Economie

Fête du mouton: Comment s’organisent les communes

Par L'Economiste | Edition N°:5333 Le 10/08/2018 | Partager
Le dispositif par ville
Plus de 26.000 tonnes de déchets à Casablanca rien que pour l’aïd!
5 fois plus d’un seul coup par rapport à une journée normale
aid-mouton-poubelles-dechets-033.jpg

L’année dernière, les équipes de Sita ont commencé, dès l’après-midi d’El Aïd, à faire la tournée des rues afin de ramasser les ordures et éteindre les feux improvisés par les jeunes pour griller les têtes de moutons (Ph. L’Economiste)

Ce n’est pas encore bien ancré dans les habitudes des Marocains, mais l’idée fait peu à peu son chemin. Les abattoirs municipaux proposent depuis quelques années un service d’abattage du mouton de l’Aïd Al Adha pour ceux qui le souhaitent.

Une pratique peu répandue pour le moment, puisque la tradition veut que le sang du mouton coule dans le foyer (le rituel est censé favoriser la baraka, dit-on).

Pour la grande majorité des foyers, le sacrifice du mouton est un must à l’occasion de cette fête. Commémorant la foi et la miséricorde, cette fête est l’un des rituels les plus importants de l’Islam et offre l’occasion pour consolider les liens familiaux et revigorer les coutumes et les traditions ancestrales.

En 2017, à peine une centaine de ménages casablancais ont eu recours aux services des abattoirs municipaux de la ville. Cette année, le service proposé comprend outre l’abattage (240 DH), l’hébergement (24 DH/nuitée en all inclusive) ainsi que le contrôle vétérinaire pré et post abattage. La capacité d’accueil des abattoirs municipaux est de 200 à 300 places avec une dizaine de bouchers en moyenne par 100 têtes. Un numéro d’ordre est attribué à chaque mouton.

«En général, les bêtes arrivent 2 jours à l’avance et les abattages commencent juste après la prière d’Al Aïd», assure une source auprès de la SDL Casa-Prestation, qui gère les abattoirs.

La présence des vétérinaires devra rassurer ceux qui redoutent de se retrouver avec de la viande putréfiée, un problème qui a défrayé la chronique l’année dernière.

D’ailleurs, Casa-Prestation propose aux Casablancais un numéro (0520 22 23 92/93) à contacter en cas de soupçons de contamination (ce même numéro sert aussi pour réserver des places d’abattage). «Les citoyens peuvent ramener la carcasse pour examen sur place», poursuit la même source.

Cette année, plus de 1 million de têtes sont immatriculés dans la région Casablanca-Settat (sur un total de plus de 6 millions sur l’ensemble du Maroc), selon une source à l’ONSSA. Chaque année près de 800.000 bêtes sont sacrifiées en moyenne à Casablanca.
Les préparatifs de la fête passent aussi par l’organisation de la collecte des déchets.

Des records de production sont enregistrés chaque année à Casablanca. En une journée, les déchets sont pratiquement multipliés par 5, avec en moyenne une augmentation de 3% chaque année. En 2017, 26.000 tonnes d’ordures ont été collectées en 3 jours! Pour comparaison, la ville produit en moyenne 3.400 tonnes/ jour.

Pour pouvoir gérer cette augmentation exponentielle de production, Casa-Prestation a prévu une organisation spéciale. Une plateforme de vidange dédiée est  ainsi prévue à la décharge de Médiouna avec la préparation des pistes d’accès (par le nouveau gestionnaire SOS NDD). De même un centre de transfert (ou point de regroupement) est mis en place durant 4 jours afin d’assurer le maximum de rotations. Des véhicules de location (semi-remorques, bennes de chantier …) renforceront les équipements. Les ressources humaines seront également mobilisées et les effectifs doublés, est-il expliqué.

Parallèlement, une campagne de sensibilisation des Casablancais est au programme. Elle prévoit la distribution gratuite de 80.000 tonnes de sacs en plastique (1 kg = 10 sacs). «Cette opération, qui se déroulera du 14 au 21 août, mobilisera 2 équipes et 20 animateurs qui feront la tournée des arrondissements avec affiches, stickers, sacs à dos, éco-gestes … », est-il précisé auprès de la SDL. Chaque arrondissement aura droit à une dotation de 3,5 tonnes de sacs/jour.

■ Marrakech muscle son dispositif pour l'Aïd
Bonne nouvelle pour les marrakchis. La commune urbaine a pris la décision d’ouvrir les abattoirs de la ville le jour de l’Aïd pour ceux qui souhaitent effectuer le rituel du sacrifice dans ces locaux. L’opération d’abattage pour ceux qui le veulent se déroulera en présence d’un vétérinaire de la commune et de 15 bouchers qui devront être mis à la disposition de la ville par l’association professionnelle des bouchers. Si l’accès à l’abattoir est gratuit, le prix de l’abattage sera défini par l’association. Du côté de l’ONSSA, Marrakech, 3 vétérinaires seront de permanence en cas de problème. Côté propreté, la commune de Marrakech prévoit un dispositif exceptionnel pour encadrer la fête du mouton. Au cœur de ce dernier, le ramassage et le nettoyage des quartiers et avenues de la ville afin de garder cette image de ville propre. Ainsi, à J-5, la campagne de sensibilisation démarre au sein des quartiers avec la distribution de sacs poubelles. Les gestionnaires des services de propreté sont aussi sommés de prévoir deux passages pour le ramassage d’ordures ainsi qu’un renforcement des équipes pour les deux jours. B.B.

■ A Fès, le tarif d'abattage varie selon les quartiers
Toujours pas de grande affluence pour les moutons, à Fès. En effet, les marchés de la ville sont peu animés à 15 jours de la fête du sacrifice. Côté prix, ils varient entre 1.200 et 4.000 DH. Au kilo, les tarifs proposés dépendent des races: 35 à 40DH/kg pour le Bargui et le Timahdite et 45DH/kg pour le Sardi. Pour acheter, nombreux sont les clients qui s'orientent vers les fermes. Là, la vente se fait en présence d'un vétérinaire. D'autres se dirigent vers les grandes surfaces pour acheter le mouton au kilogramme. Ici, les prix sont fixés cette année à 42 DH/Kg. Mais les clients sont plutôt satisfaits d'avoir un grand choix. Une fois acheté, le mouton est hébergé entre 5 à 10DH/jour. Certaines fermes offrent «le séjour gratuit». D'autres ne manquent pas de facturer le service d'hôtellerie et la livraison à domicile (50 à 100DH). S'agissant du service d'abattage, aucune tarification n'est affichée. En fait, des bouchers sillonnent les différents quartiers de la ville le jour de l'aid. Ils réclament entre 100 et 200DH pour chaque abattage, selon les quartiers. Ce service est payé à 60DH au niveau de l'abattoir municipal. Notons enfin que l'effectif total produit par la région de Fès-Meknès dépasse les 400.000 têtes de moutons. Et le bétail est en bonne forme, rassure la Direction régionale  d'agriculture. Rappelons que les mesures de surveillance du cheptel ont été permanentes durant toute l'année et aucune anomalie n'a été remarquée. La DRA a renforcé ses mesures d'hygiène avec l'approche de l'Aïd. Y.S.A.

■ Rabat: 150 DH par mouton
L’abattoir de la ville de Rabat sera ouvert la journée de l’Aïd Al Adha aux familles souhaitant y sacrifier leur mouton. Près d’une dizaine de bouchers seront mobilisés pour l’accomplissement de cette opération qui va commencer après la prière d’Al Aïd jusqu’à 14h, indique une source de l’abattoir. Le tarif est d’environ 150 DH par tête et passe à 500 DH pour les bovins, précise-t-elle. Ces montants sont destinés à payer le service du boucher, alors que l’abattoir a mis ses locaux et ses équipements gratuitement à la disposition des citoyens, tient à rappeler notre source. Cette dernière signale qu’une permanence des services vétérinaires sera assurée les deux jours d’Al Aid. Il s’agit d’une initiative lancée depuis près de 5 ans dont l’objectif est d’accomplir ce rituel religieux dans de bonnes conditions sanitaires et hygiéniques, particulièrement pour les familles qui manquent d’espace chez eux. D’ailleurs, une grande partie des familles optant pour l’abattoir viennent des quartiers Hay Ryad et Agdal, indique notre source. L’année dernière, on a enregistré l’arrivée d’une centaine de bêtes, conclut-elle.

fete_du_mouton_033.jpg

Beaucoup préfèrent faire le sacrifice du mouton chez eux. En 2017, à peine une centaine de ménages casablancais ont eu recours aux services des abattoirs municipaux à Casablanca (Ph. L’Economiste)

■ Agadir: La Municipalité ouvre ses abattoirs
La Commune urbaine d’Agadir met ses abattoirs au service des citoyens durant la période d’Aid. A partir du jour de la fête et sur une durée globale de trois jours, les services de la Commune veilleront sur place au bon déroulement des opérations. Le contrôle de l’état du bétail avant et après abattage sera quant à lui assuré par les vétérinaires de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Des prestations proposées pour la première fois et gratuitement, précise Mohamed Bakiri, Vice-président de la C.U d’Agadir. Cinq bouchers professionnels relevant d’une association locale assureront l’abattage, moyennant paiement. Sachant que chaque citoyen peut ramener son propre boucher et profiter des locaux. Le service d’hébergement du bétail ne sera toutefois pas assuré pour cette année. Par ailleurs, une aire de vente exemplaire sera mise en place par la Municipalité sis à Adrar, selon les indications de l’arrêté commun des ministères de l’Intérieur et de celui de l’Agriculture, nous indique-t-on. La zone sera donc clôturée et le bétail soumis à un contrôle préalable. La puce électronique que les moutons porteront à l’oreille est la garantie qu’ils n’ont pas subi de régime avec corticoïde ou autres anabolisants ou substances frauduleuses. F.N

■ A Tétouan, la municipalité mise sur une fête propre
A Tétouan, les responsables de la municipalité ont maintenu leurs engagements pour une fête du mouton «propre» et sans risques. La Mairie de la ville a encore une fois, ouvert les portes des abattoirs municipaux pour les citoyens. Ces installations accueilleront le jour de l’Aïd les habitants de la ville voulant égorger leurs moutons. L’opération est gratuite et vise ceux ne disposant pas d’espace où accomplir ce rituel ou ceux ne voulant pas le faire chez eux. La municipalité va plus loin en offrant une flexibilité maximale en permettant aux intéressés d’accomplir eux-mêmes l’abattage, de se faire accompagner par un boucher de leur choix ou même de confier la tâche aux chevillards des abattoirs. A l’heure où nous mettions sous presse, la municipalité de Tanger n’avait pas encore annoncé de mesures concernant la facilitation du rituel d’abattage. Mais tout porte à croire qu’à l’instar de l’année dernière, elle autorisera l’utilisation de l’enceinte des abattoirs municipaux aux citoyens voulant en profiter. A.A.

■ Oriental: 850.000 ovins immatriculés
Sur les 2,5 millions d’ovins et de caprins que compte l’Oriental, 850.000 sont immatriculés et portent des boucles de traçabilité. Un suivi-contrôle réalisé par la direction régionale de l'Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire pour assurer la qualité du cheptel destiné à l'abattage à l'occasion de l’Aïd.  Par souci d’hygiène et respect des normes, l’abattoir municipal d’Oujda sera ouvert les 10 et 11 de Dhou Al-hijja, (22 et 23 août) aux personnes désirant accomplir l’abattage dans un espace contrôlé. Le service sera gratuit et débutera juste après l’accomplissement de la prière de l’Aïd Al-Adha. C’est ce que précise un communiqué municipal rendu public ce jeudi 9 août. Ceux qui ne savent pas égorger leurs moutons et préfèrent accomplir le rituel du sacrifice chez eux paieront la prestation à 100 DH aux bouchers du quartier. Quant aux prix des moutons, ils connaissent une augmentation de 10% par rapport à l’année précédente et graviteront entre 1.500 et 2.800 DH grâce aux précipitations printanières tardives qui ont assuré un bon couvert végétal et permis aux éleveurs de garder leurs moutons au lieu de les commercialiser à n’importe quel prix.

■ Draa Tafilalet: mobilisation totale pour l’Aïd
Pas de phénomène d’hôtel de moutons ou de garages de vente dans les centres urbains de la région et seule la province de Ouarzazate ouvre ses abattoirs lors de l’Aïd. A ce jour, 8.278 éleveurs professionnels ont été identifiés au niveau de la région et sensibilisés aux normes en vigueur. Le contrôle des cheptels, produits d’alimentation ainsi que de l’eau de breuvage sont effectués pour s’assurer de l’absence de substances frauduleuses. Les bouchers qui seront mobilisés lors de la journée de l’Aid bénéficieront d’une formation aux bonnes pratiques pour éviter toute contamination lors de cette opération. «Un dispositif de permanence a été mis en place par la direction régionale de L’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) afin de suivre l’opération. Tous les services vétérinaires provinciaux de l’Office des cinq provinces (vétérinaires et adjoints techniques) seront sollicités durant la période allant du 20 jusqu’au 30 du mois d’août», assure Sidi Mohamed El Ansari, directeur régional de l’ONSSA Draa Tafilalet.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc