Economie

PME: Bilan déséquilibré, compte courant garni

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
La sous-capitalisation, une constante
Ces entreprises souvent disqualifiées du financement bancaire

La suppression de l’obligation d’un capital minimum pour la création d’une Sarl n’aura pas été sans conséquences. Elle a permis la création de milliers d’entreprises, mais elle n’a pas mis un terme aux difficultés structurelles des entreprises. Parmi celles-ci, figure la sous-capitalisation.

«La Fédération de la PME-PMI avait milité pour l’assouplissement de la loi sur la Sarl pour favoriser la création d’entreprises et donc la création d’emplois. Mais cette facilitation n’a pas été assortie d’un dispositif d’accompagnement et de suivi de ces structures», déclare Ahmed Bouzidi, président du Modem (Mouvement des entreprises, à ne pas confondre avec le parti centriste français).

La suppression d’un capital minimum dans le cas des Sarl avait pour objectif de permettre aux entreprises de disposer dès le démarrage de leur activité d’un fonds de roulement pour les premiers mois. Sauf que «lorsque le propriétaire d’une Sarl avec un dirham de capital présente son bilan à une banque, il n’a aucune crédibilité. Du coup, il est exclu du financement bancaire», explique Mohamed Lahyani, expert-comptable.

Certains créateurs de Sarl sont sûrs, dès le départ, de décrocher des marchés et d’avoir des rentrées de chiffre d’affaires à plus ou moins brève échéance. Dans ce cas, ils peuvent se permettre de démarrer avec un dirham comme capital. C’est le cas, par exemple, des cabinets d’études, de conseil, d’architecture…

Mais ce n’est pas le cas pour la majorité des entreprises qui cumulent des pertes les premières années. Dans ce cas, si, du fait des pertes constatées dans les états de synthèse, la situation nette de la société devient inférieure à 25% du capital social, les associés doivent soit recapitaliser la structure, soit la dissoudre.

Une Sarl sans un capital social conséquent est systématiquement écartée des appels d’offres dès l’étape du dossier administratif car elles se voient, par exemple, exiger une caution provisoire dont le montant dépasse souvent sa capacité financière.

L’une des anomalies souvent constatées dans les bilans des entreprises, y compris les grandes d’entre elles, concerne l’injection d’argent dans le compte courant d’associés. Résultat: dans certains cas, le montant du compte courant d’associés peut représenter jusqu’à 30 fois son capital social.

Ce qui signifie que les associés préfèrent injecter des fonds dans le compte courant plutôt que dans le capital parce qu’il est plus facile de les récupérer. A l’inverse, le remboursement du capital se fait à travers la rémunération et donc, les dividendes.
Certains propriétaires de Sarl achètent des fausses factures via le compte courant d’associés, les constatent en comptabilité, avant d’essayer d’augmenter leur capital. Or, le compte courant est en fait artificiellement gonflé.

Pour mettre fin à l’hécatombe, Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, a annoncé récemment un dispositif destiné à consolider la structure bilancielle des fonds propres des PME-TPE.  L’idée consiste en une dette subordonnée financée à des taux bonifiés. Mais pour y accéder, les PME devront présenter des bilans transparents. Une mission qui sera confiée aux commissaires aux comptes.

Le statut d’auto-entrepreneur, une alternative

Le statut d’auto-entrepreneur peut être une alternative à la Sarl pour les  professions ne figurant pas dans la liste négative fixée par voie réglementaire. Beaucoup d’opérateurs ont d’ailleurs opté pour cette forme juridique au lieu de la Sarl. En témoignent les derniers chiffres communiqués par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce, qui indiquent que plus de 77.000 personnes ont adhéré  au statut d’auto-entrepreneur.

 

 

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