseau à l’intérieur de la ville en créant près de 200 km de lignes de métro.

    Le renforcement de l’intermodalité est un autre chantier de la région parisienne que la ville de Casablanca pourrait dupliquer. Plus de 10.000 places supplémentaires sont programmés pour les parkings relais aux abords des gares d’ici 2021. S’y ajoutent 20.000 places de stationnement pour vélos, plus d’accessibilité pour les PMR...

                                                                              

    Les entreprises francaises se positionnent

    Les enjeux de la mobilité durable, de la collecte des ordures, les thèmes liés à l’environnement... ont été au coeur d’un voyage de presse organisé par le Quai d’Orsay au profit de plusieurs journalistes marocains. Des groupes comme Veolia, RATP, Derichebourg... originaires de la région Ile-de-France se positionnent en postulant pour les nombreux appels d’offres lancés récemment à Casablanca.

    D’autant plus que la ville, qui a précipitemment dissolu les contrats de plusieurs de ses délégataires (Sita, Averda, Tecmed alors que celui de M’dina Bus arrivera à terme dans quelques mois), s’apprête à opérer des choix stratégiques et déterminants pour l’avenir de ces services.

    RATP, qui a déjà obtenu le marché d’exploitation du réseau de transport en site propre (qui comptera à terme 4 lignes de tram et 2 en mode BHNS), se prépare à postuler pour le réseau de transport public par bus casablancais (après le départ de M’dina Bus en novembre 2019). L’opérateur francais renforce donc sa présence à Casablanca, notamment en y lançant deux centres. Le premier, dédié á la formation aux métiers du groupe,  est déjà operationnel.

    Quant au second, baptisé «Innovation Data Center»,  il a pour vocation de développer des applications innovantes. «Nous avons déjà trois prototypes en phase test», annonce Natacha Ferrier, responsable Relations internationales chez le groupe. Il s’agit d’applications anti-harcèlement, pop-up store, visite virtuelle de la ville... Innovation Data Center est le premier du genre en dehors de Paris.

    De notre envoyée spéciale, Aziza El AFFAS

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