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    L’immobilier domine les investissements

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5314 Le 13/07/2018 | Partager
    Même si à peine 7,7% de leurs transferts sont destinés à l’investissement
    L’essentiel de leurs transferts engloutis par la consommation
    Des clubs d’investisseurs en place dans leurs régions
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    Les transferts des MRE ont enregistré une progression remarquable au cours des dernières années, avec une accélération considérable durant la dernière décennie. Sur le plan macroéconomique, les transferts de fonds constituent une source de capitaux, peu volatile et moins influencée par l’environnement international que les autres flux, assurant un apport appréciable pour les équilibres macroéconomiques du pays. Ils représentent également un enjeu crucial pour la performance et le développement de quelques secteurs de l’économie nationale.
    Leur contribution à la balance des paiements reste fondamentale et dépasse celle de plusieurs secteurs exportateurs phares. En 2017, ces transferts d’argent ont totalisé 65,4 milliards de DH, avec une hausse de 13%  soit le niveau le plus haut de ces six dernières années. Ils ont permis de couvrir 64% du déficit commercial. Afin mai 2018,  les transferts des MRE s’élèvent à 26,80 milliards de DH, soit une hausse de 9,7% par rapport à la même période de 2017

    La progression régulière des transferts des MRE fait voiler la réalité des choses à plusieurs responsables politiques. 
    Si les montants envoyés au Maroc ont dépassé les 65,3 milliards de DH en 2017 contre 62,5 milliards une année auparavant, cette hausse n’est certainement pas une conséquence d’une politique publique engagée par le gouvernement ou la mise en œuvre d’actions en mesure d’encourager les MRE, particulièrement de la 3e et 4e génération à orienter leurs fonds vers le pays de leurs parents. 
    En tout cas, ces montants mirobolants ne sont pas orientés vers l’investissement qui ne canalise que 7,7% du total. Et pour cause, 71% sont absorbés par la consommation. 
    Dans cette partie affectée à l’investissement, c’est l’immobilier qui domine. Ils achètent une maison ou un appartement pour le revendre ou le louer. Mais il y a aussi des jeunes qui viennent avec leurs propres expériences pour s'installer au Maroc, notamment dans l'industrie, les nouvelles technologies et les services. Il faudra peut-être songer à proposer des formules en vue d’accrocher ces nouveaux marocains du monde. Les offres proposées concernent l'achat immobilier et le transfert d'argent. Si on veut attirer les investissements des MRE, il faut multiplier et diversifier les offres, car ailleurs elles sont beaucoup plus attractives.
    De son côté, le ministère chargé des MRE a mis en place un dispositif d’appui aux porteurs de projets d’investissement. Il consiste en la mise en place d’une cellule dédiée à leur accompagnement. Leur mission est d’informer et orienter les investisseurs potentiels sur les différents secteurs de l’économie, d’assister les porteurs de projets durant toutes les étapes de réalisation, de la conception à la concrétisation. 
    Pour Mounia Merzak, directrice de la communication du ministère, il s’agit d’identifier «les formes de partenariat à mettre en place avec les acteurs  locaux pour inciter les MRE à contribuer au développement de leur région. Ainsi 16 clubs d’investisseurs ont vu le jour pour les accompagner», dit-elle. Un accompagnement régional est assuré par les Maisons MRE de Nador, Beni Mellal et Tiznit au profit des porteurs de projets originaires de ces régions. Ceci s’inscrit dans le cadre de la proximité de l’administration en faveur des MRE, note la directrice. De même, le département de Abdelkrim Benatiq a mis en place une plateforme digitale (www.marocainsdumonde.gov.ma) comportant une rubrique dédiée intitulée «investissement» qui rassemble les informations relatives à l’acte d’investir (guide à la création de l’entreprise, climat d’affaires, grands chantiers économiques…).  Par ailleurs, le ministère a développé également des partenariats stratégiques dans le cadre de la coopération bilatérale avec la France, pour la mise en place du projet «Maghrib Entrepreneurs» avec l’AFD. 
    Le but est d’appuyer la création d’entreprises par les MRE, via un accompagnement individuel et de proximité en faveur de 100 porteurs de projets à travers deux volets: l’information et la sensibilisation en France, puis l’appui et l’assistance technique au Maroc. Avec la Belgique, le département a développé le projet Maghrib Belgium Impulse. Avec la coopération technique belge, l’objectif est d’accompagner des porteurs de projets belgo-marocains qui contribuent prioritairement au développement de l’économie marocaine.
    En outre, un accompagnement personnalisé en pré, en cours et en post-investissement au profit des MRE est assuré par la Fondation Création d’entreprises. Cela dans le cadre du renforcement des capacités internes en matière d’orientation des migrants qui souhaitent créer une TPE ou une PME au Maroc, depuis la genèse de l’idée dans le pays d’accueil jusqu’à la concrétisation du projet au Maroc. 
    Un système d’information a été mis en place pour le suivi des projets d’investissement des MRE. Une base documentaire dédiée est mise à la disposition des entrepreneurs. Au ministère, on fait valoir quelques success stories de MRE en Afrique. L’une d’entre elles concerne Rania Belkahia, cofondatrice de Afrimarket, une plateforme consacrée au transfert d’argent et au commerce en ligne. Elle a été récompensée en décembre 2016 à Paris par le prix de la jeune entreprise africaine de l’année, décerné par Pierre Gattaz.
    L’autre est Fatima Ouanssaidi, co-founder & managing director on Point PR & Life style Management Agency, en Afrique du Sud. La dernière histoire porte sur le «Club des investisseurs marocains au Sénégal», à Dakar, dont l’objectif est de faciliter aux nouveaux opérateurs marocains, qui veulent s'implanter dans ce pays, les démarches administratives auprès des autorités sénégalaises en charge de l'acte d’investir.

    Un appui méconnu 

    LE dispositif d’appui financier, «MDM invest», garanti par la CCG, a été reconduit. Ce mécanisme d’encouragement des investissements des MRE est très peu connu et mal utilisé. Il s’articule autour d’un apport en fonds propres, en devises, avec au moins 25% du montant du projet, d’une subvention de l’Etat de 10%, plafonnée à 5 millions de DH et d’un crédit bancaire, qui peut atteindre 65%. Les secteurs d’activités éligibles à ce mécanisme sont l’industrie et les services qui y sont liés, l’éducation, l’hôtellerie et la santé.

     

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