Economie

Le Maroc applique les sanctions contre l’Iran

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5333 Le 10/08/2018 | Partager
Le ministère des Affaires étrangères vient de notifier le GPBM
Depuis le 7 août, embargo sur les transactions financières et les importations
Une nouvelle salve dès le 4 novembre prochain
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Les banques marocaines sont tenues d’appliquer les sanctions internationales en matière de transactions commerciales entre le Maroc et l’Iran (Ph. L’Economiste)

Le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran débarque au Maroc. L’ambassade américaine à Rabat vient d’informer le ministère marocain des Affaires étrangères qu’une nouvelle série de sanctions économiques à l’encontre de l’Iran a été mise en place.

Ces nouvelles mesures font suite au retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Donald Trump sommait l’Iran de «cesser tout comportement potentiellement dangereux pour la sécurité internationale» dans un délai de 90 jours après l’annonce du retrait américain de l’accord. Ce répit a expiré lundi 6 août.

Le ministère des Affaires étrangères vient d’adresser une note au Groupement professionnel des banques (GPBM) sur l’attitude à prendre. Ainsi, les premières mesures de représailles, entrées en vigueur depuis mardi 7 août, portent sur le blocage des transactions financières et les importations de matières premières et de tapis d’origine iranienne. Les sanctions concernent également les achats dans l’automobile et l’aviation commerciale.

Les États-Unis comptent imposer une nouvelle vague de mesures à partir du 4 novembre. Sont particulièrement ciblés l’industrie pétrolière, le gaz ainsi que la banque centrale iranienne. Dans le viseur également, le domaine des assurances, le transport maritime, la construction de chantiers navals, la souscription de services.

Les sanctions touchant le secteur pétrole ne manqueront pas de faire très mal à l’économie iranienne car il est vital. La chute des recettes pétrolières entraînera la déconnexion des banques iraniennes du système bancaire international. La Chine, l’Inde et la Turquie ont déjà déclaré qu’elles ne tiendraient pas compte de la position américaine et qu’elles continueraient d’importer du pétrole iranien.

Comme par le passé, les États-Unis menacent de représailles toute entreprise ou institution effectuant des transactions commerciales avec l’Iran, essentiellement dans ces secteurs. Par conséquent, les banques marocaines sont appelées à être vigilantes.

Les États-Unis sont les seuls pays à s’être retirés de l’accord signé avec l’Iran dans le domaine du nucléaire. Les autres pays signataires ont décidé de respecter les termes de l’accord. Mais les sanctions imposées par Donald Trump ont une dimension internationale puisqu’elles  s’imposent à tous les pays dont les sociétés entretiennent des relations d’affaires et disposent de succursales américaines.

Avant même l’annonce de ces sanctions, plusieurs entreprises européennes, dont Total, Siemens, Peugeot se sont retirées du marché iranien alors que leurs investissements n’avaient pas encore commencé à donner leurs fruits.

A travers l’embargo commercial contre la République des Mollahs, les États-Unis souhaitent un changement de régime. Depuis l’adoption de sanctions internationales, le pays connaît des difficultés économiques, le chômage bat son plein, la corruption sévit dans tous les départements, certains ménages sont privés d’eau… Cependant, malgré la tension sociale, le pays n’enregistre pas de manifestations massives pouvant déboucher sur un coup de force de l’armée.

Selon de nombreux analystes, il est peu probable que la crise économique actuelle se traduise par une révolte en Iran. En tout cas, ces nouvelles sanctions tombent mal. L’Iran est en train d’essayer de relancer son économie.

Dès l’annonce de nouvelles mesures, la monnaie nationale a récupéré 20% de sa valeur après une chute vertigineuse depuis avril dernier. Le vice-gouverneur de la banque centrale ainsi que d’autres responsables ont été arrêtés pour corruption et spéculation.

A peine 40 millions de DH d’échanges commerciaux

L’application de sanctions contre l’Iran n’aura aucun impact économique sur le Maroc. Le niveau des échanges commerciaux entre les deux pays reste très modeste. Les chiffres obtenus auprès du ministère du Commerce extérieur indiquent qu’en 2017, le volume des échanges entre les deux pays n’a pas dépassé 33,9 millions de DH contre 16,5 millions de DH en 2016. Au terme du premier trimestre 2018, le volume des échanges commerciaux a atteint 13 millions de DH. Les importations depuis l’Iran portent essentiellement sur les tapis et les épices. Le Maroc exporte principalement des articles de robinetterie, des plantes, du textile…

 

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